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mardi 24 mai 2011

Kate Bush REDUX - fascinant...

Drôle de manière de lancer son propre label... Mais évidemment, de la magnifique Kate Bush, on en peut attendre que du singulier!



Director's Cut, c'est une artiste qui décide de revisiter une partie ingrate de son répertoire et d'en tirer la sève musicale. Pour une artiste au parcours aussi relevé que Kate Bush, il est facile de trouver à quel moment se situe l'unique faux-pas de sa magnifique carrière: le très inégal Red Shoes, album de rupture au demeurant assez déchirant, et qui allait être suivi d'un silence assourdissant de... 12 ans! Non seulement un album où, pour une rare fois chez elle le médiocre côtoie le sublime, mais aussi un des albums les plus désagréables au niveau sonore que j'ai eu l'occasion d'entendre. Digital, strident et dénué de toute chaleur.



Après le parcours absolument inégalable de Kate Bush dans les années '80, la chute qualitative fut si brutale que toutes sortes de rumeurs ont circulé, certaines pas très jolies: personnage romantique par excellence, la rupture amoureuse aurait plongé Kate Bush dans la folie: You're The One, qui clôt The Red Shoes de manière dramatique, serait le testament amoureux d'une passionnée condamnée à s'arracher les ongles dans une cellule capitonnée!

Eh bien non. Kate Bush a pansé ses plaies, a eu un enfant, a rencontré un guitariste et a probablement eu le retour en grâce artistique le plus réussi qu'on pouvait espérer avec le magnifique double Aerial, en 2005, un album d'une grande beauté sonore et émotive.

Et alors qu'on annonce déjà (!) que la composition du prochain album est pratiquement achevé, voilà que sort cet étrange Director's Cut.


Revisiter son propre répertoire n’est rien de très nouveau. Les résultats sont parfois catastrophiques (vous vous rappelez les versions sur CD des vieux hits de Robert Charlebois, enregistrés pour résoudre un vieux problème de droits d'auteur?), parfois intéressants (Joni Mitchell et son somptueux "Travelogue"). Mais "corriger" un album passé sous le radar? Voilà qui est déjà plus intéressant.



Director's Cut reprend donc sept pièces de Red Shoes (1993), mais aussi quatre pièces de The Sensual World (1989), l'album précédent de Kate Bush, album riche et audacieux, dont les arrangements très chargés avaient dérouté plusieurs des amateurs de Hounds Of Love (1985) (considéré par plusieurs comme le pinacle artistique de sa carrière). Toutes les voix ont été ré-enregistrées (à part les voix bulgares). Disparus, les batteries synthétiques typiques des années '80, remplacées par de nouvelles pistes rythmiques "analogues". Parfois, la relecture va beaucoup plus loin. Mais commençons par le début.

Le point de départ c'est la relecture de la pièce-titre de The Sensual World. Rebaptisée "Flower of the Mountain", la pièce a permis à Kate Bush de réaliser un fantasme: celle d'apposer à sa musique les mots de James Joyce, permission qui lui avait été refusée à l'époque pour lui être accordée récemment par les héritiers. Parions que ce fut même le point de départ de l'aventure. Et, avouons-le, la chose démarre plutôt mal.

Car la voix de Kate Bush a changé; et pour parvenir à réenregistrer les pistes vocales, elle a dû chanter dans une clé différente. La voix aérienne se pose sur les magnifiques arrangements quelques tons plus bas; probablement pour permettre à la voix de ne pas disparaître dans l'opulence des arrangements d'époque, on a dépouillé ceux-ci et considérablement augmenté la présence de la voix au mixage. Résultat: une voix qui semble presque étrangère à la pièce, et dont la sensualité semble évacuée. Mixage raté, impact presque nul. Misère... L'aventure tournera-t-elle au désastre?

Que non... Car dès The Song Of Solomon, une des très belles pièces de Red Shoes, on perçoit un peu mieux où l'aventure nous mènera. Kate Bush n'a pas caché avoir commis une erreur lorsqu'elle a transformé son studio à la fin des années '80 et passé de l'analogue au numérique, une méthode d'enregistrement qu'elle maîtrisait fort mal. The Sensual World en souffrait; pour Red Shoes, ce fut encore bien pire. Director's Cut vient corriger en partie l'erreur historique. Le son et la voix, autrefois stridents, ont repris des couleurs, de la rondeur, de la chaleur, de la physicalité. La pièce suivante, l'ésotérique Lily, le démontre encore bien plus clairement: inécoutable par sa stridence aiguë sur The Red Shoes, la pièce gagne une rythmique bien pesante, une nouvelle partie de guitare et une interprétation passionnée plutôt qu'hystérique. Soudainement, la plongée psychanalytique et mystique de la jeune femme qui perd pied ("Lily, Oh Lily I don't feel safe, I feel that life has blown a great big hole through me") nous prend au ventre plutôt que nous prendre la tête. Émotion.

Et ça continue de mieux en mieux. Deeper Understanding, de Sensual World, est débarrassée de ses batteries synthétiques au profit de véritables peaux. L'interprétation de la voix de 1989 est inégalable (et inégalée), mais Kate Bush, en exploratrice passionnée du son, nous réserve une surprise: rappelant Sufjan Stevens et Bon Iver sur leurs récents albums, elle utilise l'autotune de magnifique façon pour créer une nouvelle partition vocale qui  vous surprendra. Vous comprendrez que l'autotune n'est vraiment pas utilisé ici dans son but habituel. Un coda basse, voix, harmonica et synthé clôt la pièce de très belle manière.

Le reste est à l'avenant: des versions neuves, surprenantes, nous montrant que ces titres du passé avaient un potentiel plus grand que ce qu'on aurait imaginé.

Certains fanatiques ont frémi en voyant This Woman's Work dans les titres. On parle ici d'une pièce que les amateurs tiennent pour sacré, peut-être la plus belle interprétation de Kate Bush dans sa carrière, qui n'en manque pourtant pas. Ici, la refonte est poussée très loin: synthé délicat rappelant un Fender Rhodes, choeurs angéliques noyés dans un écho glacé. Désolé pour les puristes mais cette version est une des plus belles réussites de Director's Cut; un voyage sonore inattendu, et sans doute la plus belle interprétation vocale de l'album. Comme si Kate Bush avait fait un overdose de Tomita avant d'entrer en studio. Beautiful... J'achète, j'adore, j'adhère.

Kate Bush n'est évidemment plus l'ingénue qui a fait une entrée fracassante dans la musique pop à 19 ans à la fin des années '70; elle n'est plus cette artiste "cutting edge" qui faisait jeu égal dans l'audace avec Peter Gabriel dans les années '80 et dont chaque album était un évènement artistique; elle est entrée dans une sorte de maturité tranquille, sereine. Ainsi, le "pacing" de Director's Cut rappelle Aerial: éloge d'une certaine lenteur, d'une délicatesse d'émotion et d'un travail sonore d’orfèvre. On est loin de la frénésie contemporaine, du bombardement sonore, du patchwork d'influences.

Grande réussite? Non, peut-être pas. Mais refonte fort intéressante qui vient remettre en lumière quelques titres mal aimés d'un répertoire presque sans taches.

À noter qu'une version Deluxe de Director's Cut comprend aussi l'album The Sensual World (un "must" à mon avis) ainsi qu'un remastering (drôlement nécessaire) de "The Red Shoes", dont j'ai pu entendre (et apprécié) un très court clip sonore. Peut-être après tout cet album mérite-t-il aussi une ré-audition dans ses arrangements originaux.

En attendant donc le prochain album, un prologue surprenant...

vendredi 14 janvier 2011

MusikLeaks - The Smiths et Kate Bush

Pendant que Julian Essange et WikiLeaks défendent à leurs risques et périls le droit à la libre circulation des infos sur I'Internet et que les gouvernements et grosses corporatifs cherchent encore la parade à la danse libre qui s'y déroule, des pépites d'or musicales y circulent, plus ou moins confidentiellement, plus ou moins légalement; oeuvres retenues (contre leur gré) par des détenteurs de droits armés d'extensions légales démesurées, à 300$ ou 500$ l'heure...

Ainsi, Noël est arrivé un peu tôt cette année pour les très nombreux "complétistes" des Smiths, un des très grands groupes anglais des années '80, disparus en 1987 après 4 années d'une production frénétique, dont le rythme évoquait furieusement l'éthique des années "60, lorsque les groupes lançaient 2 albums et quelques 45-tours "qui ne se retrouvaient pas sur les albums" annuellement. Un mythique "coffret" sans cesse repoussé. comprenant "singles", "b-sides", prises alternatives, démos et "live" est régulièrement au centre de rumeurs depuis une dizaines d'années. Mais en vain: Morrissey et Johnny Marr ont vécu un divorce artistique brutal, et ce n'est pas la poursuite légale (victorieuse) du bassiste Mick Joyce contre ses anciens partenaires qui allait arranger les choses. Un remastering de leur matériel par Bill Iglot de Rhino n'aura finalement donné qu'une compilation, "The Very Best of The Smiths". Et le coffret, sans cesse remis, toujours espéré, accumule la poussière.

Jusqu'au 19 décembre dernier. Alors qu'un membre anonyme de l'entourage immédiat du groupe (plusieurs chuchotent d'ailleurs qu'il s'agit d'un membre du groupe!) et apparemment exaspéré par l'immobilisme de Johnny Marr a laissé sortir sur Internet d'excellents fichiers "lossless" réunis dans une compilation appelée Unreleased Demos & Instrumentals... on parle d'une qualité sonore tout ce qu'il a de plus professionnel, 16 pistes (y compris deux "originales") qui sont autant de pépites d'or, parfois assez proches des originales, parfois radicalement différentes (Sheila Take A Bow avec de la cithare???), et qui témoignent d'une recherche sonore fascinante. Prises directes de studio, commentaires des membres après les prises, mixages alternatifs... ce n'est pas sans rappeler la fascinante "Anthology" de John Lennon, et pour ceux qui aiment explorer le processus de création des musiciens et les oeuvres musicales sous différents éclairages, voilà un fascinant "bootleg"... Et paraît-il que ce n'est que le tiers de ce qui serait entre les mains du généreux donateur. Peut-être Johnny Marr (dont on peut entendre la céleste guitare sur certaines pièces de la bande-son d'Inception) prendra acte et lâchera-t-il un coup de fil au dandy poète Morrissey, dont la carrière solo continue d'aller bon train.

Plus d'infos ici: http://thepowerofindependenttrucking.blogspot.com/2011/01/mastered-smiths-stereo-demos-outtakes.html

Plus dur à trouver, mais à ne pas rater... le spécial de Noêl de la BBC4 de 1979 avec Kate Bush. La jeune protégée de David Gilmour n'avait que 21 ans mais était déjà une très grande star en Angleterre, grâce à ses deux premiers albums envoûtants et sensuels, The Kick Inside et Lionheart. Mais au moment de cette transmission, la jeune prodige est en pleine transformation: les mélopées "Bröntiennes" et les confidences romantiques de la jeune fille à son piano laissent maintenant place à une exploratrice sonore aussi ambitieuse que raffinée, et ce n’est pas un hasard si les très rock Violin et Wedding List et la superbe Egypt du chef d'oeuvre en gestation Never For Ever prennent une place spéciale dans ce "spécial". On sait la jeune Bush danseuse émérite; vous ne me ferez jamais avouer que c’est son côté que je préfère, même sous la torture, mais dans le genre, le petit numéro de "Them Heavy People" vous arrachera un sourire; "December Will Be Magic Again", qu'on ne trouve que sur son coffret This Woman's Work, est le rappel le plus direct à une pièce de Noël, mais miss Bush le fait à sa manière, assise au piano à queue: très belle chanson.

Mais le moment magique, pour moi, c'est l'apparition de son invité, un tout jeune Peter Gabriel (qui n'a pas 30 ans), à quelques mois du mythique Peter Gabriel (III) qui devait lui redonner sa pertinence artistique sur la scène rock mondiale... Gabriel a cette tronche tourmentée de thanatologue ou d'étudiant en philosophie qui correspond à la période la plus creuse de sa carrière, celle qui suit le très méconnu Peter Gabriel (II), produit par Robert Fripp.  Gabriel commence par reprendre le pinacle émotionnel de son premier album, la magnifique Here Comes The Flood, mais à la manière Fripp, c’est à dire avec sobriété et émotion, seul au piano, tel que vous pouvez l'entendre sur l'excellent Exposure de Fripp, et à mille lieux de la symphonique version du PG I (que Fripp qualifiait d'américaine et vulgaire en entrevue).

Plus magique encore, le moment le plus fort du spécial télévisé: en duo, une reprise d'une pièce belle et triste à pleurer, une histoire de vieux couple appelée Another Day. L'oeuvre d'un artiste de folk anglais, Roy Harper (un bon ami de Jimmy Page, comme vous le constaterez en sortant votre copie de Led Zeppelin III). Deux magnifiques interprètes, réunis pour la première fois pour un moment de grâce musical, et qui renoueront sur le Peter Gabriel (III) ("Games Without Frontiers") et So ("Don't Give Up").

Un aperçu, en basse qualité:
http://www.myspace.com/video/vid/6181309

Cette rencontre n'est sur aucun disque officiel, malheureusement. La même pièce est chantée par la superbe Elizabeth Fraser (Cocteau Twins) sur le premier This Mortal Coil. Très conseillé.

Peter Gabriel et Kate Bush seront, pendant quelques années, les deux plus fascinantes bêtes à sons de l'Angleterre, deux âmes-soeurs artistiques qui repoussent les limites de la production "studio" (The Dreaming de Kate Bush est une sidérante exploration sonore que vous devez avoir dans votre discothèque, et hâtez-vous, car tous les Kate Bush sont discontinués depuis peu).

Bref, cette pépite de la BBC, un technicien de la place aurait décidé de la faire circuler sur Internet, dans une excellente copie car le bonheur, faut bien que ça se partage, non?  En attendant que la BBC en fasse une véritable édition...

Les pièces:
Violin
Symphony in blue
Them heavy people
Here comes the flood (with Peter Gabriel)
Ran tan waltz
December will be magic again
The wedding list
Another day (with Peter Gabriel)
The man with the child in his eyes
Don’t push your foot on the heartbrake

jeudi 1 juillet 2010

Songs In The Key Of Life sur Audio Fidelity? [AJOUT]

Courte nouvelle...

après l'excellent Talking Book, voici que le chef d'oeuvre reconnu et absolu de Stevie Wonder, le double Songs In The Key Of Like, sera également réédité par Audio Fidelity, à une date à déterminer.



Pour ceux qui ne le connaissent pas, Songs In The Key Of Life est un album-double de 1976 pratiquement inépuisable, #1 du Billboard dès sa sortie, mélangeant des hits radios mémorables de funk-soul-pop (Sir Duke, pour Duke Ellington, le magique Isn't She Lovely? pour sa fille nouvellement née, I Wish, etc) et des pièces d'album tout aussi mémorables (comme ma préférée Pastime Paradise, reprise par un groupe de rap il y a une dizaine d'années).

Voilà une excellente nouvelle. Avec le Innervisions de Mobile Fidelity d'il y a quelques années et le tout nouveau Talking Book sur Audio Fidelity, on peut dire qu'une partie du corpus le plus important du grand Stevie aura été couvert par les étiquettes audiophiles.

Trois notes:

  • après avoir refusé de laisser sortir les vraies bandes maîtresses de Talking Book, Wonder laissera-t-il Kevin Gray accéder à celles de Songs In The Key Of Life? Probablement pas...
  • après avoir semblé figer sur le rock le moins actuel des années '70 pendant quelques mois (Alice Cooper, Deep Purple, Styx, Asia (!), Joe Walsh et autres Grand Funk Railroad, on dirait que la catalogue AF prend du mieux: Simon & Garfunkel, Stevie Wonder, Laura Nyro et même une réédition vinyle du chef d'oeuvre de Kate Bush, Hounds Of Love.
  • Pour ceux qui aiment fouiller les disquaires usagés, notez que les CDs originaux de Motown des années 1980 ont une excellente réputation au niveau sonore. Éviter cependant les remasterings du début des années 2000, qui ont tous les défauts des remasters contemporains (maximisés, compressés, EQ pour malentendants).
P.S. Au fait, parmi les autres titres AF annoncés ou en route, le "remastering" de Rebel Yell de Billy Idol (un des grands hits des années '80) sera effectué la semaine prochaine (date de sortie inconnue); aussi annoncés, deux titres de Billy Joel: 52nd Street et Glass Houses

dimanche 4 octobre 2009

Votre album le plus décevant?

Ben tiens, on parle toujours de nos albums préférés, mais qu'en est-il des albums qui vous ont le plus déçu? Qui vous ont sevré d'un artiste avec lequel vous ressentiez encore, quelques mois avant, une connexion particulière, voire un lien psychotronique?

Les carrières sont de plus en plus météoriques, mais je me rappelle une époque où chaque nouvel album de nos artistes favoris déclenchait une sorte d'obsession. Et je me rappelle très bien mes plus grandes déceptions. Les voici...

Styx - Cornerstone (1979)
Styx, je l'avoue sans honte, m'a initié au rock anglo-saxon. Ce fut mon premier show d'aréna. Je savourais chaque album (au rythme d'un par année) en me régalant des constructions baroques et un peu prétentieuses de Dennis De Young et du folk-rock électrique de Tommy Shaw, et en tapant du pied sur les rock carrés, prévisibles et virils de James Young. Je n'ai jamais pu digérer le déjeuner que je prenais le jour où Babe, l'ode de De Young à sa femme, a résonné pour la première fois à la radio. Styx, pop? C'était, pour moi, la fin du monde.


Queen - Jazz (1978)
Après News Of The World et son rock anthémique FM parfait, mélodique, puissant, qui nous donnait envie de chanter la nuit (Spread Your Wings, We Are The Champions, We Will Rock You) en courant dans la ville, Jazz et son rock syncopé, hachuré et son humour étrange (Fat Bottomed Girls) manquait singulièrement d'engagement. Et ce n'est pas le fameux poster de cyclistes nues (qu'on m'a piqué d'ailleurs!) qui allait compenser.

Genesis - And Then There Were Three (1978)
Oh, Steve Hackett, où es-tu?

Steve Hackett - Cured (1981)
Oh, je vois...

Kate Bush - The Red Shoes (1993)
Seul faux-pas d'une carrière remarquable. Kate, complètement déboussolée après une rupture, compose quelques pièces d'une vulnérabilité troublante (You're The One), mais pour le reste multiplie les collaborations ratées (Prince???)

Robert Charlebois - Swing Charlebois Swing (1977)
Il nous avait bien averti, dans un spécial télévisé aux Beaux dimanches qui m'avait laissé dévasté: le rock, pour lui, c'était fini. Mais devait-il se transformer en chanteur quétaine fini? Garou, Garou, pourquoi m'as-tu fait ça?

David Bowie - Let's Dance (1983)
Après le très riche  Scary Monsters qui, après son escale berlinoise, le sacrait fer de lance du art-rock eighties (et vedette de MTV), le passage de la guitare tranchante de Robert Fripp au funk de Nile Rodgers m'a profondément déprimé. Vu dans le contexte plus large de la popularité trépidante de Duran Duran, de Robert Palmer et de Power Station, on peut reconnaître à Bowie son flair légendaire... mais au niveau compos, cet album un peu trop mince n'est que le premier d'une longue série de chutes d'inspiration.

J'avoue qu'il en faudrait beaucoup aujourd'hui pour qu'un mauvais album vienne troubler mon sommeil... L'époque a changé, moi aussi. Bien que, si Radiohead sortait une merde... peut-être...