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jeudi 3 septembre 2009

Surprise! "90125" chez Audio Fidelity?

  
Surprise! Sur le site de CD Universe est annoncée la sortie, pour le 29 septembre, d'un remastering de 90125, l'album qui a consacré le Yes pop-rock au début des années '80 ("Owner of a Lonely Heart"), par les gens de Audio Fidelity.



Voilà qui m'intrigue beaucoup. J'ai acheté récemment le remastering digital généralement considéré comme le meilleur du titre, par Barry Diament. Et à vrai dire, j'ai été très déçu. À part de rares moments ("Owner..." en faisant partie), je trouve cette soupe new-wave/rock/pop/prog assez indigeste (Trevor Rabin, comme guitariste, est vachement prévisible et nous fait regretter Steve Howe immensément); et je trouve le son absolument intolérable: digital, surchargé, surproduit. Mal de tête total. Est-ce que Steve Hoffman pourra insuffler (ou retrouver) son fameux "breath of life"? On sait que Diament devait souvent travailler à partir de très mauvaises sources à l'époque. On s'en reparle!

dimanche 23 septembre 2007

Yes - Fragile



Yes, Fragile. Le genre d'albums qu'on a écouté à mort dans notre adolescence, mais qu'on ne ressort pour ainsi dire jamais. À moins d'être dans ce mood. Le mood de se faire marteler par ce trio d'attaquant véloces, précis, efficaces: Steve Howe, Bill Bruford, Chris Squire.

Yes ne donnait pas encore dans les longues suites conceptuelles. Yes passait encore dans les radios AM (Roundabout)! Jon Anderson n'était pas encore un concept ésotérique. Yes torchait simplement des pièces progressives parfaites, courtes, ramassées sur elles-mêmes, diablement efficaces, propulsées par la batterie de Bruford (Bruford est tout simplement génial à écouter), cardio-infusées par la basse sèche et puissante de Squire et allumées par cet espèce d'alchimiste à la fois agressif et céleste, Steve Howe, et sa six-cordes. Ajoutez à cela cet espèce d'instinct pop et cette voix remarquablement aérienne de Jon Anderson. Yes avait un son à nul autre pareille. Quand ils atteignaient le niveau de densité créatrice de South Side of the Sky, ils se posaient en égal de King Crimson. Oui oui!



Bien sûr, j'oublie Rick Wakeman. M'énerve. Virtusose, magnifiquement à sa place quand il la garde, sa place. Mais avec une tendance innée, énervante, à faire du flash quand la musique n'en demandait pas tant. Comme une fille qui bat des paupières, là, en en oubliant les choses sérieuses. M'énerve. Mais quel talent quand il s'y met.

Fragile, c'est d'abord quatre pièces écoeurantes à souhait de beat, de mood, de virtuosité (Roundabout, South Side of the Sky, Long Distance Runaround, Heart of the Sunrise), entourées de cinq pièces bouche-trou (une par musicien), du plus dispensable (un Brahms massacré par un Wakeman qui se prend pour Wendy Carlos) au plus efficace (Fish, de Squire, un petit fragment instrumental qui ressemble plus à un coda à Long Distance Runaround), avec en prime une petite merveille acoustique au mood hispanophone de Steve Howe (Mood For A Day).

Fragile, c'est un Yes ramassé sur lui-même, le poing fermé, qui se prépare à libérer une formidable énergie créatrice sur son album suivant, leur meilleur selon un paquet de monde: Close to the Edge. Un apéro qui cogne.

Que j'aimerais entendre la version vinyle concoctée par Steve Hoffamn. En attendant, la version gold CD de Mobile Fidelity fera très bien l'affaire. Elle ne manque pas de coeur.

Yes. Fragile. 1973.
Jon Anderson. Steve Howe. Rick Wakeman. Chris Squire. Bill Bruford.