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mardi 21 décembre 2010

Robert Fripp et les femmes...


Hilarant "post" suivant un commentaire (fort pertinent) disant que King Crimson et les femmes ne vont pas ensemble.
I find Larks' Tongues in Aspic Part I very useful in terminating relationships with girlfriends.

If they're particularly stubborn, I move up to Part IV.

... de la business musicale, de l'empire Virgin et Mike Oldfield et de la condition d'artiste...

Faisant un peu de recherche sur les magnifiques rééditions de la 40th Anniversary Series de  King Crimson, que je ne peux que vous recommander chaudement comme exemplaire, ce bout du passionnant journal on-line de Robert Fripp...
10.51    Super Audio Mastering, Monks Withecombe, Chagford, Devon.

Our day began with Simon Heyworth, Mastering Master, indicating the copyright violations on theTubular Bells book… 

… within the new special release package by Mercury UMG; comparable to our own copyright violations with Island UMG & the Keep On Running Island book. Simon was the co-producer ofTubular Bells & supplied several of his photographs, taken at the time, to Mercury UMG for possible inclusion in the book. Simon’s photographs were used without formal permissions being obtained…
… and Mercury UMG are, Simon mentions, in receipt of his solicitor’s letter.
It would be interesting were the business relationship of the time, between Richard Branson & Mike Oldfield, to be made available to informed public debate. It would be interesting were all the managerial relationships of all the main bands of the time to be made public & subject to discussion.  But this is unlikely, often because of gagging orders & other activities that result in this information remaining outside the public arena. However, in his autobiography Mr. Branson explains the necessity of owning copyrights; that is, own the work of other people. And, in that frank account, Mr. Branson gave us a straightforward presentation of one good way to climb to riches: own the work of other people, in addition to owning the fruits of our own labours. 
How the transfers-of-ownership of copyright interests took place, generally & historically, historically is worthy of study & reportage. What! I can imagine innocent DGM visitors expostulating.Managements & record companies unwilling to reveal details of their personal & financial dealings! Surely artists have handed over their work entirely consensually & without any undue influence or disproportionate force being applied to them by their managers & record companies to persuade these artists to submit to the distributive justice being dished out? And happy to do so!
What is not in doubt is that Mr. Branson’s Virgin empire was founded on Tubular Bells; that Mr. Branson made more money at the time from Mike Oldfield than Mike Oldfield, has more money today than Mike Oldfield, and has always had more money than Mike Oldfield – dating from around the release of Tubular Bells.
It is interesting that management & record companies always seem to make more money than the artists whose interests they, nominally, represent. The argument that some artists do well may be true; in which case, look at the distribution of income between artist and management, record company, publisher & agency, and then decide who has done well
Well.
Chaque fois que je lis Robert Fripp, je l'aime un peu plus. Et l'image du Négatron lourdingue qui rendait les autres musiciens de King Crimson fou se complexifie joyeusement.

Ce n’est pas par masochisme que Bill Bruford a laissé tomber fortune et gloire pour suivre Fripp dans son odyssée musicale...

samedi 16 janvier 2010

King Crimson: autres remix en route!


Finalement, l'année 2009 aura été une excellente année pour les rééditions, et parmi les grandes réussites artistiques de l'année, nul doute que les remix de deux albums de King Crimson par Steve Wilson, en son surround et en stéréo haute résolution figurant en bonne place. D'entendre Lizard remixé à partir des bandes avant "bouncing" aura permis de dépoussiérer une oeuvre plutôt négligée dans la discographie des parrains du prog.

La bonne nouvelle, c'est que l'élan donné à la série semble se poursuivre et Steve Wilson et Robert Fripp sont déjà à pied d'oeuvre pour la suite des choses. Extrait du Robert Fripp's Diary, en date du 5 janvier 2010.


Our intended work this week is to mix / re-mix Poseidon in 5.1 & stereo, and re-mix Islands & Larks’ in stereo; both of the latter have already been mixed in 5.1. Poseidon has the disadvantage that we have not been able to find the original pre-bounce tracks. So, we can’t access the original individual mellotron parts. The main mellotron parts on Poseidon – the song is mixed together with acoustic guitar on a stereo pair; drums & bass are also on a stereo pair. Devil’s Triangle is missing lots of its constituent parts. Nevertheless, we have been able to significantly improve Peace, Pictures of a City,Cadence, Cat Food & Groon I…
Dommage pour Devil's Triangle, une variation déjanté des Planètes de Holst. Néanmoins, une excellente nouvelle pour les amateurs de rock contemporain...

mardi 5 janvier 2010

The Road au son de Lizard


C'est peut-être la mort prématurée de Lhasa de Sela, la Lhorona, notre Pleureuse, au tout premier jour de l'année, fauchée par une saloperie de maladie qui a le bras long et les doigts crochus;

C'est peut-être ce mélange d'érotisme, d'amour désespéré des femmes et de la mauvaise conscience masculine qui émanent du dernier opus du très particulier cinéaste espagnol Julio Medem, Chaotic Ana (et dans lequel une jeune femme, très belle, élevée par son père dans une caverne aux mystérieuses portes, porte en elle deux mille ans de femmes mortes tragiquement dans un monde machiste violent);

C'est peut-être la dissonance cauchemardesque de Cirkus qui ouvre l'excellent remix de Lizard, un autre cauchemar éveillé du très sombre Robert Fripp et de son véhicule privilégié, King Crimson (lequel enterrait de belle façon sa courte mais productive période prog symphonique en 1970), musique masculine âpre, violente et sombre (bravo à Steve Wilson pour un remix stéréo très réussi);

C'est sans aucun doute la vision post-apocalyptique de Corman McCarthy dont le The Road hante mes nuits ces jours-ci; un monde désert, stérile, sombre, plein de cendres, un monde dont la féminité a été aspirée dans une catastrophe dont nous ne savons que les effets.

En tout les cas, 'peut pas dormir... rude début d'année 2010...

vendredi 25 septembre 2009

King Crimson 5.1 et coffret Kraftwerk retardés

   
Les rééditions multi-canal de King Crimson ont été retardés... Délais à la manufacture. Ce qui devient de plus en plus la norme dans les rééditions audiophiles...
Red est maintenant prévu pour le 5 octobre...
Quant à la spectaculaire réédition de In The Court of the Crimson King, on parle maintenant du 26 octobre.

Du côté de Kraftwerk, aux dernières nouvelles,  les éditions allemandes des disques remasterés sont toujours prévues pour le 5 octobre, le coffret allemand pour le 30 octobre... mais le coffret anglais a été repoussé au 16 novembre.

samedi 29 août 2009

REMASTERINGS LES PLUS EXCITANTS À VENIR - #3 KING CRIMSON

   
KING CRIMSON en multi-canal? Excitant! Surtout avec un mixeur aussi habile, crédible et artistiquement engagé que Steve Wilson, la tête pensante de Porcupine Tree. Mais ces rééditions (déjà une 5e série de rééditions pour King Crimson!) ont d'autres raisons d'exciter les fans du groupe progressif le plus important de l'histoire du rock.

Pour ce qui est d'exploiter à fond son catalogue, peu de personnages sont aussi habiles que Robert Fripp! Mais contrairement à Genesis par exemple, ses pensées artistiques et commerciales savent se marier et nous offrir des produits excitants, à prix compétitifs, et sans nous donner l'impression de nous arnaquer!

Il y a longtemps que Fripp a compris l'opportunité que représentait l'Internet pour une intelligence comme la sienne. Le site DGM Live (Discipline Global Mobile) est extrêmement vivant et permet au créateur en lui de contrôler la distribution de son matériel, de le repackager, voire de nous permettre d'en suivre la conception (excellent blogue). Et cette fois, DGM frappe fort.


Le 21 septembre, ce sera donc la 4e réédition digitale de Red, mon Crimson préféré et disque-testament du "power-trio" Fripp-Wetton-Bruford, qui fut rejoint par l'occasion de quelques-uns des membres les plus éminents de la première période de King Crimson, dont le grand saxo Mel Collins et monsieur Mellotron lui-même, Ian McDonald. Et outre des versions 5.1 DVD-A mixées par Steve Wilson (pièces bonus comprises!), et une couche 2.0 Hi-Res (24/96) du mixage originale, on aura droit à des suppléments: une version complète de Providence (qui, il est vrai, était coupé en plein élan sur le Red original), des versions "power trio" (sans overdubs) de Red et Fallen Angel ainsi qu'un titre supplémentaire: Journey to the Center of the Cosmos. Et à quoi bon le DVD-A s'il n'y a pas du vidéo: nous pourrons voir une performance de 1974 pour la télé française de Larks’ Tongues in Aspic II, The Night Watch, Lament & Starless. Ça promet!


12 octobre. C'est ici que les choses deviennent, à mon sens, encore plus intéressantes. Avec la sortie des multiples nouvelles éditions de In The Court Of The Crimson King, le premier King Crimson, qui allait faire un tel impact sur l'histoire du rock progressif.

Pourtant, il y a à peine 4 ans, Robert Fripp annonçait la sortie de la Master Edition, suite à la redécouverte des bandes maîtresses originales, et on semblait avoir étiré la sauce au maximum du péché original sous forme de Mellotron. Mais la présente édition s'annonce beaucoup plus excitante. En effet, outre un mixage 5.1 DVD-A et un remastering Hi-Res stéréo de la Master Edition, outre de copieux bonus (sur lequel nous reviendrons) et un peu de vidéo, on annonce un nouveau mixage stéréo exécuté par Steve Wilson et Robert Fripp.

Et pourquoi s'exciter pour un nouveau mixage stéréo, après avoir grandi en écoutant le mix original, qui fait maintenant partie de notre ADN musical? Pourquoi trouver l'idée excitante après avoir exécré la décision de Genesis de faire des nouveaux mixages stéréo pour ses SACD?

Parce que on a beaucoup plus confiance en Steve Wilson et sa déférence à King Crimson qu'en Nick Davies qui a voulu "moderniser" le son Genesis.

Parce que le mixage original demeure disponible, ce quie st une preuve de respect envers les fans.

Et surtout parce qu'il y avait une sacrée bonne raison de le faire.

En 1969, en enregistrant In The Court, les membres de KC ont surexploité leur console 8 pistes et ont eu un recours régulier au "bouncing"... c'est à dire qu'après avoir rempli une première bande 8 pistes, celle-ci était pré-mixée et couchée sur une ou deux pistes d'un nouveau 8-pistes, puis les pistes restantes étaient à leur tour utilisées. Et comme on est en 1969 dans un monde analogue, à chaque "bouncing", on perd une génération. Répétez le procédé 3 ou 4 fois et vous vous retrouvez avec le son de KC à l'époque: excitation, mais aussi distorsion et bruit de fond assez important au final.

Ces limites n'ont plus de raisons d'autres. Et même si ça a dû représenter un travail de moine incroyable, Fripp & Wilson sont retournés dans les 8-pistes originaux pour recréer ces mixages, qui seront donc entendus pour la toute première fois avec des sources de première génération.

Voilà de quoi exciter l'audiophile en nous!

Bon, et les bonus? Déjà une controverse. Robert Fripp, qui aime bien les éditions abrégées de ses pièces (affreuse et impardonnable édition de Starless dans le coffret Frame by Frame!), a abrégé Moonchild, qui a perdu un peu plus de 2 de ses 12 minutes originales dans le nouveau mixage stéréo. La version originale de 12 minutes demeure en bonus cependant. Autre bonus: une version flûte (Ian McDonald) et guitare (Fripp) de I Talk To The Wind, une autre version du même titre avec des solos inédits, les "backing tracks" de Epitaph ainsi que des extraits de la session d'enregistrement de la curieuse intro (les vents) de 21st Century Schixzoid man.

Et côté vidéo? Une performance de 21st Century à Hyde Park, à Londres en 1969.

Bon, mais attention: il y a tellement de configurations et d'éditions qui seront mis en vente ce jour-là que je renonce à toutes les décrire! Pour le fanatique fini, il y a une édition de 5 CD et 1 DVD-A (!!!) comprenant entre autres un mixage mono promotionnel du disque et le bootleg d'un spectacle new-yorkais!

Vous voulez saliver et vous perdre dans le dédale de ces rééditions spectaculaires? Cliquer ici, et remarquez les prix plus que raisonnables! Robert Fripp, you da man!

Finalement, la réédition de Lizard est annoncée pour le 26 octobre, et là encore, il y aura un remix stéréo... Mais nous aurons bien le temps d'en reparler!

jeudi 14 décembre 2006

Sur la platine: In the Court of the Crimson King



Sur la platine...

"I Talk To The Wind"
et "Epitah", deux merveilleux moments de l'album fondateur du rock progressif par un de mes 5 groupes préférés: King Crimson.

Version du coffret "Frame By Frame", effort héroïque fait en 1993 pour restituer toute la dynamique de l'album orginal.

Paraît-il que Fripp a remasteré l'album il y a deux ou trois ans à partir des bandes maîtresses originales, longtemps disparues, et que cette version est la version définitive.

Jusqu'à ce qu'on entende le pressing japonais de 2006, sur JVC Japan, avec pochette mini-LP et obi strip (paraît aussi que les obi strips sont recherchés par les collectionneurs.... allez savoir!). Et qui dépasserait en reproduction sonore et l'édition "Frame By Frame", et l'édition "30th Anniversary" de Casroline Records, et l'édition du label de Fripp, Discipline Global.

Près de 50$ chez Amazon, mais on verra bien sur E-Bay...

"In The Court" et "Red" sont deux albums-phares indispensables à toute collection.
Avec tout le respect que je dois à Genesis, un de mes groupes préférés, il est frappant de constater que le "rock-progressif-symphonique-coloré-par-le-Mellotron" a été inventé et a culminé dans un album de King Crimson paru en 1969 ("Nursery Cryme" ne paraîtra que deux ans plus tard) et que le "rock-progressif-dur-tendu-urbain" vers lequel tendait Gabriel sur "The Lamb Lies Down" culminait de manière inégalable sur "Red", paru la même année.

Les trajectoires de Fripp et de Gabriel allaient se rencontrer quelque part en 1978. Fripp, trouvant que la production du 1er Gabriel était "vulgaire" (production du Canadien Bob Ezrin, qui déjà mettait en scène Alice Cooper et qui devait faire "The Wall" avec Pink Floyd par la suite), lui offrit un son dépouillé, sec et mordant pour son "II", un album qui ne fut néanmoins pas populaire, et qui ne ressemble à aucun autre album de Gabriel. (Sa voix, en particulier, y est, disons, difficile, un peu comme sur "The Lamb Lies Down"). Parallèlement, Fripp travaillait sur "Exposure": un chef-d'oeuvre de rock moderne, où il se permet même d'offrir à Gabriel l'occasion de ré-enregistrer "Here Comes The Flood", que Ezrin avait enseveli (joliment d'ailleurs) d'un écrin symphonique. La version Fripp montre qu'en matière d'émotions, la retenue frappe plus fort que la surenchère.

vendredi 8 décembre 2006

Le fuel de la création

Je déteste la page blanche. Et comme je n'accepte pas les pannes créatives, il m'arrive de forcer l'inspiration. De doper mon cerveau en quelque sorte. J'ai deux armes fatales: le café. La musique.

Le café, pour sortir le cerveau de l'ennui qu'il ressent lorsqu'il regarde l'écran blafard, et qu'il envisage une autre journée en ma navrante compagnie. Et la musique, pour induire un état d'esprit, un climat, un rythme, absent de ma vie mais qui doit insuffler le texte.

La musique est soigneusement choisie, non seulement en fonction du texte à pondre, du personnage à accompagner, mais aussi en fonction de l'électro-chocs nécessaire. Si je dois rationaliser/corriger/structurer un texte, il est fort possible que du Bach s'immisce dans mes hauts-parleurs. Si je dois trouver des idées narratives, "réveiller" une scène trop convenue psychologiquement parlant, peut-être vais-je simplement aller écouter du Dylan, en relisant, émerveillé et envieux, "Visions of Joanna".

Ces jours-ci, c'est un climat de cauchemar psychologique qui habite mes personnages. Un monde de paranoïa et de méfiance. Pour bien faire, je viens de trouver la version remasterée d'Exposure de Robert Fripp. Post-punk, prog serré, Frippertronics et textes décapants de Joanna Walton. 1979, New York. Fripp est électrisé par ses collaborations avec Bowie à Berlin. Rien de saurait plus l'ennuyer que le prog symphonique. Il y a chez Fripp et dans sa musique un état de tension permanent, une violence intellectuelle qui imprime dans sa musique une réaction opposée d'harmonie, mais d'harmonie, comment dire, décapante. La guitare cisèle les nerfs, Daryl Hall hurle une détresse psychologique innattendue, les soeurs Roche et Peter Hamill ont une sorte de grâce glacée qui font de cet album un inusable.













Playlist de Nu sur velours, hier:
  1. L'album "Velvet Underground and Nico" du Velvet Underground, pour la violence de "Heroin"
  2. L'abum "Gentlemen Take Polaroid" de Japan, pour le climat urbain et oblique (et l'influence à la fois Bowie-Berlin et Velvet)
  3. Le trio "Hands Of The Prestess/A Tower Struck Down" de Steve Hackett, la beauté pastorale enserrant le choas rythmique
  4. "Sutrix" de Talvin Singh, urbain, poly-mental (???), poly-rythmique
  5. "Breathless" de Robert Fripp, violence post-prog, guitares tranchantes
  6. "Disengage" 1ère édition, du même Fripp, post-punk, tension urbaine, Hamill déjanté, excellent texte
  7. "New York 3", 3e édition, Hall à la voix, même ambiance que précédent
  8. "Sailor's Tale" de King Crimson, de "Islands", douceur psychédélique qui vire en cauchemar
  9. "She's My Baby" de Mazzy Starr, la belle hippie Hope Sandoval à son plus psychédélique sur fond de guitares fuzzy
  10. "Starless" de King Crimson, pour l'incroyable tension accumulée par une seule note de guitare avant la libération et le crash;
  11. l'album "Beggar's Banquet" des Rolling Stones, pour retomber sur terre, les Stones à leur plus bluesy, beautiful sound
  12. des extraits des remix de Faust, "Freispel", krautrock revisité par l'électronique contemporaine, retour au cauchemar urbain
  13. quelques morceaux de "Foxtrot" de Genesis, le chef-d'oeuvre méconnu "Can-Utility and the Coastliners" et "Watcher of the Skies" pour redescendre sans perdre l'ambiance.
Yeah baby... On n'est pas loin d'une ambiance à la Dantec. Fripp est peut-être malsain, mais il est irrésistiblement cohérent dans son cauchemar.