dimanche 9 mars 2008

Weird Nightmares, Charles Mingus, comme un chien enragé...


Oh je viens de faire un voyage sonore étrange

Vous connaissez Hal Willner? Il est un peu le précurseur des disques thématiques en hommage à un compositeur... Il a fait très fort dans les années '80 avec trois disques thématiques: Nino Rota, Thelenious Monk et Kurt Weill; les participants étaient toujours la crème de la crème, de Tom Waits à Marianne Faithfull, de Joe Jackson à John Zorn en passant par Sting, Carla Bley, Steve Lacy, etc.

Ben celui que j'ai écouté ce soir était de loin le plus weird: Meditations On Mingus est plutôt un théâtre musical, avec un seul ensemble mais à géométrie variable; des noms que les amateurs de musique expérimentale reconnaîtront: Bill Frissell, Don Byron, Greg Cohen, Don Alias, Art Baron... Au milieu de la musique, des récitatifs de vers de Mingus par des gens comme Leonard Cohen, Robbie Robertson (quelle voix!), Henry Rollins (de Black Flag), Chuck D (de Public Enemy); parmi les invités, Keith Richards, Elvis Costello, Dr John.

C'est un disque anti-serveur: on l'écoute du début à la fin, sinon on comprend rien à la démarche.

Plusiuers magnifiques moments: la très lumineuse Self-Portrait in 3 Colors, arrangé par Bill Frissell et mettant en vedette la clarinette de Don Byron, un formidablement dynamique Open Letter To Duke arrangé par Bobby Previte (excellent test de résolution de hautes et de mid-hautes pour votre système), le bluesy Oh Lord, Don't Drop That Atomic Bob On Me avec la guitare de Keith Richards... autres moments, efficaces, étranges et scary: Diamanda Galas hullulant comme une scie musicale possédée, pendant que Leonard Cohen récite un poème intitulé Chill of Death, le tout sur solo de clarinnete basse de Byron et fond d'instruments exotiques créés par un certain Harry Partch dans les années '70... le tout avant que Robert Quine (ou Bill Frissell?) n'éclate sur un solo tranchant pour un grand hit de Mingus, Pithecanthropus Erectus... enfin bref...

Pour les aventuriers du monde sonore, un excellent disque, très très bien enregistré... une clarté de cristal dans des arrangements très touffus et dynamiques, bravo à Joe Ferla (mixage) et Bob Ludwig (mastering).



Hal Willner Presents Weird Nighmares - Meditations on Mingus
Columbia ck 52739 1992




mardi 26 février 2008

Arlo Guthrie, à propos de Bob Dylan

Songwriting is like fishing or something. You’re sitting there and songs are swimming by and if you have a pen there, you can catch them. I know I’ve missed some good songs others have caught…don’t be sitting downstream from Bob Dylan.


vendredi 15 février 2008

Les jouets du Dr House...

Allez voir ça...

jeudi 14 février 2008

Assaut sur l'enregistrement digital

Nous sommes à l'ère de la performance.

Les chanteuses ne sont plus des artistes de l'expression humaine: ce sont des athlètes.
Le loisir de l'audiophile, ce n'est plus la musique: c'est la reproduction sonore.

Je vous disais dans un autre billet le choc que j'avais éprouvé en écoutant un enregistrement digital de Sting, comparé à l'enregistrement analogue du premier Doors (27 octobre 2007).

Je viens de lire un article de 1985 de Michael Fremer, se plaignant de la dérive de l'enregistrement digital; Fremer avait déjà compris à l'époque. Et les termes utilisés par Fremer s'appliquent encore aujourd'hui.

À lire

dimanche 10 février 2008

Buddy Holly et l'enregistrement studio: Avancez en arrière!


... ou la suite de notre observation fascinée portant sur les progrès technologiques et la dégradation de la qualité des disques qui l'accompagne (du moins à certaines oreilles)... les citations qui suivent sont des digressions de l'ingénieur Steve Hoffman, répondant à un poster médusé par la qualité sonore exceptionnelle de la compilation de Buddy Holly: From The Original Master Tapes


I've spoken of the Golden Age Of Recording hundreds of times here; all vacuum tubes, small number of microphones, hardly any overdubbing, live groups playing in the same space with no headphones or baffles on to pristine Scotch 111 tape. Heck, some of here bitch about what happened to this sound all the time! Grumps, yes, but when you hear this sound you scratch your head in wonderment that any engineer would want to change it. But, change it they did the minute they could; more microphones, more wires, no tubes, giant compression, etc. Such is life.

You know that in the 1960's it started changing to Solid Stage gear, more channels, more isolation, more signal processing. So it goes. Blame the Beatles, heh.

You want to make a recording of your band that has the quality of a Buddy Holly song?

Get 4 Neumann microphones, feed through a small tube mixer like my Ampex MX-35 below onto an Ampex 350-2, live. Play it back. There you have it.

L'overdubbing aussi a eu un effet radical sur l'enregistrement sonore... On comprend son commentaire mi-sérieur: Blame the Beatles. À partir de Sgt Pepper's, il n'y avait plus de retour en arrière possible. Les artistes allaient pousser l'enveloppe sonore aussi loin que possible... avec pour résultats...

Forgot one thing. As soon as the artists got a taste of the new "overdubbing" approach to recording there was no going back. None at all.

So, many more channels, the need to keep the numerous mic preamps quiet (use compression), the need to keep the 24 hissy tracks quiet (use the Dolby System), isolated musicians to keep each instrument on its own track, the need for headphones to hear everyone, solid state recording to keep it cool in the studio and have less breakdowns, outboard devices to make the sound "exciting", zealous engineers and producers who wanted total control over the band's dynamics in post production and you have: The 70's! Turn it to digital and you have: The 80's and beyond!

No one wanted to go back to the old way of grouping the musicians around four microphones and recording everything live in one take, in a natural space. It took the Audiophile Recording Style in the 1990s to figure out how to do that again. And by that time Buddy was gone..


jeudi 7 février 2008

Sillons...


Bonheur musical hier. Un vrai. Un authentique.

J'ai récupéré ma table tournante. Une Dual CS-5000. Une Allemande, 1986. Elle a passé plusieurs mois en convalescence chez Audio d'occasion, suivant plusieurs années entre d'autres mains. Éric l'a remis d'aplomb. Je l'ai équipée d'une Ortofon OM-20 trouvée pas cher sur E-Bay.

Ça doit faire un bon 15 ans que j'ai pas mis un vinyle sur MA table tournante.

Hier je l'ai fait.

Je n'avais pas beaucoup de temps. La carte maîtresse de mon ordi a apparemment sauté. Changer le power supply n'a rien résolu. Merde. Quel bouffe-temps et bouffe-plaisir que l'ordi.

C'est peut-être à cause de mes mésaventures informatiques, c'est peut-être le fait de voir une table tournante connectée à mon ampli. J'ai mis Everything At Its Right Place, de Radiohead. Un titre approprié, non?

Putain, le son!

C'est ce que j'ai immédiatement remarqué: la solidité du son. Les assises solides des basses. Le côté homogène de l'image musicale.

Aujourd'hui. détour par le dernier Johnny Cash. Oubliez le plaisir: ce dernier titre de la compagnie Lost Highway est "muddy". Et bruyant.

Le bonheur est revenu lorsque j'ai mis la fameuse compil' de Hal Willner, son disque-hommage à Thelenious Monk: That's The Way I Feel Now. Le pied! le pied je vous dis. Cette belle basse profonde et pleine. Cette solidité de l'image musicale. Dès les premières notes du tack piano de Barry Harris, j,ai senti une grande bouffée d'Amérique entrer de plein pied chez nous... Plus tard, il y a eu le Ask Me Now, ce morceau que j'adore parce que je le mettais tout le temps quand ma grande était encore un tout petit bébé: Charlie Rouse et Steve Lacy qui se répondent sur un air sautillant, oblique, abstrait et ludique, comme les jeux d'un bébé... Monk, quel compositeur! Chaque note, qui vous surprend, qui vous amène, c'est comme suivre les traces du joueur de flûte de Hamelin: vous êtes hypnotisé, vous n'allez pas là où vous croyiez que le chemin va, mais le musicien, lui sait...

J'avais oublié la grande beauté du Round Midnight de Joe Jackson, alors à son peak absolu. Et plus loin sur cette face (!), il y a une superbe interprétation de Peter Frampton et Chris Spedding (!), il y a Ed Blackwell à la batterie, polyrythmique, derrière Dr John et Steve Sladge, il y a même Bobby McFerrin qui opère sa magie, il y a un long solo presque free de Steve Lacy, et il y a, pour clore, un duo magique avec Lacy et Gil Evans, le sensuel Bemsha Swing.

Il y a le plaisir d'une vraie pochette de disque (surtout ce disque!), la galette noire qui luit, et, je me répète, cette solidité de son...

Bien sûr, tout n'est pas parfait. La résolution dans les mid-hautes n'y est pas encore, oublions les très hautes, et je perd la tri-dimensionnalité de l'image.

À partir de là commencent le long raffinement de l'installation et les affres de l'upgradite!

(1ère étape: un Nitty Gritty, ou quelque chose de similaire. J'ai sauté dans mon siège lorsque mon premier disque a sauté. C'était pendant Paranoid Android. J'avais oublié ce plaisir bien analogique.)

(Le disque dont il est question, je l'avais en vinyle jadis. Réédité en laser, il est discontinué, coûte un bon 70$ sur E-Bay et ne comprend pas toutes les pièces de l'album-double. J'ai eu la très grande chance de mettre la main sur cette copie mint pour moins de 20$)

Artistes variés. That's The Way I Feel Now: The Music of Thelenious Monk. A&M Records. 1984. Produit par Hal Wilner. Mastering (excellent) de Greg Calbi.

mardi 5 février 2008

Genesis remixé en SACD: Massacre à la tronçconneuse:

Je chiale souvent contre les remasters/remix de Genesis... Mais avant de passer pour un irrépressible grincheux et un ennemi de la jeunesse, peut-être qu'avec un peu de travail je peux faire la démonstration de ce que j'avance.

Je trouve ça d'autant plus important que nous sommes présentement en pleine épidémie de masters et remasters absolument épouvantables, inécoutables, qui sont j'en suis certain un des maux les plus sévères que connait le monde de la musique actuellement. Une dégradation sévère de la qualité du produit, qui fait qu'aujourd'hui, s'asseoir et écouter un disque au complet devient presque une corvée. Je veux dire, après 15 ou 20 minutes de son compressé, avec des aigus scintillantes, les nerfs n'en peuvent plus!

Vous avez remarqué? Le cinéma, qui, lui, est en plein boom, suit la trajectoire inverse: investissement dans la qualité du produit (blue ray, hd-dvd) = plus de clients contents, plus de ventes.

Anyway... Genesis... On s'entend qu'il s'agit pas d'un petit groupe qui débute et qui doit fesser fort pour qu'on le remarque. On parle d'un groupe qui a déjà sa base de fans, qui, j'en suis certain, ont souvent acheté 2 ou 3 copies de leurs disques préférés, genre copie vinyle de Foxtrot dans les années '70, puis Cd dans les années '80, et maintenant, il sort en SACD. On se comprend que celui qui rachète la chose veut PLUS de qualité. Pas MOINS. Que la qualité audiophile du truc est importante. Bon j'arrive aux faits.

Voici le fichier WAVE de Squonk ("sur "A Trick of the Tail") dans la version CD des années '80, la 1ère, sur étiquette Atco, remasteré par Barry Diament si je me rappelle bien. Vous savez, les CD des années '80 qu'on disait flat...

(à noter que j'ai normaliser le volume pour que les peaks soient à 0 dB, pour comparer des volumes équivalents)

OK. Maintenant tenez-vous bien: le remix/remaster 2007 de Nick Davies, la version dite audiophile:

Évidemment, je l'ai pas normalisé, celle-là.
cry.gif Ça fesses-tu dans le dash??? C'est presque de la pornographie auditive, vous trouvez pas???

Ceux qui savent lire les WAVE comprennent ce qu'ils ont sous les yeux. Une onde carrée. Squashed. Du bruit. De la distorsion. Des cymbales qui sonnent comme une onde parasite. Des voix qui cillent. Nick Davies prétend que de compresser un peu permet plus de résolution dans les détails à plus faible volume. C'est sûrement de l'humour anglais: un peu de compression??? Un peu???????

Tant que les amateurs de musique vont accepter cela et acheter sans rechigner, tant qu'ils ne se plaindront pas de ces aberrations qu'on leur sert, ça va continuer. Des SACD compressés (pourquoi???). Des Cd avec des écarts dynamiques de moins de 10dB, plutôt que 35dB comme jadis. C'est comme si en télé on retournait au noir et blanc.

Méfiez-vous du lieu commun qui dit que les CDs des années '80 étaient de piètre qualité et que les remasters les surpassent. C'est parfois vrai et c'est SOUVENT faux. Boycottez les remasters massacrés de vos classiques préférés. En commençant par cette boucherie, les remasters de Genesis. thumbdown.gif

lundi 4 février 2008

Barry Diament: Secrets de mastering


Vous voulez savoir pourquoi les masterings de Barry Diament sont si recherchés? Pourquoi, 25 ans après leur exécution et après de multiples remasterings utilisant la dernière technologie, les CDs qui portent son nom sont encore considérés comme les plus fidèles à un idéal sonore analogique?

Il a explicité un peu sa "recette" dans un post récent qui tendait à expliquer pourquoi sa série des Led Zeppelin des années '80 sonne différemment de Led Zeppelin IV, exécuté à la même époque par Joe Sidore.

Sometimes I used the Studer A80 and at other times, I had an MCI machine (forgot the model). While the Studer transport is wonderful, to my ears, the stock electronics --this was before the Levinson cards-- did not sound as transparent as the transformerless MCI electronics.

To my mind, aside from the tapes themselves, what made a significant contribution was the fact that I carried my own cables to work with me and used them in place of those from the output of the Studer/MCI. I'd wire direct to the 1630 (A-D converters) and listen to the output of the 1630. No console, switcher or patchbay in the signal path. To my ears, this makes all the difference in the world.

When using EQ, I'd wire direct to EQ input, then direct from EQ output to the 1630. Again, monitoring the 1630 output, with nothing else in the signal path. This has always been my approach to analog to digital transfer.

I don't know if it speaks to the original poster's question but at Warner's, Joe had more of a "regular" studio setup with standard studio cabling and a patchbay. They also had more "traditional" studio monitors and not the Dahlquists "in the middle of the room" setup I used at Atlantic and my first few years as an independent (prior to going with Maggies).

Best regards,
Barry
www.soundkeeperrecordings.com
www.barrydiamentaudio.com

Parmi les Barry Diament les plus célébrés:
tous les Led Zeppelin (sauf IV), mais surtout House of the Holy
Trick of the Tail de Genesis
Legend de Bob Marley
Close to the Edge de Yes
Back in Black de AC/DC
So Far de Crosby, Stills, Nash & Young


Le CD, un macchabée, selon le management des Doors


Tempus fugit. Les temps changent.

Vous ne le savez peut-être pas, mais les disques des Doors dans leur mixage original des années '60 ne sont maintenant plus disponibles en CD. Ce sont les versions remixées du box-set Perception qui sont maintenant vivants au catalogue. Assistons-nous à une nouvelle mode sonore, ou à une stratégie de marketing? Après tout, Genesis a annoncé de même qu'une fois les sorties des SACD complétés, les mixages originaux seront discontinués, aiu profit des horribles remixages stéréo de Nick Davies.

Eh bien, je ne sais pas si c'est rassurant, mais un poster du forum de Steve Hoffman a reçu une longue réponse du management des Doors, qui l'assure que les mixages originaux restent bien vivants, mais seulement sous forme de téléchargement. Pourquoi? Lisez bien ce qui suit, c'est sa réponse.

"Here's the deal: We are NOT rewriting history, or replacing the catalog. I mean, we DID release the 40th Anniversary Mixes on CD, and these are now the only current CDs.

HOWEVER.....as I said several times.....the "classic" mixes will ALWAYS be available, just not on physical CDs, but rather as digital downloads.

The reason?

Again, we want to be leaders, not followers, and folks, the future of music is digital, NOT shiny, round, silver discs. Those things will soon be relics. At least, that's the way it's trending, more and more each year.

When will they finally peter out? Who knows? Five years? Ten? TWO?

So - here's what we thought/think:

Most people who enjoy CDs tend to be - as a very general RULE here, folks, but not always the case - an older demographic. Like, ummmm, ME.

Most people who enjoy and/or prefer downloads tend to be a younger demographic.

The older demographic already OWNS the "classic" mixes on CD.
The younger demographic is turning away from CDs in droves.

Let me let you in on something - and TRUST me, I am just being a messenger and an observer here. I don't necessarily agree, like, dislike, or do cartwheels over any o' this - but it is my job to recognize it, acknowledge it, and respond to it: Kids today don't CARE about CDs. CDs are, at BEST, kinda like the "wrapper" that their new toy (the record) comes in. They rip it, put it on their iPod, and the CD gets put away somewhere. JUST like software we download to our PCs or Macs that comes on a DVD. We rip it into the computer, and the disc goes in a drawer, ne'er to resurface again (unless our computer gets wiped). It's weird, actually - I mean, I LOVE CDs, I LOVE vinyl, I LOVE having my collection of thousands of records displayed in my living room, and I like to hold them, look at them, search through them like a library, handle them, and play them.

But the new generation(s) do not. There's a huge extra space in all o' THEIR living rooms where WE would normally put a CD cabinet. They just don't exist for these kids anymore! I mean, they have THEIR library, it consists of thousands of SONGS (the "album" is a dying concept to them, sadly), and it all fits into their pocket, on their 60-gig iPod (or their new 8-gig iPhone).

So - what to do?

Simple, really - the 40th Anniversary mixes will be available on CD for those who PREFER CDs (and most likely already own the "classic" mixes on CD).

The "classic" mixes will be available - ALWAYS - but as digital downloads, not physical CDs.

We're trying to move into the future, and offer the best products at the best prices (didja notice all the new studio albums with the new mixes were carrying a MSRP of only $11.98??)

We're also trying to give you the products you want, at the best price, and IN THE BEST FORMAT for the future.

This is a FORMAT question, not a "classic" vs. "40th anniversary" question at all! They will BOTH be available, just in different formats - and the classic mixes will be in a future format (digital). We are, again, assuming that a preponderance of folks who own CDs already OWN the classic mixes on CD. I mean, believe me, if I thought that most people who want the classic mixes will want them on CD, then we'd be fools not to give it to them, 'cause we make money that way! YES, I know, many of you will want new classic mixes CDs again, but I am betting that the new generation, who has never owned them, will prefer to obtain them digitally.

If this proves not to be the case - OR if CDs have a resurgence - OR if a new format comes along that people seem to embrace, then we will issue the classic mixes on that format -or on CDs - again, no sweat!

But in any event, the "classic mixes" we have all known, loved and enjoyed for all of these years will NEVER go away - they will always be here, be available, and they ARE The Doors.

The only change is how they will be issued - i.e., in what format. And if, in a couple of years, we find we can improve the mastering of the classic mixes, or re-transfer them at a higher bit-rate, or somehow significantly improve them (without altering them) - then, we will do that, and if CDs are viable at that time, we'll issue them on CD all over again!

Does this make any more sense now?
__________________
Thanks - Jeff
Jeff Jampol
The Doors Music Co.
Los Angeles, CA

samedi 2 février 2008

22 juin: une date qui compte...


1956, Sonny Rollins enregistrait son meilleur album.
Ça s'appelle Saxophone Colossus.
Un enregistrement formidablement tonique de Van Gelder.
Si Coltrane vous passe dessus avec le feu de sa quête, Rollins, lui, vous cisèle les tympans avec une puissance athlétique. Et une souplesse de pensée...
On raconte que Rollins n'aime pas trop le support harmonique du piano. Mais Tommy Flanagan, là-dessus, est juste, parfait, suave, élégant.
La copie que j'ai, un OJC, probablement des années '80 (et sans crédit de mastering), est juste parfaite.
Blue Seven,
qui clôt l'album, est un formidable blues.

Je retourne l'album, et je regarde la date d'enregistrement: 22 juin.
22 juin, c'est la date de naissance de mon gars, Elliott, qu'on surnomme Billy Bob pour son côté tomboy.
Je trouve que cet album lui va foutrement bien.
Quand il sera assez grand, je le lui ferai découvrir.
(pour le moment, il aime la musique cool: Gorrilaz et Led Zeppelin!)

jeudi 31 janvier 2008

J'irai marcher sur vos tombes!

"It's time to put the corpse of what we know as the record industry in the ground and let some other beautiful things start to grow out of it"
- Peter Gabriel

mardi 29 janvier 2008

À la recherche du temps perdu

Extrait du dernier Rolling Stone:
There were complaints in certain online circles about the sound quality of In Rainbows downloads, but surprisingly, considering the sonic complexity of their own records, none of the members of Radiohead are audio geeks. "That sort of hi-fi sound-quality thing really annoys me," says Jonny Greenwood. "I was in London talking to a label guy once, and we got on to this subject, and I said hi-fi is just about middle-aged men trying to make music sound as good as it did when they were teenagers, and it never will. They'll never be as excited as they were when they first heard that music coming out of just one speaker. They'll never get that close to it again." Greenwood smiles sheepishly. "Later, I found out he's got this amazing record player and spends all of his time upgrading his system."

lundi 28 janvier 2008

Get real, Stereophile!

"Enough of your fantasy magazine. My system sounds great to me and my friends. My girlfriend won't be in next month's Playboy, but when we get together tonight I know she won't have staples in her belly."

Extrait d'une lettre de lecteur du magazine Stereophile, qui en a assez de lire des reviews d'enceintes à 40K$, pré-amplis à 18K$, etc.

samedi 12 janvier 2008

Congestion de basses, le son voodoo de Cassandra Wilson


Cassandra Wilson est sûrement la chanteuse de jazz contemporaine dont les disques me touchent le plus. Dès Blue Light 'Til Dawn, son premier album pour l'étiquette Blue Note (avec l'excellent Craig Street à la console), cette mixture complexe et sombre, quelque part entre le jazz le plus bluesy (manière Nina Simone) et un folk poussiéreux qui évoque Faulkner, porté par cette voix basse et riche, illuminé par un choix de matériel éclectique qui puisait autant dans le jazz que dans le folk-rock, le blues primitif et le rock, m'a fait découvrir une authentique originale, dont les disques ne ressemblent à rien d'autre, dont l'art est empreint d'originalité.

Son dernier disque, Thunderbird, avec T-Bone Burnett à la production, ajoute aux steels guitars, aux percussions et à la basse profondes des nappes de claviers et de samplings, pour créer un disque encore plus riche et chocolaté; les basses sont si congestionnées (deux batteries, contrebasse, percus, voix, claviers) que les petits systèmes pourraient bien ne hjamais en décanter la richesse exceptionnelle. D'autant plus qu'il y a eu compression dynamique au mastering: c'est un disque dense et lourd, un vrai travail de studio, une alchimie complexe des sens.

J'avais rebranché mes petites LS 3/5a (Rogers) pour les fêtes (espace oblige). Les Rogers sont un vrai joyau musical: ce sont des enceintes colorées, mais colorées avec un-je-ne-sais-quoi qui les rendent profondément musicales et... émouvantes. C'est dur à expliquer, et plusieurs attribuent leur pouvoir magique chez certains audiophiles par la suave tonalité des mid-hautes, là où la magie musicale réside selon plusieurs. Les basses sont surprenantes de tenue et de contrôle; pas de basses profondes, mais à l'audition, les Rogers émettent des basses plus fermes et plus présentes que mes Nirvana bass-reflex, qui ont pourtant un volume d'au moins quatre fois supérieur.

Comment s'y prennent-elles? Paraîtrait-il que c'est à l'aide d'une petite emphase sur les mid-basses (autour de 150 Hz) qui nous fait croire qu'elles ont plus de tonus que ce que leur volume suggérerait.

Mais ce petit stratagème peut causer des problèmes. Comme justement sur le Thunderbird de miss Wilson; les basses congestionnées se transforment en maëlström indigeste de fréquences lourdes dont on peine à dégager la voix chocolatée de la chanteuse.

Et à ce chapitre, des enceintes plus équilibrées comme les Nirvana deviennent largement supérieures aux Rogders.

Mais tout n'est pas qu'affaire de réponse de fréquences. Lorsque je mets Ma toune de "Bob Walsh", qui m'avait tant ému pendant les Fêtes avec mes Rogers, l'émotion est soudainement retombée; plus transparente, les Nirvana me permettent de mieux comprendre la diction de Bob Walsh; mais la "coloration" très british des Rogers me manque soudainement; j'entends tous les sons, mais la musique ne m'emporte plus avec autant de force.

mardi 8 janvier 2008

"Reverb" et vérité sonore

Son "live" ou son studio? Prise de son naturaliste (naturiste tant qu'à faire) ou alchimie studio?

Nos goûts en la matière peuvent être drôlement influencés par le système de son employé.

Ces derniers temps, je ne cesse de m'émerveiller devant les enregistrements de jazz de la fin des années '50, les enregistrements Rudy van Gelder, les productions Orin Keepnews, Blue Note... même les mono, qui ont plus de verve, de dynamique et de présence que bien des enregistrements récents!

Mais le disque que je trouve le plus sidérant de vérité acoustique ces temps-ci, c'est un live de Bob Walsh, enregistré au Vieux-Clocher de Magog en 1998. Quand j'entends "Ma toune", la voix et la guitare de Bob ont une telle qualité que j'en ai la chair de poule; le cliché: "il est dans mon salon" s'applique vraiment.

Un aspect du son qui joue beaucoup à mon avis et sur lequel je suis de plus en plus sensible, c'est la reverbération. Une réverbération "naturelle" semble jouer énormément sur l'illusion sonore d'être devant le performer. Des enregistrements des Doors des années '60 sonnent plus "naturels" que des enregistrements de Sting des années '80 (les Doors utilisaient une technique particulière pour l'écho, je ne me rappelle plus trop laquelle). Les enregistrements ECM comme The Ground de Tord Gustavsen, par l'emploi d'un écho naturel, ont une présence que je ne savais pas apprécier avant. Je ne sais pas quelle technique ECM emploie pour les drums, mais par rapport à d'autres labels comme Nonesuch (Mehldau), ils savent vraiment les faire sonner dans l'espace.. Comparez le dernier Paul Motian et le Day Is Done du Mehldau Trio par exemple! Nonobstant la musique, ce sont deux mondes sonores différents.

Je pensais à cela ce matin en écoutant Wanderlust sur le dernier Björk. Autant j'adore la musique de Björk, autant je trouvais sa voix malencontreusement "écrasée" dans l'espace sonore: je veux bien être pendu si le reverb sur sa voix est naturel. J'ai eu le même feeling en écoutant Feist sur son dernier disque: excellente musique, super-arrangements, brillantes compos, mais les voix, hyper-trafiquées par la prise de son, perdent de leur pouvoir expressif (Kate Bush aussi fait ça, The Red Shoes sonne horriblement pas naturel!)

Ce qui n'est pas le cas sur le dernier Cassandra Wlson où la voix est pleine, sonore, tridimensionnelle, riche. Un plaisir musical ET audiophile.

jeudi 3 janvier 2008

Keith Jarrett: le jazz libre

Ah oui, la vie est dure, on peut le dire. Nos chemins sont parfois des sauts de puces entre les obstacles, ou de pénibles sessions d'esquive... des tentatives de dialogue qui échouent, des aspirations qui ne trouvent plus leur écho, des spirales dans le malentendu, des dialogues ratés, avec des entrées de scène laborieuses et des sorties trébuchantes. Ah oui, nous sommes de petites imperfections dans le film chaotique d'un scénariste apparemment absent au drame.

C'est probablement lorsque la vie m'épuise émotionnellement que j'apprécie le plus les enregistrements live de jazz. Pourquoi? Probablement à cause de la liberté de pensée du jazz, parce que la voix du musicien y est la plus proche du dialogue libre, cris, chuchotements, déroulement de la pensée en circonvolutions avec dialogues incessants; transformation libre des thèmes qui se débarassent de leur carcans pour de longues minutes, étirant toutes leurs possibilités. Le jazz est la musique de la parole, de l'expressionnisme. Et bien sûr, presque tout le jazz a dans son ventre un fond de blues, un terreau de douleur qui communie avec la douleur.

Ce soir était donc un soir de jazz, et j'ai choisi l'enregistrement du trio de Keith Jarrett, Gary Peacock et Jack DeJohnette au Blue Note de New York pour aller ailleurs voir si j'y étais. Pour le plaisir de la complicité presque parfaite de ces trois vieux routiers qui portent à la fois un puits de sagesse et une fraîcheur de communication remarquable.

Et même si j'avoue que pour un soir de déprime l'énergie manique de Keith Jarrett peut être difficile à prendre, il faut bien avouer que la 4e plage (You Don't Know What Love Is/Muezzin) est un absolu de communication télépathique entre musiciens, un 20 minutes où tout se dissout pour se mettre au pas de la pulsation de DeJohnette, dans les conversations à voix basses de ces trois vieux mages qui ont vu neiger...

C'est un disque ECM, ce qui signifie, bien sûr, un excellent son; mais dans le contexte d'un live dans un club new-yorkais (et le Blue Note n'est vraiment pas grand), la réverbération si associée à l'étiquette allemande est absente et, par exemple, le son de la batterie est particulièrement punchée et ne manque pas d'impact.

(Aparté: j'aime bien la stéréophonie et la préfère au multi-channel; mais dans le cas d'un enregistrement live, particulièrement dans un petit club, je trouve toujours surréel que les applaudissements viennent de l'avant, alors que je suis dans l'audience! Dans ces moments, l'ambiance de moniteurs arrière me manque.)

Keith Jarrett At The Blue Note - Saturday- June 4th, 1994 - 1st Set
ECM 1577

mercredi 12 décembre 2007

Sur la platine...



C'est peut-être la rigueur scandinave et les teintes austères de ce début d'hiver aux neiges abondantes. Ou c'est peut-être le plaisir sonore d'entendre une musique dynamique, vivante, qui dépasse par ses ambitions et son travail architectural le côté plus purement expressif du jazz et de la musique rock. Mais je me paye une diète abondante de classique ces jours-ci.

[C'est peut-être aussi parce que mes nouveaux câbles de hauts-parleurs en teflon et les interconnects que tomahawk m'a passé rendent les hautes fréquences des violons beaucoup plus fréquentables que mes vieux Monster Cables. Le plaisir de la musique est indissociable du plaisir du son]

Sur la platine hier, ce vieux mage finlandais de Rautavaara. Glissandos de violons éthérés, cloches tubulaires tintibulant, arpèges de piano qui cognent dans la conscience, choweurs éthérées, chants d'oiseaux migrateurs. La musique de Rautavaara (dur de se rappeler comment l'écrire) est parfois informe et insaisissable comme une vapeur trop rare. Mais ses concertos de piano ont une jubilation que ses autres pièces n'ont pas, et ses couleurs orchestrales, magnifiquement rendues dans les enregistrements Ondine de cette compilation, composent une palette harmonique riche, mouvante, souvent émouvante, qui vous plonge dans un monde étrange, peuplés d'anges dira Rautavaara, de daemons pourrait analyser Robertson Davies.
À la fois sensuel et désincarné, si ça s'peut!



Mais les tentatives de Rautavaara pour évoquer un monde spirituel et angélique font presque figure de romantisme ésotérique lorsqu'on pose Schubert sur la platine. Parce que Schubert, syphillitique, déjà en fin de course à 29 ans, était, vers la fin de sa vie, dans une autre dimension musicale et spirituelle. Je me suis remis à écouter, après presque 10 ans de hiatus, son dernier Quatuor, le 15e, en Sol Majeur. J'ai retrouvé, intacte, cette angoisse de l'âme, ce combat entre la sérénité et l'angoisse, entre la mélodie et la dissonance, entre l'élan et le rythme brisé. C'est surnaturel, inquiétant, et comme toujours avec Schubert, plein d'une grâce mélodique surnaturelle. Les deux premiers mouvements font partie de la plus extraordinaire musique, tout genre confondus, que j'aie jamais entendu.

La version que je possède, que je chéris profondément, enregistrée au début des années '80, est du Julliard String Quartet. J'ai lu quelque part que le Julliard était un ensemble qui donnait des couleurs contemporaines au répertoire classique et des couleurs classiques au répertoire contemporain. Parlant d'un enregistrement de ce même quatuor datant des années '50, un mélomane écrivait que Schubert n'avait jamais semblé plus près de Bartok que dans cette interprétation. Dommage que l'enregistrement des disques Columbia pose comme un voile plastique sur la sonorité du violon, parce que l'interprétation est extraordinairement riche et dynamique. J'hésite à en rechercher une autre, convaincu qu'une vision plus romantique de l'oeuvre en détruirait les dimensions spirituelles. Un disque à amener sur une île déserte.


En coda, un quatuor bref, angulaire, plein de détours, de ponctuations, d'air et de pointes; on dirait un dessin cubique à l'âme inquiète. 13 minutes de bonheur sonore, enregistrées de manière parfaite, avec Shostakovich, le Quatuor no 7, tel que joué par le St Petersburg String Quartet, que j'ai découvert par le biais du Quatuor Alcan, pour lesquels je faillis faire un clip de l'oeuvre. De penser que Shostakovich, comme tant d'autres artistes russes, poussait ses cris à travers le manteau noir de la censure... Il faudrait que je fréquente plus Shostakovich, mais c'est un compositeur qui demande toutes vos facultés d'écoute. Le vrai message est là, caché derrière un certain classicisme de la forme. L'inquiétude est bien celle du dernier siècle.

mardi 6 novembre 2007

MOVIES de Holger Czukay: le chef d'oeuvre méconnu de 1979



1979 fut une année capitale de la musique populaire; une année où le rock s'est relevé en serrant le poing après avoir reçu la méchante claque du punk-rock; renversées de leur socle les icônes prétentieuses du rock progressif et du hard-rock. Pendant que Led Zeppelin termine sa course par le décevant et inutile In Through The Outdoor, les Clash, les Talking Heads (période Brian Eno) et Police accouchent de leurs chefs d'oeuvre respectifs, les London Calling, Fear Of Music et Regatta de Blanc prouvant que le rock avait à la fois du coeur au ventre, de l'énergie, du rythme et de l'imagination. Robert Fripp revampait son songwriting et livrait un disque abrasif et intelligent, Exposure, qui ramassait sur elle-même l'agressivité de Red et lui donnait à la fois la légereté et le tranchant d'une arme. Même Pink Floyd accouche d'un album essentiel, The Wall, un opéra-rock qui clôt de manière parfaite la boursoufle du rock progressif/cosmique/orchestral en mettant en scène l'aliénation insupportable entre les rock stars et leurs fans et en en dénouant l'impasse: cri du coeur existentialiste qui semble répondre au disque confessionnal par excellence, le Plastic Ono Band de John Lennon qui avait ouvert la décennie, dix ans plus tôt.

Les années qui allaient venir s'annonçaient excitantes. David Bowie était à quelques mois de sortir son excellent Scary Monsters, qui le sortait de Berlin et le remettait sur les ondes planétaires; Peter Gabriel travaillait sur sa visionnaire fusion beats africains/rock contemporain (Peter Gabriel III) et l'équipe bipolaire de Eno et des Talking Heads allaient lui répondre par l'éblouissante fusion Remain In Light.

Et quelque part en Allemagne, dans la confidentialité, travaillait un alchimiste visionnaire à l'oeuvre tellement méconnue que c'en est une honte. Holger Czukay, c'était le bassiste de cette machine à beat métronomique Krautrock, le groupe Can. Et c'était tellement plus qu'un bassiste. Étudiant de Stockhausen, assembleurs de sons de génie mais avec un sens du beat qui va avec l'emploi, il faisait déjà, dès son premier album en 1970. des collages de musique etchnique, d'enregistrements radios et de beats percutants. Écouter Boat-Woman Song aujourd'hui et apprendre que ça date de la même époque que Let It Be, c'est prendre la mesure des qualités de visionnaires de Czukay, qualités qui ne durent pas être pour rien dans l'oeuvre de Can en devenir.

En 1979 donc sort Movies de Holger Czukay, une oeuvre confidentielle, un collage de génie. Et bien avant Gabriel, ou Byrne/Eno sur My Life In The Bush Of Ghosts, on a le présage des formidables fusions musicales à venir, déjà à un niveau d'épanouissement qui surprend et laisse songeur. Comment de tels albums peuvent-ils passer sous le radar?

Quatre longues pièces; passons le Cool In The Pool, étrange bête de commercialisme et d'étrangeté qui ouvre l'album. Après, Czukay donne sa pleine mesure: le beat métronomique de Can y résonne comme un coeur qui s'emballe, des collages d'enregistrements ne cessent de se répondre dans un étrange opéra cinématographiques (qui, BTW, précédait le Friends Of Mr Cairo de Jon & Vangelis, qu'il dut en partie inspirer) et les nappes de claviers et de guitares ne cessent de s'élever et de s'effondrer, comme des geysers sonores. Mouvant comme Jeux de Debussy, avec des glissandos incessants dans les nappes harmoniques, la construction sonore se cristallise un moment pour un 6 minutes d'une formidable beauté: Persian Love réussit le pari de l'étrangeté, de la beauté et de l'émotion. Si vous ne craquez pas pour cette pièce, vous ne pourrez jamais pénétrer l'étrange monde mouvant de Holger Czukay.

Le disque passa donc inaperçu. Je fus initié par un mélomane de Sudbury en 1984, j'ai acheté l'album sitôt revenu à Québec, mais jamais je n'ai aperçu quelqu'un d'autre en possession de ce disque. Il faut dire que Czukay n'avait rien d'une rock star et que sa voix ne répondait en rien aux critères de l'interprétation. Ses plus grandes innovations sont passées par la suite dans le vocabulaire musical, et plusieurs têtes chercheuses ont travaillé avec lui , dont David Sylvian, avec qui il réalisa en duo de sombres disques de musique électronique. Mais le monde sonore de Movies demeurait inimitable; il fallut un autre disque de Czukay, moins envoûtant mais tout aussi intéressant, Good Morning Story, en 1999, pour ré-entendre le monde fusionnel passionnant du bassiste.

À noter que la réédition remasterée sur CD Mute est exemplaire au niveau sonore.

Holger Czukay. Movies. 1979
Sur étiquette Mute.

lundi 29 octobre 2007

Le LOUDNESS WAR: un organisme à la défense de la qualité du son

... pour ceux qui ne sont pas au courant....
votre hobby (le hifi) est menacé non pas par les ponctions fiscales du gouvernement ou par le réchauffement climatique (qui pourraient rendre les tubes gênant un jour), mais bien par les COMPAGNIES DE DISQUES
Mais un organisme vient de voir le jour et se porte à la défense des artistes et des amateurs de hi-fi:
TURN IT UP, BRINGING DYNAMICS BACK TO MUSIC

Regardez le brillant petit vidéo didactif qui explique le loudness war:




Le Gala de Félix: célébration de l'immobilisme

Je suis sans doute grincheux, mais le gala des Félix m'a semblé le reflet d'une industrie qui tarde à se renouveler et qui a besoin d'un bon coup de pied au c...

Isabelle Boulay est charmante et les Aïeux infiniment sympathiques, mais malgré tout l'amour que l'on peut porter à Claude Dubois, il est symptomatique que le Félix du meilleur disque pop-rock de l'année soit allé à un disque de reprises.

Peut-être que si l'ADISQ organisait un gala pour célébrer la meilleure musique québécoise plutôt qu'une séance d'auto-congratulation entre membres, peut-être qu'il y aurait beaucoup plus d'électricité dans l'air. S'il s'était mesuré aux Rufus Wainwright, Arcade Fire, Wolf Parade, Martha Wainwright, The Dears et autres suberbes artistes anglophones de chez-nous, je crois que Daniel Bélanger se serait départi de son air blasé en allant chercher ses trophées. Et avec raison. Qu'on le veuille ou non, nos Anglos ont créé ces dernières années des oeuvres musicales dont le rayonnement dépasse nos frontières. Le monde entier sait qu'il y a un fort courant novateur à Montréal. Malheureusement, les gens de l'ADISQ ne sont pas encore au courant.