jeudi 27 août 2009

BEATLES - les 1ères critiques apparaissent!

Ça y est! 
Certains chanceux ont déjà les coffrets des remasterings des Beatles entre les mains.

Et une première critique, de ToneAudio, s'avère fortement positive. Un extrait:
For the majority of listeners, however, any temptation to spend hundreds of dollars on rare vinyl pressings should erode as they become acclimated to what often resembles hearing familiar records for the very first time. Such are the near-miraculous improvements in the key areas of information retrieval, hidden details, palpable physicality, expanded midrange, transient presence, and frequency response. (...)
What does matter, of course, is the sound. And it’s largely excellent, improving in accordance with time, parallel to advances in recording technology and the band’s groundbreaking studio techniques. As previously mentioned, every Beatles album through The White Album was mixed with the purpose of being heard in mono. (...)
Without diminishing the value and impact of the stereo editions, which blow away their 1987 digital predecessors in every imaginable facet, the mono discs are where it’s at for experiencing the Beatles in the most “authentic” manner. (Officially, no compression or de-noising was used on the mono mixes; a sum total of less than five minutes of de-noising graces the stereo editions.) Specifically, the group’s early records tend to sound unnatural in stereo, as the hard panning seems forced and artificial—which, in actuality, it is. In mono, the Beatles’ music thrives from ultra-dynamic front-to-back layering that, intentionally or not, often gives the impression of a stereo mix. The changes wrought by the remasters are dramatic.(...)
it sounds so good, it’s almost difficult to believe this is the Beatles, which, unless one had unlimited funds for collectable LPs, have never sounded great. Depending on one’s perspective, such a conclusion is the ultimate sign that the folks at Capitol and Abbey Road Studios not only succeeded but surpassed most expectations. For if the Beatles remasters signify the last great hurrah of the compact disc, at least the format is going out in style.
Bob Gendron, ToneAudio
 For if the Beatles remasters signify the last great hurrah of the compact disc, at least the format is going out in style. J'adore!


Un post particulièrement intéressant d'un membre de l'équipe des ingénieurs qui ont eu la périlleuse tâche de préparer les éditions définitives des Beatles sur CD: cliquer ici.

Remasterings - la liste des rééditions les plus attendues... revisitée #5

  
Bon, pour la 5e réédition la plus attendue, vraiment, il y avait mieux à trouver au calendrier que la réédition des trois albums de UK.. De toute façon, en tant qu'ancêtre génétique de Asia, UK ne devrait jamais être mentionné dans cette chronique. Laissons Claude Rajotte expédier John Wetton au cimetière des CDs et tournons-nous vers une réédition autrement plus attendue, excitante et indispensable: les grands-papas du techno, les parrains de la période berline de Bowie, j'ai nommé le vénérable ensemble KRAFTWERK.

Vous ne connaissez pas Kratwerk? Mais oui, vous les connaissez, parce que vous les entendez dans leur héritage immense. Leur ADN musical est littéralement partout dans le monde électro. Et on ne saurait mieux les résumer que leur propre communiqué de presse, alors citons-le:

Electro Pioneers, living legends and globally revered masters of electronic sound, celebrate the 35th anniversary of their landmark 1974 hit ‘Autobahn’ by releasing digitally remastered versions of eight astounding albums on 5th October 2009. Rolling back musical barriers with every forward-thinking phase of their career, Dusseldorf's Zen masters of electronic minimalism laid the foundations for four decades of computerised pop and dance music. By chain reaction and mutation, they have influenced generations of artists in all genres, mapping musical futures yet to come. From Bowie to Daft Punk, Aphex Twin to Portishead, Dr Dre to LCD Soundsystem, and almost everyone in between, the mark of Kraftwerk is endless, endless.

In 2009 Kraftwerk have upgraded their Kling Klang masters with the latest studio technology and these eight magnificent recordings still sound like nothing else in the history of music. Kraftwerk are unique, pristine, profound and beautiful. Decades may pass, but their streamlined synthetic symphonies stand outside time, as fresh as tomorrow, transcendent and sublime.

Le 5 octobre, après des années d'attente (et après l'avortement forcé d'un boxset en 2004 pour cause de qualité de remastering exécrable, selon les membres du groupe), les créateurs de la pop music électronique sortiront donc un coffret intitulé joliment: 12345678 The Catalogue, comprenant, vous l'aurez deviné, 8 disques:
  • 1974 Autobahn, 
  • 1975 Radio-Activity
  • 1977 Trans-Europe Express
  • 1978 The Man Machine 
  • 1981 Computer World
  • 1986 Techno Pop
  • 1991 The Mix (coompilation de remix)
  • 2003 Tour De France
Des versions individuelles sur CD, des versions vinyles ou des versions téléchargeables seront aussi mis en vente à cette date.

Mais soyez avertis: des problèmes de licence américaines empêcheront les sorties individuelles de trois de ces albums: Computer World, Techno Pop, et The Mix, qui ne seront donc disponibles en versions remasterées que dans ce coffret!


Et finalement, pour ceux qui aiment leur Kraftwerk vraiment robotique, les versions allemandes des albums seront également disponibles! En Allemagne, bien sûr!


Restera à rééditer les trois premiers albums du groupe, très prisés de ceux qui sont "deep" dans leur groove électronique.

Remasterings - la liste des rééditions les plus attendues... revisitée #6

  
La grande saison des rééditions approche à grands pas et avant même d'avoir eu le temps d'écrire la deuxième partie de cette chronique, voilà qu'on veut déjà la revisiter... Faut dire qu'on vit une époque exigeante et excitante, côté rééditions, alors qu'apparaissent côte à côte des rééditions affreusement compressées de grands albums du catalogue (les Rolling Stones post-Let It Bleed, Genesis), victimes de la "loudness war", et des rééditions "mono", ce mot qui, il n'y a pas si longtemps, était banni du lexique audiophile. Comme quoi il ne faut jamais désespérer, l'être humain est plein de surprises.

RÉÉDITION LES PLUS ATTENDUES - 
#6 les titres de AUDIO FIDELITY (revisitée)

L'étiquette dans laquelle officie Steve Hoffman, le plus médiatisé des ingénieurs en remastering, ne cesse de nous surprendre, par son choix éclectique et très inégal de titres. La bonne nouvelle, c'est l'annonce (comme les lecteurs de ce blogue le savent) de la réédition du mix mono du fameux disque de John Mayall, Eric Clapton and the Blues Breakers... nous prouvant hors de tout doute que AF est à l'écoute des audiophiles, ou à tout le moins des audiophiles sur le forum de Steve Hoffman. Des mixages mono inédits en CD, il en pleut et si le monde audiophile s'ouvre à la possibilité mono, tout un pan de la culture pop mondiale pourrait vivre de belles heures: Rolling Stones, Hendrix, Otis Redding, les Doors, Frank Sinatra (dont le Only The Lonely sur Mobile Fidelity fut un franc succès artistique), Buffalo Springfield, Motown, les 45-tours des années '60, etc...


Mais les sorties du mois d'août du label furent pas mal moins ragoûtantes. Pourquoi encore nous asséner des rééditions des Doors, le catalogue le plus sur-exploité du rock? Tout simplement parce que les deux titres réédités, The Soft Parade et Morrison Hotel, étaient les deux seuls titres du catalogue original à n'avoir jamais été remasterés par Steve Hoffman, du temps du label DCC. Un trou historique donc, qui fut comblé. Et puis, ce sont les mix originaux, disparus du catalogue aujourd'hui. 
La spectaculaire fusion orchrestrale-blues-psychédélisme sonne bien, y'a pas à redire, mais Bernie Grundman avait aussi fait un bon boulot en 1999!  The Soft Parade est-il en rétrospective un meilleur album? Touch Me, Wild Child, Shaman's Blues nous montrent un Morrisson toujours aussi dangereusement talentueux, avec tout son venin de gosse riche pourri par les drogues et ses propres ambitions littéraires, mais à l'inverse Do It et Easy Ride nous montrent un groupe qui se laisse tranquillement aller... Que penser de The Runnin' Blue, rencontre improbable d'un groupe de drogués californiens et d'un western ringuard? Quant à The Soft Parade, les 9 minutes de la mini-suite poétique aux accents discoïdes sont aussi fascinantes qu'inquiétantes. Bien étrange album. Au moins, Morrisson Hotel, par son repli sur un blues-rock graveleux, a pavé la voie à l'ultime chef d'oeuvre du groupe, L.A. Hotel.



Bref... on aimerait voir Audio Fidelity et Hoffman s'attaquer à autre chose parfois... Déjà, la sortie début septembre du premier Prentenders fera du bien à un catalogue un peu trop fixé sur le classic rock, façon FM. Les années '78-'85  ne manquent pas de grands classiques oubliés: Television (Marquee Moon, quel album!), P.I.L., Iggy Pop, Buzzcocks, Wire, Joe Jackson.  Et si on doit à tout prix contenter les fanas de CHOM-FM, pourquoi ne pas s'attaquer à des albums historiquement mal servis par le CD: le premier Boston, Bat Out of Hell de Meat Loaf, voire même Styx!

Quant aux Doors, après les remasters audiophiles, les remix stéréo, les remix DVD-A stéréo, les remix multicanaux et le mono du 1er album, que reste-t-il à soutirer au catalogue? Ah oui, les mix et "edit" 45-tours. Ils y penseront sûrement. En attendant, après une bagarre de plusieurs années dont nous avons vécu les derniers soubresauts "live" sur le forum de Steve Hoffman, on peut annoncer que les bandes originales des Matrix Tapes ont finalement été acquis par le groupe et ses gérants; ceux qui ont acheté l'affreuse édition récente du spectacle "live" (Live at the Matrix '67) ne vont pas en revenir lorsqu'ils vont entendre la "vraie affaire". Dire qu'on les a roulés dans la farine, c'est peu dire. La différence entre les vrais Matrix Tapes et la version officielle est abyssale. On vous tient au courant.

 
Live At The Matrix

mercredi 26 août 2009

The Blood Of The Land [Dylan]

"Some people say I got the blood of the land in my voice"
"I Feel A Change Comin' On"

"Together Through Life", sorti en avril dernier, reprend exactement là où "Modern Times" a laissé, lui-même succédant à "Love & Theft" sans le renier. Jack Frost / Robert Zimmerman / Bob Dylan est dorénavant aussi éternel, immuable, qu'un paysage minéral, qu'une route abandonnée qui s'érode tranquillement. Une Route 66 musicale, traversée par les coyotes et les tatous et les herbes à serpent, avec un vautour ou deux qui se repaissent d'un chevreuil crevé sur le bord de la route, et ce Corbeau Noir qui croasse sur le bord de la route, regardant le spectacle avec la distance et la lucidité tranquille de celui qui vit ses derniers automnes. Étranger à l'écoulement du temps, à l'influence des modes, aux critiques, à ceux qui circulent tout près et qui restent à distance, étrangers, aliénés par ce morceau de civilisation qui tranquillement coule vers la déliquescence.

Troisième album depuis le début du millénaire, même formule, plombée cette fois par un son plus blues, la guitare de Mike Campbell des Heartbreakers et la présence remarquée de l'accordéon de David Hidalgo (Los Lobos) en filigrane.
Si vous voulez plonger dans les multiples références et citations littéraires qui traversent les textes de Zimmerman et Frost dans cet album, voici un lien vers une série de petites chroniques fascinantes...
Partie 1,
Partie 2,
Partie 3,
Partie 4,
Partie 5,
Partie 6,
Partie 7,
Partie 8,
Partie 9.

Remastering: le diable est dans les détails (Bill Nelson)


Bill Nelson
, guitariste de Be Bop Deluxe, peut-être mieux connu au lecteur de ces pages pour sa magnifique contribution aux plages instrumentales de Gone To Earth de David Sylvian, a écrit ce texte fascinant sur le remastering et ses dangers:

"It's a strange thing, this remastering malarky. I remember, a while back, some Beatles remastered material coming out...and yes, it was 'brighter,'clearer and there was more separation between the instruments, etc. But you know what? I didn't like it. It lost something that the originals had. I much preferred the way the original releases sounded.

Clarity and prescence can make recordings that originally gelled and hung together perfectly sound clinical and artificial. Sometimes, it's the actual LACK of digital clarity that gives recordings made by analogue methods their magic and warmth.

There's much more to the process of mixing music than just cleaness and clarity. Some of the most wonderful and iconic recordings have deliberately used murkiness and mystery to achieve their effect. Often, it's the subtle blend of instruments, the blurring of lines, the foginess, that creates the magic sound, not their separation. Anything that alters that relationship will destroy it.

I know that, when I used to record at Abbey Road with Be Bop Deluxe, we spent a great deal of time and care getting the recordings to sound the way we wanted them to sound. That same care was applied to the original mastering, to preserve the sound we had achieved in the recording and mixing process. Any remastering aimed at 'improving' the sound picture, or 'clarifying' it will change the delicate balance of tonalities and instrumentation to some degree or other, and in many cases, I think, to the detriment of the music and often to the artist's original intention.

Cleaning up an analogue recording via digital means can be a negative step, rather than a positive one. Plus, as we all know, the myth of remastering has long been used by the industry to sell albums over and over again to fans who already bought the thing first time 'round. Remastering and 'alternative takes' are both useful marketing devices for record companies.
Vous pouvez suivre la discussion sur son site Web.

mardi 25 août 2009

NEIL YOUNG, Mr Soul Man

      

Je connais peu le monde de Neil Young.

J'ai eu, comme tout le monde dans les années '70, un vinyle de Harvest, son grand classique de 1971, et me rappelle de presque chaque note, surtout l'émouvant The Needle and the Damage Done. Je regardais avec envie le vinyle triple de mon copain Ben, ça s'appelait Decade, et ça montrait que Neil Young savait déjà construire des rétrospectives intéressantes. Je savais qu'il était le sel rock du super-quatuor folk-rock californien Crosby, Stills, Nash & Young, une bande d'hallucinés qui torchaient des harmonies vocales célestes et qui, en rétrospective, formaient un pur diamant de talent comme peu de groupes en ont eu (et un immense gaspillage, dans la gueule de bois générale de l'après Woodstock).


Après son retour en gloire en 1979 avec Live Rust (Hey hey my my, Rock'n'roll could never die), j'eus la patience de suivre Young (un peu, parce que l'homme est très productif) dans ses multiples métamorphoses dans les années '80, le rockabilly (Everybody's Rockin'), le techno (Trans), le R&B (The Note's For You) puis j'ai un peu abandonné. Ce mec était azimuté, comme disent les Français, et le monde rock était en profonde mutation: de nouveaux héros occupaient ma platine (U2, Pixies, Talk Talk) et Young passait son temps à déjouer les attentes et à nous faire languir d'un nouveau Harvest. Il avait un peu de Zimmerman dans le nez, ce mec. Et les années '80 n'étaient pas tendres pour les héros de Woodstock et leurs amis.

Mais comme Dylan, comme Joni Mitchell, Neil Young est un authentique songwriter: un artiste, un écrivain, qui a choisi comme forme d'expression la chanson rock, et qui sait utiliser ce format si simple, si réducteur en apparences, pour y condenser des sédiments lourds de l'expérience humaine. Sa voix détimbrée, ce falsetto fragile, angélique pas d'ailes, est aussi dinstinctive dans le paysage sonore que la croassement de Corbeau noir de Bob Dylan, son seul rival par l'ampleur de l'oeuvre et la durabilité de la pertinence.

Et pendant que les aficionados célèbrent et se déchirent sur la sortie événementielle de la compilation mammouth du Neil Young Archives en Blue-Ray, un projet auto-biographique qui redéfinit par ses dimensions titanesques l'art de la compilation, j'ai fait un détour par quelques oeuvres des débuts du songwriter canadien, fin des années '60. Et je me demande combien de perles noires il me reste à découvrir tellement je suis ébahi par la singularité de l'oeuvre, par sa force dissimulée.


Buffalo Springfield

J'ai d'abord plongé dans le second Buffalo Springfield de 1967, Buffalo Springfield Again, qui joue en boucle depuis une semaine chez moi. Tout un terreau de talents: Stephen Stills, Neil Young et Richie Furay, ce dernier qui allait fonder Poco dans les années '70, les deux premiers qui allaient se retrouver au sein de CSN&Y avant de connaître des débuts de carrières solos éclatants.



J'écoute Again en boucle à cause du "opener". Tout comme Revolver des Beatles commence parfaitement avec Taxman, Buffalo Springfield Again a son parfait opener: un rock carré, baveux de Neil Young, parfait single de 1967, Mr Soul, regard cynique et halluciné sur la vie de rock star, que Neil Young aurait composé alors qu'il était en convalescence d'une attaque d'épilepsie subie pendant un spectacle... Riff tranchant à la Satisfaction, guitare solo fuzzé à l'envers inversée sur la bande: un condensé d'époque.

In a while will the smile on my face turn to plaster?
Stick around while the clown who is sick does the trick of disaster
For the race of my head and my face is moving much faster
Is it strange I should change? I don't know, why don't you ask her?
Malgré toutes ses qualités, Buffalo Springfield n'allait que passer: trois albums, de 1966 à 1968... Mais Neil Young ne faisait que commencer sa carrière.

Je viens de découvrir Neil Young, le premier album solo, sorti dans l'indifférence en janvier 1969, peu après son départ de Buffalo Springfield et avant qu'il rejoigne Crosby, Stills & Nash. Et j'écoute, fasciné, ce petit chef d'oeuvre, en mode mineur, de folk-rock aventureux, épique, comme un western flyé, petit budget et grandes idées, avec cette sorte de solidité dans la forme de Unforgiven de Clint Eastwood. Si cette description peut avoir le moindre sens.

C'est un peu exagéré; Unforgiven est un chef d'oeuvre, Neil Young un joli terreau bordélique. On est loin de l'équilibre parfait et des mélodies mémorables de Harvest. La voix de Young est mal assurée, et dans le mix original que j'écoute en ce moment même (et qui fut retiré du commerce peu après), elle est enterrée dans d'audacieux arrangements d'un collaborateur de Buffalo Springfield, Jack Nitzsche: surprenantes guitares fuzzées, cordes cinématographiques... Tout le futur de Neil Young semble se condenser dans un petit chef d'oeuvre de moins de 4 minutes: The Loner, le titre sur lequel je reviens toujours, parce qu'il est complètement addictif, par ce mélange de violence des guitares, de douceurs de cette voix à la fois faible et si expressive, et le parfum poussiéreux des cordes. Un 4-minutes autobiographique parfait, alternant mode majeur et mineur, comme un monde en miniature, après quoi tout a été dit.



The Loner est si fort comme titre qu'il fait de l'ombre au reste de l'album: mais I've Been Waiting For You et ses guitares plombées, le joli The Old Laughing Lady (malgré des choeurs gospel un peu overkill comme on dit) et l'épique The Last Trip To Tulsa, à la Dylan, vous feront tous passer de très beaux moments. C'est férocement anti-commercial, et c'est ce qui est beau: pas de suits à se demander si ça va jouer à la radio, pas de A&R qui ont le doigt sur le piton du compresseur au mastering... Parfums d'une époque malheureusement oubliée.

lundi 17 août 2009

Remaster Blues Breakers: ce sera le mixage MONO!

Il faut admettre que l'Internet, comme communauté d'intérêts, est parfois dure à battre.



Devant l'annonce de la sortie par Audio Fidelity, d'une version CD Gold de l'excellent Blues Breakers with Eric Clapton de John Mayall (1966), remasterée par Steve Hoffman, la question qui se posait était: quel mixage allait être utilisé? Le mono ou le stéréo? Lequel serait le plus désirable? J'ai donc posé la question aux aficionados de cet album remarquable, qui allait être à l'orgine des graffitis "Clapton is Gold" dans les rues de Londres dans les années '60.

Réponse presque unanime: le mono. Pourquoi?
  • le mix stéréo existe déjà en CD, dans une excellente qualité, dans le CD original de 1987 et dans une version audiophile de MFSL;
  • les seules possibilités d'obtenir les mixages mono sont dans le Deluxe Edition et un 2-fer mono/stéréo de 1998, les deux remasterés de manière détestable paraît-il (noise reduction et compression);
  • le mixage mono favorise la guitare de Clapton;
  • John Mayall préfère le mixage mono.
S'est entamé sur le site de Steve Hoffman une mini-campagne pour que le mixage mono soit le choix de Audio Fidelity... Malgré le scepticisme du grand ingénieur, 146 posts plus tard, les amateurs de blues-rock ont eu leur récompense sous la forme d'une courte missive du grand patron d'Audio Fidelity:

"We agree with you. It’s the Mono mix for the “Blues Breakers”. Hey, we want to hear Clapton’s guitar “soar” as well as you guys do, and who can possibly argue with John Mayall? If he wants the mono, that’s what we’ll do.

Thanks for sharing your thoughts with us.

Marshall"
Hey! On vit une époque formidable!

Espérons maintenant pour bientôt un remastering similaire pour l'album suivant de John Mayall et les Blues Breakers: The Hard Road, avec le grand Peter Green (compositeur de Black Magic Woman et fondateur de Fleetwood mac) remplaçant Clapton à la guitare.

lundi 3 août 2009

Sur la platine: le dernier Yves Desrosiers


Yves Desrosiers est de retour... Sorte de Romanichel des sons, celui qui a amené l'extraordinaire Vossotski dans la langue de Molière sort un second album de compos personnelles, les bien nommées Chansons indociles.

Il n'a pas la plus grande voix, mais son univers est particulier, très cinématographique, un peu comme un épisode de Carnivale. Si Star Académie c'est votre truc, vous allez haïr, ou ne rien comprendre. Mais si Marie-Jo Thério vous attire, que vous aimez Llhasa, bref que vous aimez les chansons singulières, avec des parfums de chemins poussiéreux, de paysages étranges, de climats lynchiens, plongez, plongez... Il reste encore au Québec, n'en déplaise aux comptables de l'industrie culturelle (véritable rangée de coquerelles), il reste encore disais-je d'irréductibles artistes qui créent des choses tout à fait uniques, singulières. Des Jorane, des Karkwa, des Patrick Watson. Et puis Desrosiers, c'est toujours cet excellent réalisateur qui n'est pas du tout étranger au succès de Llhasa: capable de créer un monde hypnotique, halluciné, à l'aide de quelques notes. Écoutez moi la beauté de la mise en sons de Ma ruelle; la cavalcade trépidante de Maria; l'ambiance foraine couleurs sépia sombre de Circus.

Et Robin Aubert (le cinéaste/acteur, qui signe la plupart des textes) crée des petites fictions qui lui ressemblent; images fortes, une façon un peu sèche de jeter les mots sur les notes, des textes colorés, un peu théâtraux, des fables peuplés d'êtres étranges. Ses textes nous sortent des giclées de bons sentiments de la pop d'aujourd'hui; la pornographie sentimentale du hit-parade.

Excellent produit d'Audiogram (un autre).

(par contre, euh oui, c'est quand même pas mal compressé au mastering)

dimanche 2 août 2009

Le mono selon Bruce Botnick


Bruce Botnick, ingénieur de son des Doors, dans une entrevue avec Michael Fremer:

I still like mono to this day, because there aren't any distractions. It's like a black and white movie, where you can create incredible dimensions, depth-wise, and hide things. That's very hard to do in stereo. That's because we don't record in stereo: We record multi-track point-source discrete audio. The difference in the mix was when we would open it up to stereo, we would have to change things, because it didn't fall in the same place. Spatially, things would fall into other places.

samedi 25 juillet 2009

The Sound Of Silence

Next to silence, that which expresses the inexpressible is music.
(Huxley)

jeudi 23 juillet 2009

Citation fameuse de J. Gordon Holt



"If the midrange isn't right, nothing else matters"


Les RÉÉDITIONS les plus attendues, 1ère partie!

En temps de crise, c'est bien connu, on se tourne vers le passé. Et s'il est une industrie culturelle qui vit avec son passé, c'est bien l'industrie musicale! Remasterings, rééditions, coffrets, le marché du disque n'en finit plus de recycler les vieux enregistrements, de les dépoussiérer et d'en extraire le jus... sous forme de billets verts.

Mais ne boudons pas notre plaisir. Il y a là des artistes à l'oeuvre, qui, tels des conservateurs de musée enthousiastes et névrotiques, gardent vivantes la mémoire des grandes oeuvres du passé. Voici mon Top 6 (!) des rééditions les plus intéressantes à venir:

#6 - les titres de Audio Fidelity



Audio Fidelity, l'étiquette audiophile spécialisée dans les rééditions "classic rock", produit peut-être les plus laides pochettes du marché, les dates de sortie sont sans cesse modifiées et le choix d'albums originaux licenciés est parfois surprenant, mais leurs ingénieurs aux remasterings, les omniprésents Steve Hoffman et Kevin Gray, ont une telle réputation que ces albums devinnent invariablement des items de collection dont les prix montent de manière stratosphérique sur e-bay, dès l'édition originale écoulée ... Pensez son analogue, naturel des timbres sonores et ce petit quelque chose que Steve Hoffman a appelé "the breath of life".

À venir, donc, chez Audio Fidelity, le 18 août:
  • nouveau remasters (combien y en-t-il eu? Ça défit l'imagination!) de deux albums des Doors: l'orchestral Soft Parade et le blues-rock rugueux de Morrison Hotel. Aucun catalogue n'a été aussi exploité que celui-ci, et ce ne sont pas les deux meilleurs albums du groupe du regretté Jim Morrison, mais entendre l'orgue et les bass pedals de Ray Manzarek et la voix hantée de Morrison remasterés par Hoffman est en soi une rencontre du 3e type avec le son analogue vintage des années '60, et ce sont les deux albums des Doors qui n'ont jamais été réédités sur DCC, l'étiquette-phare de Hoffman. Hoffman, qui dit détester le révisionnisme, a pourtant accepté les remix 40e anniversaire de Touch Me et The Soft Parade.
  • le premier Pretenders (1er septembre) et le Rebel Yell de Billy Idol (vous vous rappelez White Wedding?) nous permettront un retour dans le rock des années '80. Et le 4e album de Alice Cooper, Killer, est annoncé pour le 8 septembre.
  • ajoutez l'excellent album de blues-rock anglais John Mayall with Eric Clapton "Blues Breakers" de 1966 (est-ce que ce sera le mix mono ou le mix stéréo?), un live de Otis Redding (Live at the Whiskey a Go-Go) sur vinyle et, pour les amateurs de country-rock, un Lynyrd Skynyrd (Second Helping), et vous avez en gros le menu AF des prochains mois.
Liste complète:
AFZ 036 Billy Idol - Rebel Yell
AFZ 037 The Doors - Morrison Hotel
AFZ 038 The Doors - The Soft Parade
AFZ 047 Grand Funk Railroad - We're an American Band
AFZ 048 Alice Cooper - Killer
AFZ 0xx Vince Guaraldi - Greatest Hits
AFZ 0xx Lynyrd Skynyrd - Second Helping
AFZ 0xx John Mayall - Blues Breakers with Eric Clapton
AFZ 0xx The Pretenders - The Pretenders


#5 - le super-groupe prog UK



Vous vous rappelez? En pleine ébullition punk et au milieu du naufrage du prog rock de la fin des années '70, on annonçait la venue de ce super-groupe qui devait permettre aux nostalgiques de King Crimson de panser leurs plaies: les deux tiers du fameux power-trio, John Wetton et Bill Bruford, avaient débauché le violoniste-claviériste Eddie Jobson et le guitariste aux inflexions jazzy Alan Holdsworth. La rumeur veut que, après un album éponyme respecté mais peu vendu, Wetton, sentant venir le vent, aurait expulsé les subtils et intransigeants Bruford et Holdworth pour embaucher l'explosif Terry Bozzio à la batterie, ce qui aurait donné le plus commercial Danger Money, prélude à son prochain super-groupe, Asia, dont nous avons gardé personnellement le plus mauvais souvenir.

Toujours est-il que les trois albums officiels de UK (dont le live Night After Night) ont été remasterés et seront disponibles dès le 28 juillet prochain. Et j'ai bien l'intention de redécouvrir le premier. Parce que Bill Bruford, c'est Bill Bruford!

#4 - les titres Blue Note et Impulse sur SACD et
vinyles 45-tours
(Analogue Records)



Superbes rééditions de dizaines de titres des deux vénérables étiquettes de jazz be-bop, hard-bop et post-bop, avec pistes en bonus et Hoffman et/ou Grey aux commandes. Certains titres ont déjà eu plusieurs rééditions audiophiles, dont l'éternel Something Else de Cannonball Adderley. Mais lorsqu'on voit A Love Supreme de John Coltrane, chef d'oeuvre absolu des années '60, apparaître sur cette liste, on brûle d'en avoir une copie (et on regrette un peu d'avoir appris le retrait de Hoffman de cette réédition, probablement pour cause de master original introuvable!). Cliquez ici pour découvrir les 67 titres annoncés qui devraient satisfaire tous les amants de la plus grande période du jazz, les débutants comme les collectionneurs.


D'ici peu, nos trois premières positions!

mercredi 22 juillet 2009

Moins qu'un chien..

Cette photo m'impressionne...
Dans l'immatérialité du monde musical, elle suggère
au contraire une force volcanique et terriblement terrestre,
une colère inextinguible...

Cette photo m'impressionne,
mais moins que le propriétaire de cette magnifique contrebasse

Charles Mingus
dont l'un des chefs d'oeuvre inoubliable a 50 ans cette année
Mingus Ah Hum
remixé et remasteré par l'excellent Mark Wilder
avec en prime l'album Mingus Dynasty
dans une édition sur CD-double Legacy


Mingus,
dont la traduction française de l'autobiographie se nomme
Moins qu'un chien (Beneath The Underdog)

Nous y reviendrons.
En attendant, si vous voyez cet album:
ACHETEZ-LE
et PLONGEZ
dans un jazz opulent de colère, de couleurs
avec l'enthousiasmant Danny Richmond à la batterie.

[et évitez comme la peste l'édition Columbia Jazz Masterpieces (la bordure mauve, triste série), qui est une illustration sonore de l'utilisation style tronçonneuse de la Noise Reduction, et de la raison pour laquelle les producteurs ne doivent pas faire leur propre mastering]


mardi 21 juillet 2009

Nouveau DAVID SYLVIAN en septembre


Le 14 septembre prochain, un des artistes les plus intéressants de la sphère du Art-Rock nous donnera son nouvel album, et promet une oeuvre sans compromis aucun.

Depuis ses débuts, à peine sorti de l'adolescence, de vedette glam-rock au sein du groupe Japan, David Sylvian poursuit un parcours atypique et passionnant... Après quelques albums qui sentaient le mal-de-vivre et la sainte trilogie du rock (sexe, drogue & rock'n'roll), Sylvian, véritable éponge musicale, a fait opérer à son groupe un brusque virage à gauche en même temps que son chant se transformait de manière spectaculaire, descendant de quelques octaves, pour donner à Japan ses lettres de noblesse art-rock avec les albums Tin Drum et Gentlemen Take Polaroids.



C'est le début des années '80 et au milieu de la pléthore de disques synth-rock, Japan intègre les leçons de Bowie (époque Berlin) et Roxy Music, mais aussi de Gary Numan et de Can pour livrer des disques qui n'ont pas pris une ride depuis (au contraire de la presque totalité des groupes de l'époque). Son art est audacieux, tendu, poétique, tourmenté, rythmé, dissonant parfois, à l'image du hit anglais le plus étrange des années '80, l'inquiétant Ghosts.


Mais la vie de rock-star n'intéresse pas Sylvian qui saborde Japan et se lance dans une ambitieuse carrière solo, multipliant les collaborations avec des artistes qu'il aime et qu'il intègre dans son univers sonore qui est à chaque pas plus unique: le trompettiste "ambiant" Jon Hassell et la tête pensante de Can Holger Czukay sont de la partie sur le sombre et hypnotisant Brilliant Trees, son 1er disque; Robert Fripp et Bill Nelson gratifient des couleurs uniques de leurs guitares le double Gone To Earth (dont la moitié des pièces sont des pièces ambiantes instrumentales, à la Bowie des années Berlin);

Mais c'est sur son troisième, Secrets of the Beehive, qu'il trouve l'équilibre parfait entre tous les mondes qui l'habitent. Secrets of the Beehive est un des chefs d'oeuvre de Art-Rock des années '80, aux côtés des grands albums de Talk Talk... un modèle d'équilibre, de raffinement sonore, de recherche poétique et musicale, avec des collaborateurs prestigieux et des pièces magnifiques (écoutez-moi When Poets Dreamed of Angels...) Ryuichi Sakamoto, Mark Isham, David Torn sont de la partie. Ces deux derniers sont de la tournée qui passe par Montréal...

Et au moment où on aurait pu croire que toute tension et toute agression avaient déserté l'art de ce grand bâtisseur de sons, on apprend avec stupéfaction que Japan se reforme (ça ne durera qu'un album: Rain Tree Crow) le temps de se rendre compte que le passé ne se recrée pas si facilement; puis, encore plus percutant, Sylvian rejoint Robert Fripp, dictateur musical notoire et front man de l'art rock le plus tendu qui soit.


The First Day
est le point de rencontre parfait entre la guitare tranchante de Fripp et la voix sensuelle de Sylvian, un mélange de tension, de groove percutant (avec la section rythmique du prochain King Crimson), de guitares saignantes et de compos aériennes. Jamais Fripp n'a eu droit à un tel vocaliste, ce que confirme la tournée suivante, qui résulte dans le percutant Damage. Fripp invite Sylvian à joindre le nouveau King Crimson, mais Sylvian, futé, sait que KC n'a qu'un maître. Fin d'une explosive collaboration.





La suite? Notre caméléon à la voix d'or multiplie les collaborations artistiques flyées, risquées, presque autistiques, tout en offrant de temps en temps à ses fans des albums plus ramassés, plus structurés. Alors qu'on ne l'attend plus paraît en 1999 Dead Bees on a Cake, un disque opulent, riche et dense, où apparaissent, parmi les Sakamoto, Wheeler et autres grandes pointures des disques passés, le maître du techno hindou Talvin Singh et le maître de la gravure sur six-cordes Bill Frissell.

Sylvian ne prend pas une ride. On dirait un peintre, qui cherche inlassablement de nouveaux modes d'expression, de nouvelles couleurs, de nouveaux pigments, qui les mélange avec un style qui est bien le sien, mais dont il n'hésite pas à détruire de temps en temps les signes reconnaissables, comme s'il avait peur d'être piégé par une formule. Un artiste exigeant pour ses fans!



Sylvian déménage tout près d'ici (Vermont), semble prendre une optique de plus en plus spirituelle (et ça, ça nous fait craindre le pire, avouons-le). Il divorce de l'industrie après d'opulentes compilations (Everything and Nothing pour les oeuvres vocales, Camphor pour les oeuvres instrumentales, avec remix, inédits, des mondes immenses à découvrir, redécouvrir). Nouveau groupe: Nine Horses, tout à fait dans la lignée de son travail solo, puis un disque exigeant, déconstruit, angoissant, Blemish, qui témoigne d'un divorce douloureux. Incapable de rendre son angoisse comestible, il demande à des remixers de s'en charger, ce qui donnera The Good Son vs The Only Daughter, The Blemish Remixes, que je n'ai pas eu le plaisir d'entendre encore...

Prochain chapitre donc: 14 septembre prochain avec Manafon. Deux éditions (c'est la mode), un CD en digipack, et un volume CD/DVD présentant un film, Amplified Gesture (on sait que Sylvian est aussi un artiste visuel qui a présenté des expositions de magnifiques Polaroids noir et blanc). On nous annonce une musique sans compromis, et la liste des invités, parmi lesquels le saxophoniste free Evan Parker, suggère un univers déconstruit et pas nécessairement facile d'approche. Aux oreilles aventurières, nous donnons rendez-vous!

Un moment de grâce (Françoise Hardy)

Parfois, les mots sont totalement inutiles.


Décès de J. Gordon Holt

... et avec lui, une des voix tonnantes les moins complaisantes dans le milieu du hifi. Gordon Holt a fondé Stereophile à l'époque...

Il m'avait inspiré une entrée de blogue récemment. Vous pouvez la trouver ici.

mardi 14 juillet 2009

PIXIES et BOWIE


"I never could get over the fact that The Pixies formed, worked and separated without America taking them to its heart or even recognizing their existence for the most part."

David Bowie

Vous ne connaissez pas les Pixies?
VOUS NE CONNAISSEZ PAS LES PIXIES?
Courez chercher ce disque. Version domestique ou version SACD (Mobile Fidelity), c'est un des plus grands disques de rock alternatif de l'histoire. Point-barre.


dimanche 12 juillet 2009

Les pochettes de BLUE NOTE RECORDS

... et, parlant pochettes, aucune étiquette de disques n'a jamais approché Blue Note Records pour la beauté immortelle de ses pochettes de disques, indissociable de sa musique. Le fameux label jazz, qui a tant fait pour le hard-bop et le soul-jazz, a eu l'excellente idée, en 1956, de débaucher un designer graphique du magazine Esquire, Reid Miles. Travaillant de pair avec le photographe Francis Wolff (une des têtes dirigeantes du label), Miles a créé une iconographie visuelle qui redéfinit le cool... Voyez plutôt...

De Fichiers transférés



Ça donne envie de les entendre...

L'art de la pochette perd un grand nom: TOM WILKES






Êtes-vous, comme moi, en amour avec les pochettes de 33-tours?
Si vous traînez dans le coin, il y a des chances.
Petite intro pour dire que cet art perdu a perdu un grand nom le 28 juin dernier.
Tom Wilkes.
Et en guise de coup de chapeau,
quelques-unes de ses oeuvres...
R.I.P.




mercredi 8 juillet 2009

Beatles remasterés = retraite de Dr Ebbett!


Ben dis donc... s'il y avait des suspicieux de la qualité des remasters des Beatles, à paraître le 9 septembre, voici une petite nouvelle qui secoue le monde des Beatles-maniaques et des bootleggers. Le fameux Dr Ebbett, qui s'ess fait une niche dans le monde des audiophiles, en rendant disponible des needledrops très prisés des vinyles des Beatles, permettant entre autres d'entendre les Beatles en mono dans des transferts numériques de grande qualité (bien qu'un peu "bright" à mon goût), a officiellement annoncé sa retraite après avoir entendu des extraits des remasters.

La mission principale du Dr Ebbett Sound System serait maintenant obsolète.

Eh oui, les remasters seraient bons à ce point!

Excellente nouvelle pour l'industrie du disque! Car enfin, n'est-ce pas incroyablement ironique qu'un faussaire ait proposé pendant 15 ans une copie de l'original... meilleure que l'original?

Une copie de la lettre de démission... avec en gras un commentaire de poids...

Dear friends,

I sincerely hope all is well with you and yours.

Indeed, this is an unexpected mass-mailer. Please forgive the unsolicited rambles that follow.

To start, there are many of you who have outstanding orders with me at this time. Some of you have been waiting for a while, and I wish to apologize for that. Please don't worry. Each and every one of these outstanding orders will be tended to this week. You have my word.

I appreciate your patience and understanding.

Second, there has been considerable buzz surrounding the new Beatles remasters, due for release in September. There should be. We have all been waiting for this day, and it is about to arrive - finally! Thanks to a long-time supporter and friend to this project, I have had the opportunity to hear genuine samples of the new remasters due out in two months.

They are good.

Very good.

Those of you who will be buying them - and those of you who have already preordered - will not be disappointed.

In fact, I will venture to guess than many of you will be more than pleasantly surprised at how good they sound.

And with what promises to be outstanding packaging all around, it will be a collector's nirvana.

From the outset of the Dr. Ebbetts Sound Systems project, I swore that once EMI did the right thing and released remasters to be proud of, I would not continue doing what I was doing. After all, the only reason I did this was because Apple/EM /Capitol would not - and because I so very much love the Beatles.

While my love for the band has not changed, everything else has.

EMI/Capitol began their release of the American LPs on compact disc a few years ago, and now EMI has tackled the British catalogue in fullest detail.

It's what we all wanted. As Beatles fans, it's what we've prayed for.

To that end - and with the heaviest of hearts - effective immediately, Dr. Ebbetts Sound Systems will cease operations.

Many of you will recall that the entire purpose of the Dr. Ebbetts project was to make available to the public the best sounding versions of the Beatles' original LP releases - with emphasis on the American and British catalogues. Believe me, it wasn't a hard thing to do considering the substandard quality of the original CD catalogue from 1987 onward.

The fact of the matter is, the Dr. Ebbetts material does not - and will not - sound better than what is coming commercially in September. People I trust agree with me. The remasters sound remarkably well balanced, with solid, punchy bass, smooth mids and not-to-harsh, yet crisp highs. In comparison, many of the Ebbetts masters fall short - weaker bass, dimished mids, and often too-bright highs.

It's a given that the remasters will not please everyone, but they will be good enough to make the Ebbetts catalogue solidly inferior.

The artwork and packaging of the EMI material will prove to make current Dr. Ebbetts releases look like Xerox machine fodder.

It pains me, seeing as I have invested so much time in this thing, but I humbly and officially put this nearly-fourteen year project to bed.

I have outlived my usefulness in this hobby.

I know there are many who will ask why I just don't continue releasing titles that are NOT being put out by Apple/EMI - foreign releases, rare pressings, etc..

My reasons are complicated, but they are what they are. In short, if the Dr. Ebbetts BLUE BOX set is not the definitive sounding version of the original UK stereo LPs, then why issue them at all?

Many will remember the original BEAT CDs of the 1990s that presented the Beatles US LPs sourced from cassettes. I surely do. They became immediately obsolete with the advent of Dr. Ebbetts. No one bought those BEAT CDs anymore when I came along. Why would they? At the time, my material was far superior.

The Ebbetts BLUE BOX series was only issued because Apple/EMI's versions were substantially inferior to anything I - or any number of needledroppers - were putting out. The Ebbetts BLUE BOX set is at THE HEART of the Dr. Ebbetts Sound Systems collection, in my estimation. If that set is now inferior to the commercial release, then it has no business existing. Suffice to say, I would not release the BLUE BOX set today if new remasters were already commercially available.

I would have no need.

And if my CORE SET is inferior, I don't wish to have the rest of the catalogue branded as such either.

Therefore, it is time to put it all on the shelf.

I am requesting that all of you who have LPs with me contact me as soon as possible and let me know which ones are yours so that I might send them back to you. I promise I will get those to you in short order.

So that your return LP requests will not be lost in what promises to be a hectic e-mail shuffle, please put "MY LPs" somewhere in the subject line.

Your generosity, kindness and willingness to share your treasured possessions with me is something I shall never forget.

To each and every one of you who has supported me and befriended me throughout the years, I wish to extend my deepest gratitude. Your loyalty has moved me beyond words. This entire project began as a fanciful hobby many years ago and has mushroomed into something far beyond anything I could have imagined.

From every corner of the entire world, I have been blessed to meet some of the best Beatle people out there. I will never forget you.

But now it is time to make way for the "big boys."

Please be sure to secure your copies of the remasters. I guarantee they will replace your Dr. Ebbetts CDs in your rotations and playlists - as they should. Display them proudly and let people know who the greatest band of all time is.

Remember, quoting my project motto from all those years ago, it is ONLY about the music.

That is why I do what I do today.

Now go put your hard-earned money to good use!

God Bless.
Drew