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vendredi 3 juin 2011

MIX TAPE 66: "Black Guitar": Blonde Redhead, "autotuner" angélique, Patrick Watson, Cinematic Orchestra et beaucoup d'autres découvertes

Séquestré dans un espace mental, pour fins de création.
Rien de tel que de se créer un "Mix Tape" pour préserver les conditions favorables.
Quoi que vous pourriez vous inquiéter de l'état mental de celui qui vous propose cette Bouillabesse Musicale.

Ce Mix Tape  pige abondamment dans des découvertes musicales récentes que je veux vous partager. Merci à LittleNemo, Zézette et bien sûr Mimi, vous saurez vous reconnaître!


Le Mix Tape suivant sera en-ligne pour une à deux semaines.

Mais laissez-moi vous parler des protagonistes...

D'abord, pas moins de trois pièces de l'hypnotisant dernier opus de Blonde Redhead, Penny Sparkle. Une chanteuse japonaise, deux alchimistes sonores italiens, la ville de New York comme bassin créatif... Hautement intoxicant, avec quelque chose de salement sensuel au coeur du rythme moite. La pièce Black Guitar, qui donne son nom à mon petit "mix tape", est certainement un des trucs les plus collants que j'ai écouté de mémoire récente. En boucle, en boucle, en boucle... Achetez-le, en plus c’est un des plus beaux "packagings" que j'ai vu en CD.

Immédiatement après Oslo, qui ouvre le bal, j'ai placé mon titre préféré sur le dernier Radiohead, le (légèrement décevant, admettons-le) King of Limbs. Concernant ce dernier, puis-je vous suggérer de refaire le "pacing" à votre manière, en y intercalant les deux excellents titres de leur single Supercollider - The Butcher?

Impossible de faire un "mix tape" cette semaine sans un titre du regretté Gil Scott-Heron, décédé la semaine dernière. La figure emblématique du "Spoken Word" restera une victime tragique de l'urbanité. Il a fini sa vie dans un sous-sol sombre où le temps s'est ralenti au rythme du crack qui lui servait de soupape. New York Is Killing Me, chantait-il sur son magnifique et sombre dernier disque, I'm New Here., que je vous recommande toujours aussi chaudement. RIP Gil.

Vous ne connaissez pas le Cinematic Orchestra? J'espère que leurs deux titres sur cette compil'  vous donnera envie de les explorer. Dès les premières notes de leur acid-jazz vigoureux et chaleureux ("Motion"), on savait que ce collectif mené par J. Swinscoe n'était pas un combo acid-jazz comme les autres. Leur deuxième opus, Every Day, est simplement un des meilleurs albums toute catégorie confondue des 10 dernières années. Leur palette, depuis, semble s'élargir sans cesse, au point de se distendre. Peut-être l'énergie folle des débuts s'est-elle quelque peu perdue. Je vous propose ici deux titres, dont ce "redux" extrêmement réussi de "Evolution" sur la bande son de "The Man With A Movie Camera". Énergie, soul et liberté musicale maximum.

On entre par la suite dans la zone hypnotique de plusieurs titres en mineur, mettant en vedette, entre autres, des musiciens associés à la scène montréalaise, si extraordinairement vivante et diversifiée depuis une décennie... Intercalés parmi deux titres du Blonde Redhead déjà évoqué...
  • un titre lynchien de Timber Timbre, pièce-titre de leur prometteur et inquiétant Creep On Creepin' On
  • une miniature satienne de Gonzales, le pianiste iconoclaste qui accompagne tout ce qui est hip à Paris
  • un triptyque de notre Patrick Watson, avec deux morceaux fameusement mélancos de son groupe, mais aussi la magnifique fusion de sa voix et de la grâce soul du Cinematic Orchestra sur le très impressionniste "Ma Fleur" de ces derniers;
  • et comme la voix chaude de la regretté Llhasa se fait entendre sur le Wooden Arms de Patrick Watson, j'ai pensé mettre en lien un morceau de l'extraordinaire album solo piano+voix que Arthur H. lui a dédié récemment, Mystic Rhumba. Même John Derek n'a jamais évoqué sa femme Bo de si poétique manière!
  • et pour ceux qui se demandaient à quoi ressemble le duo que forme Sean Lennon avec son étourdissante petite amie (The Ghost Of A Saber Tooth Tiger), un titre de leur Acoustic Sessions qui prouve hors de tout doute que le don mélodique se transmet par ADN. Tout le disque est de cette eau, si vous aimez, laissez-vous bercer par les autres titre de cette séduisante galette musicale.

    On passe par la suite aux choses sérieuses: trois titres à la fois follement ambitieux et incroyablement réussis qui prouvent hors de tout doute que la musique ne s'est jamais si bien portée. D'abord, un titre absolument ahurissant d'un groupe danois que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam il y a tout juste une semaine, Mew, une sorte de Prog-Rock Meets Muse Meets Radiohead, un truc massif qui va vous faire planer... Désolé pour la distorsion à la fin, Mew sont comme tant d'autres musiciens victimes de la "Loudness War", ce qui ne doit pas nous faire bouder notre plaisir. Neuf minutes de frisson assuré.

    Transitons vers Muse, justement... Bel hommage au son Radiohead de OK Computer, vous trouvez pas? Référentiel ou pas, Blackout est magnifique.

    Maintenant, le très ambitieux, très talentueux et très flyé Sufjan Stevens, dont je vous ai déjà tartiné mon admiration viscérale... Impossible Soul s'étire sur près de 26 minutes (!) mais je vous présente ici les 13 premières, avec la plus belle utilisation de Autotuner de ce côté-ci de Madonna, un truc qui devrait, à mon avis, faire école et montrer que même les instruments de studio de son les plus diaboliques peuvent donner des résultats angéliques parfois...

    Histoire de bien enfoncer le clou, on reste dans la poésie autotunesque avec un titre du EP de Bon Iver, Blood Bank, lequel prouve ici, si c'était nécessaire, qu'il est plus, beaucoup plus, qu'un ermite barbu en peine d'amour dans sa cabane en bois rond...

    Et si je ne vous ai pas convaincus encore, pour l'autotune, vous allez savoir pourquoi mon entourage me trouve particulièrement têtu... Si Bon Iver, Sufjan Stevens et la Madone ne suffisent pas à réhabiliter la chose, voici de quoi enfoncer le clou: le redux aventureux que Kate Bush a fait de son Deeper Understanding. C'est sur son récent Director's Cut, un exemplaire exercice de révision de certaines de ses compos méconues.




    Je ne vous ai pas perdus encore? Tant mieux, car le meilleur s'en vient, en fait de musique pure.



    Après Andreya Triana (sorte de trip-hop/soul très joli) et le toujours émouvant Anthony & the Johnsons (bravo pour les magnifiques orchestrations de son dernier disque Swanlights), un triptyque marqué par les thèmes de Radiohead.


    D'abord, une version acoustique de leur tout premier hit, Creep (qui se trouve sur le EP de My Iron Lung). Puis, une version ahurissante de ce même titre par la chorale belge de Scala & Kolacny Brothers. Ils sont parfois un peu sucrés, mais faut admettre que leur Creep donne des frissons. On a même entendu Christiane Charrette pleurer en ondes après une interprétation "live" en studio.

    Et au finale, attention, quelque chose de grand. Un extrait (long) du plus récent Brad Mehldau, Live At Marciac; Mehldau, pianiste de jazz absolument fabuleux, possiblement en ce moment au sommet de sa carrière, qui reprend avec fougue son Goodbye Storyteller (tiré du très beau Elegiac Cycle) avant de transiter vers un des nombreux titres de Radiohead qu'il interprète magiquement, ici le magnifique Exit Music de OK Computer.

    Ceux qui pensent que le jazz est une musique de musée n'ont jamais entendu Brad Mehldau.

    Au final, deux heures de musique que j'espère vous apprécierez!



    Artiste - Titre
    In
    Out
    Durée
    1
    Blonde Redhead - Oslo
    00:00:02:00
    00:03:49:38
    00:03:47:38
    2
    Radiohead - Little By Little
    00:03:49:38
    00:08:08:69
    00:04:19:31
    3
    Scott-Heron, Gil - I'm New Here
    00:08:08:69
    00:11:39:14
    00:03:30:20
    4
    Cinematic Orcherstra - Evolution (Versao portuense)
    00:11:39:14
    00:17:18:36
    00:05:39:22
    5
    Blonde Redhead - Everything Is Wrong
    00:17:18:36
    00:19:58:21
    00:02:39:60
    6
    Timber Timbre - Creep On Creepin' On
    00:19:58:21
    00:23:51:73
    00:03:53:52
    7
    Gonzales - Gogol
    00:23:51:73
    00:25:43:38
    00:01:51:40
    8
    Watson, Patrick - Daydreamer
    00:25:43:38
    00:30:12:72
    00:04:29:34
    9
    The Ghost Of A Saber Tooth Tiger - Shroedinger's Cat
    00:30:12:72
    00:32:59:48
    00:02:46:51
    10
    Patrick Watson - Wooden Arms
    00:32:59:48
    00:35:56:70
    00:02:57:22
    11
    Arthur H - Bo Derek
    00:35:56:70
    00:39:15:13
    00:03:18:18
    12
    Cinematic Orchestra, The - To Build A Home
    00:39:15:13
    00:45:17:27
    00:06:02:14
    13
    Blonde Redhead - Black Guitar
    00:45:17:27
    00:50:25:17
    00:05:07:65
    14
    Mew - Comforting Sounds
    00:50:25:17
    00:59:06:21
    00:08:41:04
    15
    Muse - Blackout
    00:59:06:21
    01:03:14:70
    00:04:08:49
    16
    Sufjan Stevens - Impossible Soul (Edited)
    01:03:14:70
    01:16:07:62
    00:12:52:67
    17
    Impossible Soul (loop)
    01:16:07:62
    01:16:52:04
    00:00:44:17
    18
    Iver, Bon - Woods
    01:16:52:04
    01:21:33:07
    00:04:41:03
    19
    Bush, Kate - Deeper Understanding (Director's Cut Version)
    01:21:33:07
    01:28:00:08
    00:06:27:01
    20
    Triana, Andreya - Draw The Stars
    01:28:00:08
    01:31:56:06
    00:03:55:73
    21
    Antony & The Johnsons - The Spirit Was Gone
    01:31:56:06
    01:35:04:07
    00:03:08:01
    22
    Radiohead - Creep (Acoustic)
    01:35:04:07
    01:39:21:02
    00:04:16:70
    23
    Scala & Kolacny Brothers - Creep (Live)
    01:39:21:02
    01:44:10:04
    00:04:49:02
    24
    Brad Mehldau , Goodbye Storyteller (For Fred Myrow) (Marciac Live Version)
    01:44:10:04
    01:51:40:08
    00:07:30:04
    25
    Brad Mehldau , Exit Music (For A Film) (Marciac Live Version))
    01:51:40:08
    01:59:26:49
    00:07:46:41




    vendredi 20 mai 2011

    MIX TAPE 65: 80s - White Punks On Dope Vol. 1

    Mix Tape 65 - White Punks On Dope Vol. 1


    Je n'aurais pas cru si difficile de faire un mix-tape des années '80, années honnies des puristes du classic-rock pour avoir amené plusieurs calamités dans le monde du rock. Je veux dire: faire un mix-tape raisonnablement court. Je croyais détester les années '80.
    C'est la décennie où les consoles digitales et le CD ont détruit le son analogue . La décennie où, emportés par la pompe de plus en plus insupportable de leurs propositions et leurs egos boursouflés, les grands groupes de rock progressif et de hard-rock ont sombré dans l'insignifiance et l'oubli. La décennie où même Dieu, nommé Bill Bruford sur son baptistère, a transité vers la batterie électronique.  Autre Dieu qui a failli sombrer: Bob Dylan, qui, n'eut été d'une rencontre brève et foudroyante avec le Franco-Canadien Daniel Lanois, aurait disparu de la carte. C'est aussi la décennie où des non-musiciens se vantent de faire des albums sans savoir jouer, munis de leurs synthés et de modes d'emploi japonais.
    Et pourtant...
    Quel incroyablement déferlement créatif.
    Après avoir bastonné le rock avec hargne, le punk laisse dans son sillage une terre brûlée, ouverte à toutes les possibilités. La compétence technique, qui semblait une condition sine qua non au rock des années '70, disparaît dans un déferlement d'idées artistiques audacieuses. Le terreau est vierge, mais riche de cadavres musicaux qui seront récupérés dans un bordélique foisonnement. Tout est possible, les règles servent à se torcher.
    Deux super-groupes se partagent les stades, The Police et U2. Mais pour le reste...
    On ne peut pas résumer les années '80. L'idée de faire un mix-tape de l'époque sans Police, sans U2, sans Peter Gabriel, sans Kate Bush, sans Bryan Ferry, semble risible. Mais à 3h20, j'ai arrêté les frais! J'aurais pu continuer des heures et des heures.
    J'aurai beau dire: les années '80 furent formidables.







    #
    Titre
    Artiste
    Album
    Durée
    1
    Tv-Glotzer (White Punks On Dope)
    Hagen, Nina
    Nunsexmonkrock / Nina Hagen Band
    5:31
    2
    Mothers Talk
    Tears For Fears
    Songs from The Big Chair
    5:08
    3
    Caribou
    Pixies
    Come on Pilgrim
    3:14
    4
    How Soon Is Now
    Smiths, The
    Hatful of Hollow [Rough Trade]
    6:44
    5
    It's no Game (Part 1)
    Bowie, David
    Scary Monsters [Ryko]
    4:16
    6
    Slow
    My Bloody Valentine
    You Made Me Realise [EP]
    3:10
    7
    Kansas
    Wolfgang Press
    Bird Wood Cage
    3:54
    8
    Born Under Punches (The Heat Goes On)
    Talking Heads
    Remain In Light
    5:49
    9
    Hot Hot Hot!!!
    Cure, The
    Kiss Me Kiss Me Kiss Me
    3:34
    10
    The Art of Parties (Single Version)
    Japan
    Tin Drum
    6:47
    11
    Running Up That Hill (A Deal With God)
    Bush, Kate
    Hounds Of Love
    5:02
    12
    Living In Another World
    Talk Talk
    The Colour Of Spring
    6:58
    13
    This Is The Day
    The The
    Soul Mining
    5:00
    14
    Need A Man Blues
    Bronski Beat
    The Age Of Consent
    4:19
    15
    Vanishing Point
    New Order
    Technique
    5:17
    16
    Nummern
    Kraftwerk
    Computerwelt
    3:20
    17
    Oh Yeah
    Yello
    The New Mix In One Go (1980-1985)
    3:04
    18
    Pump Up The Volume
    M.A.R.R.S.
    The Pitchfork 500
    7:08
    19
    Fight The Power
    Public Enemy
    The Pitchfork 500
    4:42
    20
    Moral
    Numan, Gary
    Dance
    4:31
    21
    Disintegration
    The Cure
    Disintegration (Deluxe Edition) (Disc 1)
    8:21
    22
    The Killing Moon
    Echo And The Bunnymen
    The Pitchfork 500
    5:47
    23
    There Is a Light That Never Goes Out
    Smiths, The
    The Queen Is Dead [Rough Trade]
    4:03
    24
    Sister Europe
    Psychedelic Furs, The
    All Of This And Nothing
    5:41