Next to silence, that which expresses the inexpressible is music.(Huxley)
Poetry and music are for those with straight connections between ears, eyes, heart, and gut. (Diane Dorr-Dorynek)
samedi 25 juillet 2009
jeudi 23 juillet 2009
Les RÉÉDITIONS les plus attendues, 1ère partie!
Mais ne boudons pas notre plaisir. Il y a là des artistes à l'oeuvre, qui, tels des conservateurs de musée enthousiastes et névrotiques, gardent vivantes la mémoire des grandes oeuvres du passé. Voici mon Top 6 (!) des rééditions les plus intéressantes à venir:
Audio Fidelity, l'étiquette audiophile spécialisée dans les rééditions "classic rock", produit peut-être les plus laides pochettes du marché, les dates de sortie sont sans cesse modifiées et le choix d'albums originaux licenciés est parfois surprenant, mais leurs ingénieurs aux remasterings, les omniprésents Steve Hoffman et Kevin Gray, ont une telle réputation que ces albums devinnent invariablement des items de collection dont les prix montent de manière stratosphérique sur e-bay, dès l'édition originale écoulée ... Pensez son analogue, naturel des timbres sonores et ce petit quelque chose que Steve Hoffman a appelé "the breath of life".
À venir, donc, chez Audio Fidelity, le 18 août:
- nouveau remasters (combien y en-t-il eu? Ça défit l'imagination!) de deux albums des Doors: l'orchestral Soft Parade et le blues-rock rugueux de Morrison Hotel. Aucun catalogue n'a été aussi exploité que celui-ci, et ce ne sont pas les deux meilleurs albums du groupe du regretté Jim Morrison, mais entendre l'orgue et les bass pedals de Ray Manzarek et la voix hantée de Morrison remasterés par Hoffman est en soi une rencontre du 3e type avec le son analogue vintage des années '60, et ce sont les deux albums des Doors qui n'ont jamais été réédités sur DCC, l'étiquette-phare de Hoffman. Hoffman, qui dit détester le révisionnisme, a pourtant accepté les remix 40e anniversaire de Touch Me et The Soft Parade.
- le premier Pretenders (1er septembre) et le Rebel Yell de Billy Idol (vous vous rappelez White Wedding?) nous permettront un retour dans le rock des années '80. Et le 4e album de Alice Cooper, Killer, est annoncé pour le 8 septembre.
- ajoutez l'excellent album de blues-rock anglais John Mayall with Eric Clapton "Blues Breakers" de 1966 (est-ce que ce sera le mix mono ou le mix stéréo?), un live de Otis Redding (Live at the Whiskey a Go-Go) sur vinyle et, pour les amateurs de country-rock, un Lynyrd Skynyrd (Second Helping), et vous avez en gros le menu AF des prochains mois.
AFZ 036 Billy Idol - Rebel Yell
AFZ 037 The Doors - Morrison Hotel
AFZ 038 The Doors - The Soft Parade
AFZ 047 Grand Funk Railroad - We're an American Band
AFZ 048 Alice Cooper - Killer
AFZ 0xx Vince Guaraldi - Greatest Hits
AFZ 0xx Lynyrd Skynyrd - Second Helping
AFZ 0xx John Mayall - Blues Breakers with Eric Clapton
AFZ 0xx The Pretenders - The Pretenders

Toujours est-il que les trois albums officiels de UK (dont le live Night After Night) ont été remasterés et seront disponibles dès le 28 juillet prochain. Et j'ai bien l'intention de redécouvrir le premier. Parce que Bill Bruford, c'est Bill Bruford!
vinyles 45-tours (Analogue Records)
mercredi 22 juillet 2009
Moins qu'un chien..
Cette photo m'impressionne...Dans l'immatérialité du monde musical, elle suggère
au contraire une force volcanique et terriblement terrestre,
une colère inextinguible...
Cette photo m'impressionne,
mais moins que le propriétaire de cette magnifique contrebasse
Charles Mingusdont l'un des chefs d'oeuvre inoubliable a 50 ans cette année
Mingus Ah Hum
remixé et remasteré par l'excellent Mark Wilder
avec en prime l'album Mingus Dynasty
dans une édition sur CD-double Legacy
Mingus,
dont la traduction française de l'autobiographie se nomme
Moins qu'un chien (Beneath The Underdog)
Nous y reviendrons.
En attendant, si vous voyez cet album:
ACHETEZ-LE
et PLONGEZ
dans un jazz opulent de colère, de couleurs
avec l'enthousiasmant Danny Richmond à la batterie.
[et évitez comme la peste l'édition Columbia Jazz Masterpieces (la bordure mauve, triste série), qui est une illustration sonore de l'utilisation style tronçonneuse de la Noise Reduction, et de la raison pour laquelle les producteurs ne doivent pas faire leur propre mastering]
mardi 21 juillet 2009
Nouveau DAVID SYLVIAN en septembre
Le 14 septembre prochain, un des artistes les plus intéressants de la sphère du Art-Rock nous donnera son nouvel album, et promet une oeuvre sans compromis aucun.
Depuis ses débuts, à peine sorti de l'adolescence, de vedette glam-rock au sein du groupe Japan, David Sylvian poursuit un parcours atypique et passionnant... Après quelques albums qui sentaient le mal-de-vivre et la sainte trilogie du rock (sexe, drogue & rock'n'roll), Sylvian, véritable éponge musicale, a fait opérer à son groupe un brusque virage à gauche en même temps que son chant se transformait de manière spectaculaire, descendant de quelques octaves, pour donner à Japan ses lettres de noblesse art-rock avec les albums Tin Drum et Gentlemen Take Polaroids.

C'est le début des années '80 et au milieu de la pléthore de disques synth-rock, Japan intègre les leçons de Bowie (époque Berlin) et Roxy Music, mais aussi de Gary Numan et de Can pour livrer des disques qui n'ont pas pris une ride depuis (au contraire de la presque totalité des groupes de l'époque). Son art est audacieux, tendu, poétique, tourmenté, rythmé, dissonant parfois, à l'image du hit anglais le plus étrange des années '80, l'inquiétant Ghosts.

Mais la vie de rock-star n'intéresse pas Sylvian qui saborde Japan et se lance dans une ambitieuse carrière solo, multipliant les collaborations avec des artistes qu'il aime et qu'il intègre dans son univers sonore qui est à chaque pas plus unique: le trompettiste "ambiant" Jon Hassell et la tête pensante de Can Holger Czukay sont de la partie sur le sombre et hypnotisant Brilliant Trees, son 1er disque; Robert Fripp et Bill Nelson gratifient des couleurs uniques de leurs guitares le double Gone To Earth (dont la moitié des pièces sont des pièces ambiantes instrumentales, à la Bowie des années Berlin);
Mais c'est sur son troisième, Secrets of the Beehive, qu'il trouve l'équilibre parfait entre tous les mondes qui l'habitent. Secrets of the Beehive est un des chefs d'oeuvre de Art-Rock des années '80, aux côtés des grands albums de Talk Talk... un modèle d'équilibre, de raffinement sonore, de recherche poétique et musicale, avec des collaborateurs prestigieux et des pièces magnifiques (écoutez-moi When Poets Dreamed of Angels...) Ryuichi Sakamoto, Mark Isham, David Torn sont de la partie. Ces deux derniers sont de la tournée qui passe par Montréal...
Et au moment où on aurait pu croire que toute tension et toute agression avaient déserté l'art de ce grand bâtisseur de sons, on apprend avec stupéfaction que Japan se reforme (ça ne durera qu'un album: Rain Tree Crow) le temps de se rendre compte que le passé ne se recrée pas si facilement; puis, encore plus percutant, Sylvian rejoint Robert Fripp, dictateur musical notoire et front man de l'art rock le plus tendu qui soit.

The First Day est le point de rencontre parfait entre la guitare tranchante de Fripp et la voix sensuelle de Sylvian, un mélange de tension, de groove percutant (avec la section rythmique du prochain King Crimson), de guitares saignantes et de compos aériennes. Jamais Fripp n'a eu droit à un tel vocaliste, ce que confirme la tournée suivante, qui résulte dans le percutant Damage. Fripp invite Sylvian à joindre le nouveau King Crimson, mais Sylvian, futé, sait que KC n'a qu'un maître. Fin d'une explosive collaboration.

La suite? Notre caméléon à la voix d'or multiplie les collaborations artistiques flyées, risquées, presque autistiques, tout en offrant de temps en temps à ses fans des albums plus ramassés, plus structurés. Alors qu'on ne l'attend plus paraît en 1999 Dead Bees on a Cake, un disque opulent, riche et dense, où apparaissent, parmi les Sakamoto, Wheeler et autres grandes pointures des disques passés, le maître du techno hindou Talvin Singh et le maître de la gravure sur six-cordes Bill Frissell.
Sylvian ne prend pas une ride. On dirait un peintre, qui cherche inlassablement de nouveaux modes d'expression, de nouvelles couleurs, de nouveaux pigments, qui les mélange avec un style qui est bien le sien, mais dont il n'hésite pas à détruire de temps en temps les signes reconnaissables, comme s'il avait peur d'être piégé par une formule. Un artiste exigeant pour ses fans!

Sylvian déménage tout près d'ici (Vermont), semble prendre une optique de plus en plus spirituelle (et ça, ça nous fait craindre le pire, avouons-le). Il divorce de l'industrie après d'opulentes compilations (Everything and Nothing pour les oeuvres vocales, Camphor pour les oeuvres instrumentales, avec remix, inédits, des mondes immenses à découvrir, redécouvrir). Nouveau groupe: Nine Horses, tout à fait dans la lignée de son travail solo, puis un disque exigeant, déconstruit, angoissant, Blemish, qui témoigne d'un divorce douloureux. Incapable de rendre son angoisse comestible, il demande à des remixers de s'en charger, ce qui donnera The Good Son vs The Only Daughter, The Blemish Remixes, que je n'ai pas eu le plaisir d'entendre encore...
Prochain chapitre donc: 14 septembre prochain avec Manafon. Deux éditions (c'est la mode), un CD en digipack, et un volume CD/DVD présentant un film, Amplified Gesture (on sait que Sylvian est aussi un artiste visuel qui a présenté des expositions de magnifiques Polaroids noir et blanc). On nous annonce une musique sans compromis, et la liste des invités, parmi lesquels le saxophoniste free Evan Parker, suggère un univers déconstruit et pas nécessairement facile d'approche. Aux oreilles aventurières, nous donnons rendez-vous!
Décès de J. Gordon Holt
Il m'avait inspiré une entrée de blogue récemment. Vous pouvez la trouver ici.
mardi 14 juillet 2009
PIXIES et BOWIE
dimanche 12 juillet 2009
Les pochettes de BLUE NOTE RECORDS
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| De Fichiers transférés |
Ça donne envie de les entendre...
L'art de la pochette perd un grand nom: TOM WILKES
mercredi 8 juillet 2009
Beatles remasterés = retraite de Dr Ebbett!

Ben dis donc... s'il y avait des suspicieux de la qualité des remasters des Beatles, à paraître le 9 septembre, voici une petite nouvelle qui secoue le monde des Beatles-maniaques et des bootleggers. Le fameux Dr Ebbett, qui s'ess fait une niche dans le monde des audiophiles, en rendant disponible des needledrops très prisés des vinyles des Beatles, permettant entre autres d'entendre les Beatles en mono dans des transferts numériques de grande qualité (bien qu'un peu "bright" à mon goût), a officiellement annoncé sa retraite après avoir entendu des extraits des remasters.
La mission principale du Dr Ebbett Sound System serait maintenant obsolète.
Eh oui, les remasters seraient bons à ce point!
Excellente nouvelle pour l'industrie du disque! Car enfin, n'est-ce pas incroyablement ironique qu'un faussaire ait proposé pendant 15 ans une copie de l'original... meilleure que l'original?
Une copie de la lettre de démission... avec en gras un commentaire de poids...
Dear friends,
I sincerely hope all is well with you and yours.
Indeed, this is an unexpected mass-mailer. Please forgive the unsolicited rambles that follow.
To start, there are many of you who have outstanding orders with me at this time. Some of you have been waiting for a while, and I wish to apologize for that. Please don't worry. Each and every one of these outstanding orders will be tended to this week. You have my word.
I appreciate your patience and understanding.
Second, there has been considerable buzz surrounding the new Beatles remasters, due for release in September. There should be. We have all been waiting for this day, and it is about to arrive - finally! Thanks to a long-time supporter and friend to this project, I have had the opportunity to hear genuine samples of the new remasters due out in two months.
They are good.
Very good.
Those of you who will be buying them - and those of you who have already preordered - will not be disappointed.
In fact, I will venture to guess than many of you will be more than pleasantly surprised at how good they sound.
And with what promises to be outstanding packaging all around, it will be a collector's nirvana.
From the outset of the Dr. Ebbetts Sound Systems project, I swore that once EMI did the right thing and released remasters to be proud of, I would not continue doing what I was doing. After all, the only reason I did this was because Apple/EM /Capitol would not - and because I so very much love the Beatles.
While my love for the band has not changed, everything else has.
EMI/Capitol began their release of the American LPs on compact disc a few years ago, and now EMI has tackled the British catalogue in fullest detail.
It's what we all wanted. As Beatles fans, it's what we've prayed for.
To that end - and with the heaviest of hearts - effective immediately, Dr. Ebbetts Sound Systems will cease operations.
Many of you will recall that the entire purpose of the Dr. Ebbetts project was to make available to the public the best sounding versions of the Beatles' original LP releases - with emphasis on the American and British catalogues. Believe me, it wasn't a hard thing to do considering the substandard quality of the original CD catalogue from 1987 onward.
The fact of the matter is, the Dr. Ebbetts material does not - and will not - sound better than what is coming commercially in September. People I trust agree with me. The remasters sound remarkably well balanced, with solid, punchy bass, smooth mids and not-to-harsh, yet crisp highs. In comparison, many of the Ebbetts masters fall short - weaker bass, dimished mids, and often too-bright highs.
It's a given that the remasters will not please everyone, but they will be good enough to make the Ebbetts catalogue solidly inferior.
The artwork and packaging of the EMI material will prove to make current Dr. Ebbetts releases look like Xerox machine fodder.
It pains me, seeing as I have invested so much time in this thing, but I humbly and officially put this nearly-fourteen year project to bed.
I have outlived my usefulness in this hobby.
I know there are many who will ask why I just don't continue releasing titles that are NOT being put out by Apple/EMI - foreign releases, rare pressings, etc..
My reasons are complicated, but they are what they are. In short, if the Dr. Ebbetts BLUE BOX set is not the definitive sounding version of the original UK stereo LPs, then why issue them at all?
Many will remember the original BEAT CDs of the 1990s that presented the Beatles US LPs sourced from cassettes. I surely do. They became immediately obsolete with the advent of Dr. Ebbetts. No one bought those BEAT CDs anymore when I came along. Why would they? At the time, my material was far superior.
The Ebbetts BLUE BOX series was only issued because Apple/EMI's versions were substantially inferior to anything I - or any number of needledroppers - were putting out. The Ebbetts BLUE BOX set is at THE HEART of the Dr. Ebbetts Sound Systems collection, in my estimation. If that set is now inferior to the commercial release, then it has no business existing. Suffice to say, I would not release the BLUE BOX set today if new remasters were already commercially available.
I would have no need.
And if my CORE SET is inferior, I don't wish to have the rest of the catalogue branded as such either.
Therefore, it is time to put it all on the shelf.
I am requesting that all of you who have LPs with me contact me as soon as possible and let me know which ones are yours so that I might send them back to you. I promise I will get those to you in short order.
So that your return LP requests will not be lost in what promises to be a hectic e-mail shuffle, please put "MY LPs" somewhere in the subject line.
Your generosity, kindness and willingness to share your treasured possessions with me is something I shall never forget.
To each and every one of you who has supported me and befriended me throughout the years, I wish to extend my deepest gratitude. Your loyalty has moved me beyond words. This entire project began as a fanciful hobby many years ago and has mushroomed into something far beyond anything I could have imagined.
From every corner of the entire world, I have been blessed to meet some of the best Beatle people out there. I will never forget you.
But now it is time to make way for the "big boys."
Please be sure to secure your copies of the remasters. I guarantee they will replace your Dr. Ebbetts CDs in your rotations and playlists - as they should. Display them proudly and let people know who the greatest band of all time is.
Remember, quoting my project motto from all those years ago, it is ONLY about the music.
That is why I do what I do today.
Now go put your hard-earned money to good use!
God Bless.
Drew
vendredi 26 juin 2009
Émouvant témoignage de Lisa Mary Presley

Très émouvant témoignage de Lisa Mary Presley sur sa page MySpace...
The person I failed to help is being transferred right now to the LA County Coroners office for his Autopsy.
All of my indifference and detachment that I worked so hard to achieve over the years has just gone into the bowels of hell and right now I am gutted.
I am going to say now what I have never said before because I want the truth out there for once.
Our relationship was not "a sham" as is being reported in the press. It was an unusual relationship yes, where two unusual people who did not live or know a "Normal life" found a connection, perhaps with some suspect timing on his part. Nonetheless, I do believe he loved me as much as he could love anyone and I loved him very much.
I wanted to "save him" I wanted to save him from the inevitable which is what has just happened.
His family and his loved ones also wanted to save him from this as well but didn't know how and this was 14 years ago. We all worried that this would be the outcome then.
At that time, In trying to save him, I almost lost myself.
He was an incredibly dynamic force and power that was not to be underestimated.
When he used it for something good, It was the best and when he used it for something bad, It was really, REALLY bad.
Mediocrity was not a concept that would even for a second enter Michael Jackson's being or actions.
jeudi 25 juin 2009
Même Pete Townshend ! (RIP 'Michael Jackson)
La mort de Michale Jackson, quelques semaines après avoir annulé son grand retour sur scène (50 spectacles à Londres!), a quelque chose d'infiniment triste. Il fut une époque, pas si lointaine, où Michael Jackson est devenue l'ultime vedette pop, mariant deux grandes cultures musicales (la noire, la blanche); j'irais même jusqu'à dire qu'avec Thriller, le plus grand succès discographique de tous les temps, Michael Jackson a pavé la voie à un monde où le Président américain peut porter fièrement les deux cultures et susciter l'admiration de deux mondes qui jusqu'à tout récemment restaient largement opposés. Difficile de détester une race dont on adore la musique! Avec Off The Wall et Thriller, Michael Jackson et son complice Quincy Jones ont pratiqué l'ouverture de l'esprit.
Si omniprésent était Michael Jackson au tournant des années '80 que même un des "parrains" du punk, Pete Townshend, l'adorait... De rapporter Emma, l'aînée du leader des Who:
"Another time, he came back from Tower Records with 11 boxes of records. In the boxes, there were no less than three copies of "Off the Wall", Michael Jackson's first solo album. Exactly why did you buy three, I asked him? "Well, it was so good! I just kept thinking I had to be sure to pick up a copy, and I was in a rush, I couldn't remember what I had already got, but I thought, well if I get more than one, I can give it to people as a gift."Une vraie victime du show-biz, coincé par un talent trop immense, et qui, pour enrichir sa famille, aura ultimement vécu une vie de malheurs.
mercredi 17 juin 2009
Naissance accidentelle d'un hit: TAKE FIVE de Dave Bruceck

Lu ce matin sur Internet
Maybe this quote from Paul Desmond is new to some: "At the time I really thought it was a kind of a throwaway," Desmond later reflected. "I was ready to trade the entire rights, lifetime-wise of Take Five for a used Ronson electric razor. And the thing that makes Take Five work is the bridge, which we almost didn't use. We really came within...I shudder to think how close we came to not using that, because I said 'Well, I got this theme that we could use for a middle part.' And Dave said 'Well, let's run through it." And that bridge is what made Take Five."
lundi 15 juin 2009
Steve Hoffman bashe Rudy Van Gelder!

Ah, le son de Rudy!
C'est une vieille citation, et Steve Hoffman avoue regretter beaucoup l'avoir dit. Mais devant les posts d'approbation qu'il a reçus en retour, on comprend qu'il dit simplement ce que beaucoup d'ingénieurs de son pensent tout bas.
Au milieu d'une dure semaine de mastering d'enregistrements de Rudy van Gelder, une explosion de frustration:
"The Rudy Van Gelder sound recipe? That's easy. Take three or four expensive German mics with a blistering top end boost, put them real close to the instruments, add some extra distortion from a cheap overloading mic preamp through an Army surplus radio console, put some crappy plate reverb on it, and record. Then, immediately (and for no good reason), redub the master onto a Magnatone tape deck at +6, compressing the crap out of it while adding 5 db at 5000 cycles to everything. That's the Van Gelder Sound to me".Et pourtant... combien de disques immortels! Rudy qui privilégiait d'abord et avant tout le confort de ses musiciens. Comme quoi le son et la musique ne font pas toujours bon ménage.
dimanche 14 juin 2009
1959 Apex Jazz 1ère partie. Brubeck, Miles et Mingus à leurs sommets!

1959, apex du jazz... Ah oui, mais merde j'étais pas né. Heureusement, il y a les rééditions! Heureusement, les disques existent, et cette musique tour à tour mélanco, sombre, euphorique, joyeuse, ludique, et battante peut encore résonner dans notre époque qui en a bien besoin. Écouter du vieux jazz et après écouter, je sais pas moi, n'importe quelle merde boostée aux stéroïdes comme en vomit l'industrie à la pelletée, anxieuse de voir sa merde se changer en or, c'est comme voir une bande de vendeurs du temple envahir le Temple en hurlant JE SUIS À VENDRE! Bon, on se calme.
1959, donc. Le jazz était encore à l'époque une musique populaire. Lire: le free-jazz n'allait pas tout brûler sur son passage, laissant un paysage dévasté, émouvant et beau, mais aussi un peu déprimant et déserté. Cette année-là, 1959, le jazz est à la fois une grande musique savante et une grande musique populaire et trois albums définitifs, tous sous étiquette Columbia, demeurent les fondements de toute discothèque de jazz, aussi rudimentaire soit-elle: Ah Hum de Charles Mingus, Kind of Blue de Miles Davis et bien sûr, le joyeux, ludique, subtil Time Out de Dave Brubeck.
Et, joie ultime, Sony (qui possède le catalogue) lance sur le marché de copieuses rééditions: les 50th Anniversary Legacy Editions.Bon, Kind of Blue, vous connaissez bien sûr, parce que c'est le premier disque de jazz que vous avez écouté, on en est tous là... Ah Hum, j'y reviendrai, c'est déjà plus viril, les années '60 pointent le bout de leur nez, revendicatrice, et Charles Mingus, contrebassiste qui écrira une autobio intitulée Comme un chien enragé sait marier politique et musique...

Mais le thème inusable, omniprésent de l'année 1959 demeure bien sûr Time Out de Dave Brubeck, entendu dans dix mille compilations et joué dans tous cafés du monde, tellement qu'il est bien possible que vous ayez rangé ça dans le département musique de matante. Il y a dans ce petit morceau tellement de grâce mélodique et de ludisme rythmique qu'on a l'impression d'entendre la bande-son super-futée d'un cartoon. Au milieu de l'époque hard-bop et cool jazz, Take Five fait tache... Radicalement différent du balancement incessant et bluesy du jazz en 4/4, des déclamations viriles des Sonny Rollins et John Coltrane et du blues intense de Miles, il y a ce petit bijou de disque où un pianiste blanc s'amuse à défaire les patterns rythmiques et dialogue sans cesse avec son batteur, ne laissant à l'alto de Paul Desmonds que des apparitions hyper-colorées et caractéristiques, des petits morceaux de bravoure de coyote tombant pour la millième mois de sa falaise, poussé par les accords plaqués du piano de Brubeck.
Que voulez-vous, ce disque est joyeux et ne cache pas sa joie. Blue Rondo a la Turk, Kathy's Waltz, on cache mal son sourire, on a l'impression que Peter Sellers devait écouter ça le matin avant d'aller travailler sur le plateau de la Panthère rose; j'ai l'impression que Brubeck est plus près de Ellington que de Charlie Parker dans son vocabulaire musical, mais ne me citez pas, c'est peut-être une connerie.
Tout à fait surprenant d'entendre ce disque après des doses sévères récentes d'enregistrement de l'omniprésent Rudy van Gelder (qui sévissait partout ailleurs à l'époque, et surtout chez Blue Note): la production de Teo Macero (futur producteur de Miles) , enregistrée par Fred Plaut et Robert Waller, se distingue radicalement des Blue Note, Riverside et autres: enfin un piano qui a du volume et du poids, et ça valait mieux, parce que c'est l'orchestre d'un pianiste quand même, et il ne se contente pas d'être un soutien rythmique. Curieux, quand même, cet écho sur l'alto de Paul Desmonds, et même sur la batterie, qui se disputent le canal gauche. Très très différent de Rudy, qui a le don d'exciter les cuivres, et au son duquel on devient vite accro...
Les remasters de Time Out sont presque innombrables! Un seul serait absolument à éviter: le Columbia Jazz Masterpiece (une série très impopulaire, avec une bordure mauve)...Enregistré sur 3-pistes, Time Out existe en mono (fouillez les bacs usagés de vinyles), en stéréo (recréée à partir du 3-pistes) et en 3-canaux sur un SACD hybride. La version stéréo est contenue dans les bandes originales 3-pistes. Elle fut modifiée (compression & écho) dans un mixdown 2-pistes subséquents. Mais les remasters courants, de l'excellent Mark Wilder, délaissent le 2-pistes d'époque et partent tous du 3-pistes. Alors que le Gold CD SuperBitMap (que j'écoute en ce moment) a été mixé/masteré avec un équipement transistor, Wilder a utilisé de l'équipement à tubes dans les versions plus récentes (Legacy, SACD).
Et qu'en est-il de la 50th Anniversary Legacy Edition? Elle est complétée d'une prestation "live" du Dave Brubeck Quartet au Festival de Newport et d'un DVD docu... manière de plonger dans le genèse d'un des chefs d'oeuvre de cette année pas comme les autres.
Ça vaut le coup? Voici ce qu'en dit le site All About Jazz:
The crown jewel of this edition, however, has to be the bonus disc featuring the same quartet from Time Out in various performances at the Newport Jazz Festival in 1961, '63 and '64. It's hard to describe the thrill of listening to this classic ensemble playing at its very best and to audiences whose enthusiasm equals that of the performers on stage. Highlights include the haunting, noir-ish "Koto Song," as well as Brubeck's magnificent solo work on "Pennies From Heaven."
Bonne écoute!
... de la part de Chris, sur le forum Stevehoffman.tv:
Here, here. With all the hype and exposure, it's probably a bit of a victim of its own success as the saying goes, making it easy to overlook what a delightful album it is. Brilliant concept for an album, execution well up to the task. Such melodic work, immesurably important to its success, that belies - to some - the nuts and bolts of the central theme of working with the time. It's also done so much more than its share for winning ears to give jazz a further listen.
Trivia
Teo Macero, futur architecte du très complexe travail d'édition de Bitches Brew a le rasoir agile... On entend nettement un travail d'édition, à 1:51 de Take Five.
mardi 2 juin 2009
Caféine dans le sang, JACKIE McLEAN et GENESIS sur la sono

Parfois, la musique nous met en accord avec le monde et nous apaise. La musique nous met en contact avec la beauté, l'apesanteur, la poésie et même parfois, pourquoi pas, notre âme.
Mais, comme le disait mon ami Didier à mon amie Francine, il y a très longtemps, la musique est aussi tension, énergie, rage, fantasme.
Ce soir, je filais comme si j'avais le sang gonflé de caféine et je voulais de ma musique un état de tension agressive. Pas la violence du hard-rock, du speed metal ou du punk. Mais une sorte d'éclair intellectuel et moral. Je ne voulais pas de douceur; plutôt un coup de cymbale sur la gueule.
Mais je dois penser aux autres membre de la gente humaine dans la pièce. Alors j'ai commencé raisonnablement. Du hard-bop Blue Note, mais du solide. J'ai commencé avec Jackie McLean.
Ah, le hard-bop! Avant le chaos du free jazz, mais solidement sur les rails d'une expressivité tapageuse, le hard-bop est un dernier moment de réunion du jazz avec un large public, avant que Ornette Coleman et John Coltrane poussent le genre dans ses retranchements. En 1959, Jackie McLean, un jeune alto, pousse l'expressivité de son instrument dans des zones qui ne sont pas sans rappeler le jeune Coltrane. Les connaisseurs reconnaissent McLean en deux notes, disent-ils. Il a un son tranchant, perçant presque. Il n'a pas gardé le son sinueux de son illustre prédécesseur Charlie Parker. Les temps changent. La musique devient un cri. McLean cadre bien.
Alors imaginez ça: le trompettiste Donald Byrd (expressionniste, très loin du feutre de Miles Davis ou même du son soul de Freddie Hubbard) sur le canal gauche, et ce jeune alto super-émotif sur la droite. Rudy van Gelder (qui d'autre) à la console, lui qui aime "réveiller" le son des cuivres, les rendre encore plus vifs et durs que dans la nature... la section rythmique est celle de Kind of Blue: Paul Chambers et Philly Joe Jones. Au piano, Sonny Clarke, bon, bof, on sait que le son du piano est immanquablement en retrait, presque éteint, avec Rudy. Tant pis: toute la place aux cuivres. Ça vous gicle la douleur et la force humaines. Vous en avez pour trois pièces dans cette formation, du hard bop d'excellente tenue.
Puis, soudain, changement de session et d'ensemble: pour les trois pièces suivantes s'ajoute un ténor, Tina Brooks, on remplace Byrd par Blue Mitchell et Joe Jones par Art Taylor. Et soudain, ça joue avec encore plus de force, d'originalité, de style. Sérieusement, quand j'ai mis ça en musique de fond la première fois, j'ai littéralement suspendu tout travail pour les écouter. 'Pouvait pas m'empêcher. Surtout Isle of Java. La musique devient puissamment évocatrice, ça m'a fait penser à Chet Baker et Gerry Mulligan qui faisaient des pièces comme ça, qui dévalent à toute vapeur sur des mélodies glissantes, et qui vous donnent envie de pousser à fond une voiture sur des routes perdues au crépuscule. La musique a le don de me faire dire des choses idiotes... Et pourtant, voyez, je viens de le remettre, et mon pied se met à battre et ma tête à imaginer des choses comme la liberté totale et toute la vie devant soi. Oui, c'est vif à ce point.
Maintenant, laissez-moi vous parler un moment du son. Ce disque fait partie des rééditions en 45-tours de Blue Note, masterés par Kevin Gray et Steve Hoffman. Ce que j'écoute est un needledrop du vinyle, autrement dit un transfert digital qui joue dans un Oppo; autrement dit, quelques crans de fidélité en-dessous de l'original. Ça torche tellement que c'en est ridicule. Je sais, je sais, c'est ridiculement cher aussi. 50US$ pour moins de 40 minutes de musique. Mais si vous en avez les moyens... n'attendez pas qu'il n'en reste plus et qu'ils coûtent 125$ sur e-bay.
Et pour les autres, nous aurons notre consolation car bientôt, le même titre sortira en SACD, des mêmes mains expertes, avec en prime trois titres supplémentaires de la seconde session, celle avec Tina Brooke, et paraît que ces trois "bonus" (rassemblés jadis sur un autre LP) vont compléter notre bonheur.

Vous ne me voudriez pas comme DJ. Parce que rien n'est plus contraire à l'art du DJ que la transition que j'ai faite après vers un album mythique, boursouflé, un peu raté, fascinant et énigmatique: The Lamb Lies Down On Broadway de Genesis.
Nous sommes en 1974 et le rock commence à gonfler comme une grenouille qui aurait fumé trop de ganja. C'est l'ère des albums-doubles complaisants. Dylan, les Beatles, Jimi Hendrix et les Who avaient prouvé que c'était possible, maintenant plus rien n'arrête la loghorrée: Led Zeppelin, les Rolling Stones, Yes, Elton John, les Who encore; on ne se peut plus. C'est aussi l'ère des opéras-rock, concept vaseux s'il en est un, où les rockers se prennent soudain pour de grands compositeurs, capables de soutenir de larges développements dramatiques... Ouf, tout ça n'a pas nécessairement bien vieilli, mais ça demeure des moments fascinants.
Et voilà que le groupe le plus gracieux du rock progressif britannique va s'y frotter. Mais attention: plus qu'aucun autre de ses confrères, Peter Gabriel sait et sent que le rock progressif fonce vers un mur qui se nomme insignifiance; et Gabriel est tout sauf un artiste insignifiant. Pour continuer à faire évoluer le quintette, il va leur faire prendre un stupéfiant bain de modernité; il réclame (arrache plutôt) le monopole sur les textes du prochain disque et invente l'histoire d'un jeune punk new-yorkais, Rael, sorte d'émule échappé d'Orange mécanique assoiffé de violence et de sexe. Les grandes envolée instrumentales du groupe sont réduites à leur plus simple expression: les pièces sont courtes et ramassées. Le son si poli du groupe devient sec, grinçant; la voix de Gabriel elle-même subit un traitement sonore qui la rend particulièrement agressive et sèche, l'Enossification (Brian Eno, dont l'influence est en train d'immerger l'ensemble du art-rock anglais). À l'image de la pochette, radicalement différente des précédentes, le groupe passe des prairies anglaises et des mythes et légendes colorées au bitume et au noir et blanc. Fascinant.
Le double-disque grince, agresse, crie, fonce à tombeau ouvert; les accalmies (Carpet Crawlers, Anyway, The Lamia) deviennent de vraies bouffées d'oxygène dans ce monde conscrit. La sauce ne prend pas toujours. Certains passages révèlent un véritable inconfort. A-t-on jamais entendu Steve Hackett sonner aussi peu à son aise que dans son solo du par ailleurs excellent The Lamia? Lorsque le groupe se lance dans l'instrumental déconstruit (le fascinant The Waiting Room), on comprend qu'ils ne menaceront pas de sitôt Pink Floyd: on est loin d'Echoes! Tony Banks semble parfois chercher son équilibre et est souvent platement narratif. Gabriel cherche un son qu'il trouvera plus tard avec Fripp dans Peter Gabriel II, comme sur The Chamber of 32 Doors.
Et puis tout à coup, les éléments tombent en place, les colorations de Hackett et de Banks s'accordent au narratif (Fly on a Windshield, In The Cage, Hariless Heart, Carpet Crawlers, The Light Dies Down On Broadway). On tient quelque chose! Sans oublier le chef d'oeuvre de ce disque, un morceau qui le résume parfaitement et qui doit son punch au flair pop de Mike Rutherford qui l'a composé: Back in NYC.
Probable qu'aucun disque de Genesis n'a un son aussi peu plaisant. Mais pour le groupe, et Gabriel en particulier, c'était un statement important. On pourra toujours rêver de ce que Jodorowky aurait fait en film de ce délire urbain, projet malheureusement oublié!
Dans les mois qui suivront, le gouffre entre Gabriel et ses partenaires ne cessera de se creuser. Le groupe ne se couvrira pas d'honneur en reprochant à Gabriel, nouveau père, de se préoccuper trop de sa petite fille gravement malade. Genesis, endetté et à bout de souffle, se scinde. Le divorce permettra à Genesis d'opérer une retraite ordonnée vers ses acquis passés; il permettra aussi à l'archange Gabriel d'explorer des univers infiniment plus féconds que ceux du progressif symphonique qui, déjà, se mord la queue. Fripp et lui auront donné à la fin de la décennie une poussée décisive vers un rock plus moderne. Ils échapperont à l'insignifiance qui les guettait.
Alors, peut-être que The Lamb Lies Down (que personnellement j'abandonne toujours avant la fin) a quelque chose d'un peu croche et raté. Peut-être qu'il a sur les nerfs l'effet d'un café filtre un peu trop bouilli. Mais il a amorcé pour Gabriel un cycle fécond. Et il aura cassé le moule.
mardi 26 mai 2009
Quebecor, l'ADSIQ et l'Internet
D'une main, l'empire Québécor, qui possède quelques-une des plus grosses machines commerciales de l'industrie québécoise (Musicor, Sélect et Archambault) fait un majeur à l'ADISQ et claque la porte, arguant entre autres que l'ADISQ ne s'est pas mis au diapason de l'Internet et que ses mesure protectionnistes ne sont pas en phase avec leur époque.
Et de l'autre, l'Empire Québécor vend aux consommateurs québécois de l'Internet haute-vitesse; et quiconque a déjà eu affaire avec eux sait bien que leurs "représentants" n'hésitent jamais à vous vanter la vitesse de téléchargements des fichiers musicaux, auxquels l'ADISQ, bien sûr, s'oppose du mieux qu'elle peut (c'est à dire très peu).
On vit une époque formidable! Les empires ne peuvent plus s'écrouler; vous leur coupez une tête et il en repousse une autre. Sony créant des protections pour ses CD d'un côté; vendeurs des baladeurs MP3 de l'autre.
Ceci dit, reconnaissons à l'inquiétant Pierre Marchand de brasser la cage à un bon moment. Quand on lit que l'ADISQ songe à militer pour imposer des quotas francophones sur Internet, on se dit que ces gens vivent dans une bulle et qu'il faudra bien qu'elle crève à un moment donné. Sinon, c'est toute l'industrie qui va y passer!
À quand la licence globale qui sauvera les créateurs et l'industrie dans son ensemble et qui obligera les Vidéotron et autres Bell de ce monde à partager le butin de l'Internet?
mercredi 20 mai 2009
Le palmarès musical de Cameron Crowe

J'aurais voulu être Cameron Crowe. Sans farces. Je dis pas ce genre de choses à légère (d'un coup que ce genre de miracle peut arriver!)
Cameron Crow, c'est ce jeune homme qui, dans les années '70, a eu l'audace d'envoyer un texte au magazine Rolling Stones (la Bible du rock à l'époque, ça a bien changé) et qui a été contacté pour devenir un de leurs journalistes. Il n'était qu'un teenager! (Cette histoire, il l'a d'ailleurs raconté dans son film Almost Famous).
Devenu un des journalistes les plus en vue du grand magazine, Crowe a fait une transition vers le cinéma, transition magnifiquement réussie qu'il a amorcé avec l'excellent Singles (sis à Seatlle, en pleine période grunge). Devaient suivre Jerry Maguire, Almost Famous, voyez le genre. Le gars est tellement farci de talents que c'en est ridicule.
Il a même marié Nancy Wilson. Oui, oui, la blonde du groupe Heart.
Je dirais pas non à être Cameron Crowe!
Bon, mais la nouvelle, c'est pas mes fantasmes. c'est plutôt que, réunissant ses deux grandes passions (cinéma et musique), Crowe vient de dévoiler les dix moments où les deux se sont mariés de la manière la plus parfaite qui soit.
J'adore les listes, et celle-là, elle est formidable. Voyez plutôt.
10. Where Is My Mind par The Pixies - Fight Club (1999)
9. Cucurrucucu Paloma par Tomas Mendez - Parle avec elle (2002)
8. Edge Of Reality par Elvis Presley - Live A Little, Love A Little (1968)
7. Everybody’s Talking par Harry Nilsson - Midnight Cowboy (1969)
6. Jump Into The Fire par Harry Nilsson - GoodFellas (1990)
5. Tubular Bells par Mike Oldfield - The Exorcist (1973)
4. Going Home : Theme Of The Local Hero par Mark Knopfler / Hoppipola par Sigur Rós - Local Hero (1983) / Heima (2007)
3. Falling Slowly par Glen Hansard et Marketa Irglova - Once (2006)
2. She Smiled Sweetly / Ruby Tuesday par les Rolling Stones - The Royal Tenenbaums (2002)
J'ai mis en gras ceux que je connais et que j'aime vraiment beaucoup. Et j'ajouterais: les Poissons de Saint-Saëns, utilisé à satiété dans Days of Heaven (et en ouverture de tous les films à Cannes) et Georgia On My Mind de Ray Charles et la Symphonie du Nouveau Monde, les deux dans l'excellent et méconnu Four Friends de Arthur Penn (l'oncle de Sean).
Quant à Nancy Wilson, pour ceux qui la connaissent pas: la blonde à gauche. Crazy On You!
Street Fighting Man des Rolling Stones: acoustique, lo-fi et fier de l'être!

La culture rock est truffée d'anecdotes. Il y a même des facultés universitaires qui donnent à ce vaste monde ses lettres de noblesses en bâtissant des programmes autour de ce thème. Mais je ne connais rien de plus réjouissant, à ce propos, que de lancer un fil de discussion sur le forum SteveHoffman.tv, une joyeuse et immense tribu de maniaques de musique de partout à travers le monde qui partagent leur "mélomanie" avec un enthousiasme débridé et dangereusement proche de l'autisme.
Anecdote: écoutant Beggar's Banquet des Stones et savourant sa splendeur sonore (comme je vous l'ai asséné sur mon entrée de blogue précédente), je tiquai néanmoins sur Street Fighting Man, en plein mileu de l'album, un des trois grands hits des Stones cette année-là. Street Fighting Man est tellement lo-fi ! En même temps, cette guitare acoustique agressive et distorsionnée à droite, ce son du bass drum plein et rond à gauche, cette double (triple?) piste des voix hyper-compressée, le piano, la sitar et un instrument qui fait comme une corne de brume agressante par-dessus tout le magma en coda, c'est tellement un single rock dans toute sa verve, son côté rageur, son côté coup-de-poing. Street Fighting Man est le premier morceau produit par Jimmy Miller pour les Stones; pourquoi ce son si lo-fi?
Je reviens donc à Stevehoffman.tv. Une fois lancée, le fil de discussion "Street Fighting Man" a généré une trentaine de réponses, toutes intéressantes, et 840 visionnements en un peu plus de 24 heures!! Imaginez ça! Assemblée de cinglés éduquant leur petit dernier... Digression sur le rôle réel de Brian Jones dans ce qui fut son dernier album. Sur le son de batterie dans Parachute Woman. Sur les parties de guitare enlevantes de Keith Richards sur Stray Cat Blues. Et dans le lot, la réponse: pourquoi Street Fighting Man sonne aussi mal... et aussi bien en même temps...
Street Fighting Man was all acoustics. There's no electric guitar parts in it. (Even the high-end lead part was through) a cassette player with no limiter. Just distortion. Just two acoustics, played right into the mike, and hit very hard. There's a sitar in the back, too. That would give the effect of the high notes on the guitar. And Charlie was playing his little 1930s drummer's practice kit. It was all sort of built into a little attaché case, so some drummer who was going to his gig on the train could open it up - with two little things about the size of small tambourines without the bells on them, and the skin was stretched over that. And he set up this little cymbal, and this little hi-hat would unfold. Charlie sat right in front of the microphone with it. I mean, this drum sound is massive. When you're recording, the size of things has got nothing to do with it. It's how you record them. Everything there was totally acoustic. The only electric instrument on there is the bass guitar, which I overdubbed afterwards.Ah les années '60: formidables! Imaginez les Stones enregistrant sur un petit cassette deck aujourd'hui. Not a chance!-Keith Richards, 1977
Au fait, pour les amateurs de mono, sachez que Beggar's Banquet en mono est un "fold-down" de la version stéréo, exceptée deux pièces, qui ont leur propre mixage mono, et ce sont évidemment les deux singles: Sympathy for the Devil et Street Fighting Man. Ces deux versions n'existent pas en CD... mais... Mais vous trouverez un mixage mono alternatif de Street Fighting Man, qui fut pour un temps très court la version single US, sur le triple SACD Singles Collection, que j'écoute ne ce moment... et qui donne à la version stéréo des allures de disque de démonstration hifi, c'est tout dire. Presque pas écoutable... Mais quel single!













