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mercredi 22 juillet 2009

Moins qu'un chien..

Cette photo m'impressionne...
Dans l'immatérialité du monde musical, elle suggère
au contraire une force volcanique et terriblement terrestre,
une colère inextinguible...

Cette photo m'impressionne,
mais moins que le propriétaire de cette magnifique contrebasse

Charles Mingus
dont l'un des chefs d'oeuvre inoubliable a 50 ans cette année
Mingus Ah Hum
remixé et remasteré par l'excellent Mark Wilder
avec en prime l'album Mingus Dynasty
dans une édition sur CD-double Legacy


Mingus,
dont la traduction française de l'autobiographie se nomme
Moins qu'un chien (Beneath The Underdog)

Nous y reviendrons.
En attendant, si vous voyez cet album:
ACHETEZ-LE
et PLONGEZ
dans un jazz opulent de colère, de couleurs
avec l'enthousiasmant Danny Richmond à la batterie.

[et évitez comme la peste l'édition Columbia Jazz Masterpieces (la bordure mauve, triste série), qui est une illustration sonore de l'utilisation style tronçonneuse de la Noise Reduction, et de la raison pour laquelle les producteurs ne doivent pas faire leur propre mastering]


dimanche 9 mars 2008

Weird Nightmares, Charles Mingus, comme un chien enragé...


Oh je viens de faire un voyage sonore étrange

Vous connaissez Hal Willner? Il est un peu le précurseur des disques thématiques en hommage à un compositeur... Il a fait très fort dans les années '80 avec trois disques thématiques: Nino Rota, Thelenious Monk et Kurt Weill; les participants étaient toujours la crème de la crème, de Tom Waits à Marianne Faithfull, de Joe Jackson à John Zorn en passant par Sting, Carla Bley, Steve Lacy, etc.

Ben celui que j'ai écouté ce soir était de loin le plus weird: Meditations On Mingus est plutôt un théâtre musical, avec un seul ensemble mais à géométrie variable; des noms que les amateurs de musique expérimentale reconnaîtront: Bill Frissell, Don Byron, Greg Cohen, Don Alias, Art Baron... Au milieu de la musique, des récitatifs de vers de Mingus par des gens comme Leonard Cohen, Robbie Robertson (quelle voix!), Henry Rollins (de Black Flag), Chuck D (de Public Enemy); parmi les invités, Keith Richards, Elvis Costello, Dr John.

C'est un disque anti-serveur: on l'écoute du début à la fin, sinon on comprend rien à la démarche.

Plusiuers magnifiques moments: la très lumineuse Self-Portrait in 3 Colors, arrangé par Bill Frissell et mettant en vedette la clarinette de Don Byron, un formidablement dynamique Open Letter To Duke arrangé par Bobby Previte (excellent test de résolution de hautes et de mid-hautes pour votre système), le bluesy Oh Lord, Don't Drop That Atomic Bob On Me avec la guitare de Keith Richards... autres moments, efficaces, étranges et scary: Diamanda Galas hullulant comme une scie musicale possédée, pendant que Leonard Cohen récite un poème intitulé Chill of Death, le tout sur solo de clarinnete basse de Byron et fond d'instruments exotiques créés par un certain Harry Partch dans les années '70... le tout avant que Robert Quine (ou Bill Frissell?) n'éclate sur un solo tranchant pour un grand hit de Mingus, Pithecanthropus Erectus... enfin bref...

Pour les aventuriers du monde sonore, un excellent disque, très très bien enregistré... une clarté de cristal dans des arrangements très touffus et dynamiques, bravo à Joe Ferla (mixage) et Bob Ludwig (mastering).



Hal Willner Presents Weird Nighmares - Meditations on Mingus
Columbia ck 52739 1992