A mettre dans la chaîne DSP de votre lecteur media préféré. Imaginez: vous pouvez même choisir le niveau de "gondolage" de votre vinyle, la quantité de poussière ou l'année d'origine. Qui a dit que le digital n'était pas le fun???
Poetry and music are for those with straight connections between ears, eyes, heart, and gut. (Diane Dorr-Dorynek)
mardi 1 février 2011
Les joies du vinyle enfin sur digital!!!
... grâce au formidable plug-in gratuit VST ou DirectShow de iZotope, iZotope Vinyl.
lundi 31 janvier 2011
Midnight Cowboy perd son père... RIP John Barry
C'est le compositeur d'un de mes thèmes préférés, l'inoubliables mélodie de Midnight Cowboy (grand film, grand thème), joué à l'époque par Toots Thielemans. Il a aussi mis en sons les James Bond de la grande époque. Bref, parmi les grands compositeurs du XXe siècle.
RIP John Barry.
RIP John Barry.
dimanche 30 janvier 2011
Mix tape No 63 - Electro-Crush Vol. 1
... And now, for something completely different...
001 Flying Lotus - ...And The World Laughs With You ft. Thom Yorke. Thom Yorke (Radiohead) semble ajouter un surcroît d'âme à tout ce qu'il touche. La meilleure pièce d'un disque électro (Cosmogramma) qui a pas mal fait parler de lui l'année dernière. |
002 How to Destroy Angels - The Space in Between Le véhicule musical de Trent Reznor (Nine Inch Nails) et de sa jolie petite copine. Surprenant! |
003 Nine Inch Nails - The Four of Us are Dying Trent Reznor encore... |
004 Faust - Four Plus Seven Means Eleven remixed by Dax & Pieper Freispiel: formidable collection de remix de titres récents du célèbre groupe krautrock Faust |
005 Steven Wilson - Abandoner L'inépuisable Steven Wilson (Porcupine Tree) a besoin en plus de sortir des albums solos! |
006 Steven Wilson - Abandoner [Engineers Mix] ... et de sortir une très belle compilations de remix du même album (NSRGNTS RMX) |
007 Björk - Come To Me (Black Dog Mix) L'indispensable Bjôrk, dans un album de remix de son tout premier album solo (The Best Mixes From The Album-Debut) |
008 Faust - Wir Brauchen Dich #6 remixed by Gel- Dave Ball (Soft Cell) & Ingo Vauk De nouveau, Freispiel |
009 Faust - T-Électronique remixed by Mathias Schaffhäuser .. et de nouveau |
010 Infected Mushroom - Smashing the Opponent (feat. Jonathan Davis) Pas nécessairement mon truc, mais ce titre est assez irreésistible |
011 Portishead - Plastic Un des nombreux formidables extraits du plus récent Portishead. |
012 Nine Inch Nails - 4 Ghosts I Un des nombreux projets récents de Trent Reznor. |
013 Hans Zimmer - Dream Is Collapsing Formidable bande-son du formidable Inception avec le formidable Johnny Marr (The Smiths) à la guitare |
014 Air - Brakes On Un des premiers titres du duo français. Sur Premiers symptômes. |
015 Radiohead - Packt Like Sardines In A Crushd Tin Box Le plus difficile, c’est de choisir! Le titre qui ouvre le sous-estimé Amnesiac. |
017 How to Destroy Angels - A Drowning Retour à Reznor et la sémillante Mariqueen Maadig |
016 Hans Zimmer - Old Souls L'hommage de Zimmer à la bande-son de Blade Runner de Vangelis. |
jeudi 27 janvier 2011
Y'a quelque chose qui cloche là-dedans...
"We were great," he [Paul Motian] said that weekend, at a Hungarian strudel-and-coffee spot on Amsterdam Avenue. "But look at this - I got one hundred and thirty-six dollars for the famous legendary record, one hundred and ten for the gig, and one hundred and seven for the second record."
- tiré du New Yorker, 13 août 2001
mercredi 26 janvier 2011
Jeff Buckley Live - Icare noyé
Pour certains, pour la plupart des amateurs de rock, la musique est un peu morte le 5 avril 1994, lorsque Kurt Cobain, défoncé à l'héroîne et au désespoir le plus noir, a écrit une lettre à son ami imaginaire Boddahn avant de mettre fin à ses souffrances de la manière la plus violente, chez lui, à Seattle.
Mais pour moi, cette mort, prévisible, annoncée, aussi triste fut-elle, ne fut rien à comparer au gâchis de talent qu'a constitué la noyade, 3 ans plus tard, de Jeff Buckley, le 29 mai 1997.
En fait, est-il arrivé pareille tragédie dans le rock depuis la mort de Jimi Hendrix?
Je pose la question, comme ça, en écoutant, abasourdi, le live Mystery White Boy (Live 1995-96)... Un des multiples disques posthumes qui cherchent à combler le trou dans notre coeur depuis que Buckley a piqué une tête dans le Mississipi en chantant Whole Lotta Love, pour ne plus reparaître.
Ricanement de la Grande Faucheuse
Buckley était à Memphis, préparant le successeur à son unique album, l'extraordinaire Grace, paru en 1994, et un des albums les plus parfaits de l'histoire du rock. Comme si la passion d'un Van Morrison, la muse poétique d'un Jim Morrison et l'énergie d'un Robert Plant avaient migré dans un seul corps, celui de cet espèce de Rimbaud californien, chanteur de coffee-shop new-yorkais transfiguré en rock-star dans un scénario qui aurait pu être parfait, s'il n'y avait eu ce stupide accident.
Serez-vous surpris d'apprendre que Buckley brûlait les planches? Son Live At Siné est un témoignage magnifique de son travail solo, intime, celui d'avant Grace. Mais ce Mystery White Boy, malgré ses immenses défauts, c'est la preuve qu'on tenait là une véritable bête de scène rock.
Immenses défauts parce que ce n'était pas des enregistrements destinés à une circulation publique. Le son, préservé sur des DAT, est au mieux correct; mais on reste soufflé par le feu qui habite non seulement Buckley mais son groupe, soudé à son leader. Et si la plupart des pièces de Grace ne sont guères différentes des originaux en studio que nous avons appris à aimer, il y a sur ce live quatre pièces que tout fan de Buckley doit entendre. Deux nouveautés magnifiques, très rock, I Woke Up In A Strange Place (référence à ses années d'errance sur les routes à "dépendre du hasard et des rencontres"?) et la très émouvante What Will You Say, (qui rappelle vaguement le Kasmir led zeppelien, cri du coeur à l'endroit d'un père qu'il n'a vu qu'une fois dans sa vie?)... mais aussi une version presque punk et absolument saoulante de Eternal Life...
Et au final, un Buckley soudain fragile, à la voix peu sûre, presque maniéré, reprend le hit qui lui survivra à jamais, sa reprise du Hallelujah de Leonard Cohen. Et, idée magnifique, il intercale quelques lignes d'une des plus belles pièces des Smiths, I Know It's Over...Eternal Life, Hallelujah, I Know It's Over...
Les Muses avaient-elles chuchoté à Jeff que son destin serait forcément tragique et sa vie brève?
Icare s'est noyé dans le Mississipi.
P.S. Peut-on interdire gentiment mais fermement les reprises futures de Hallelujah? Elles sont si nombreuses que ça en devient ridicule. J'en ai deux qui se sont ajoutés dans ma collection depuis une semaine (Ariane Moffat, Renée Fleming) et honnêtement que peuvent-elles ajouter? La version définitive existe.
vendredi 21 janvier 2011
Mix Tape 62 - En Mineur Vol. 2
80 minutes bien serrées.
Et on pourrait faire un volume 3 sans problèmes.
01 Mercy Rocco DeLuca And The Burden. Superbe disque produit par Daniel Lanois, honteusement méconnu
02 Résident de la République Bashung. L'ultime Bashung
03 Miss catastrophe Biolay, Benjamin. Le play-boy Biolay à son plus acide
04 Tel que tu es Gainsbourg, Charlotte avec le duo Air et Nigel Godrick (Radiohead) à la production
05 Les Invectives Moffatt, Ariane
06 Invente une langue pour me nommer Perreau, Yann
07 Pour Retrouver Le Monde et l'Amour Séguin, Richard: la poésie de Miron, de l'album 12 hommes rapaillés Vol. 1
08 Bo Derek Arthur H: du magnifique Mystic Rumba, dédié à Llhasa. Je tiens à dire, pusique ma blonde me l'a demandé, que je n'ai jamais vu le film-culte Ten. Ni d'ailleurs Bolero. mais il n’est jamais trop tard!
09 Nightingale Rocco DeLuca And The Burden
10 28 jours Karkwa
11 Mad World Michael Andrews Feat. Gary Jules: reprise impressionniste de Tears For Fears
12 Somewhere In Between Kate Bush
13 I Believe In You Black Dub: le groupe de Daniel Lanois, et la formidable Trixie Whitley à la voix
14 Cursed Sleep Billy, Bonnie 'Prince': enregistré en Islande par l'énigmatique Will Oldham
15 Lord Of The Reedy River Bush, Kate: une rareté de Kate Bush, compo de Tim Buckley (oui, le père de Jeff Buckley)
16 Junky Valentine Rocco DeLuca And The Burden
17 Love Is Blindness Wilson, Cassandra: peut-être la meilleure reprise de U2 que j'ai jamais entendue
18 Calling You Buckley, Jeff: enregistrement live de Jeff Buckley, dans un café, avant la célébrité. Reprise du thème de "Bagdad Café".
19 Harvest Moon Wilson, Cassandra: reprise de Neil Young.
mercredi 19 janvier 2011
Mix Tape 61 - En mineur
Ça fait longtemps, très longtemps, que je n'ai pas fait un "mix tape"... Avec les serveurs, le "playlist" en constante métamorphose et qui s'adapte en un clin d'oeil à nos humeurs, l'idée même d'un "mix tape" figé pour de bon est devenue complètement obsolète. L'idée de préparer une sélection de pièces, de les cadencer soigneusement, de trouver le point de mixage idéal, de synthétiser 80 minutes de musique spécialement pour une personne a été remplacée par l'échange de disques durs ou de clés USB débordant de fichiers digitaux.
Pour le moment...
Parce que comme tout tourne en rond... un jour, on peut prévoir que le "mix tape" et son parfum suranné d'éternité fera un retour.
Je l'espère en tout cas.
Parce que le modeste "mix tape", qu'il soit sur CD ou sur ruban, c'est un petit moment d'éternité émotive que l'on vent fixer; pour le mélomane non-musicien, c'est sa petite symphonie intime, dédiée normalement à quelqu'un...
Anyway, hier, j'ai eu envie de faire un "mix tape" pour ma soeur. Ma soeur aime la musique en mineur. Au sens musical du terme. La mélancolie du mineur vient pincer une corde intime, la connecte sur un sens enfoui.
Ça tombe bien, moi aussi.
Et comme j'avais envie de lui faire découvrir des trucs, j'ai essayé de trouver des trucs qui lui sont inconnues...
Donc, mon "mix tape" no 61, "En mineur".
01 Air – Playground Love : l'inoubliable thème de "Virgin Suicides". Le son du mellotron, ressuscité par le duo français
02 Smiths, The - Death Of A Disco Dancer: un disque que j'ai beaucoup écouté avec elle
03 Miranda, Holly - Joints: parfums du label 4AD et des années '80, avec la mise en sons du leader de TV On The Radio;
04 Jónsi - Tornado - le leader de Sigur Ros dans ce qu'il fait de mieux
05 Gabriel, Peter - Flume - interprétation fantastique de la pièce de Bon Iver
06 Radiohead - Sail To The Moon (live, NYC) - interprétation dépouillée et troublante
07 Gibbons, Beth;Rustin Man - Drake - le disque en mineur de la dernière décennie, par la chanteuse de Portishead et un membre obscur de Talk Talk, hommage à Nick Drake
08 Moffatt, Ariane - Brain Damage - qui aurait cru qu'on pouvait faire une version "unpluggeed" du grand classique pink floydien? Sur l'excellente bande sonore de "Trauma"
09 Egan, Coral - Breathe - un grand talent montréalais, mis en sons par Charles Papasoff
10 Jorane - Cucaracha - Jorane à son plus troublant
11 Massive Attack - Paradise Circus (feat. Hope Sandoval) - la liste des chanteuses ayant prêté leurs voix à Massive Attack est étourdissante. Cette fois, la discrète et sensuelle Hope Sandoval de Mazzy Starr
12 Stevens, Sufjan - Vesuvius - un extrait du meilleur disque de 2010. Mais que c'est dur à mixer avec autre chose, tellement c'est spécial!
13 Flying Lotus - ...And The World Laughs With You. Le groupe électro de l'heure, avec la voix de Thom Yorke de Radiohead
14 Scott-Heron, Gil - Me And The Devil. Parfums de prison et de descente aux enfers... Gil Scott-Heron restera-il dans la lumière ou retournera-t-il tutoyer le diable?
15 Massive Attack - Saturday Come Slow. L'omniprésent Damon Albarn (Blur, Gorillaz), un créateur inépuisable d'excellentes mélodies.
16 Drake, Nick - River Man. La figure tragique de la musique en mineur, le prédécesseur des Ray Lamontagne, Bonnie "Prince" Billy et de tant d'autres. S'il avait su...
17 De Larochellière, Luc - Un Toi Dans Ma Tête. L'égal de Nick Drake, dans une mélodie si belle qu'on voudrait qu'elle ne s'arrête jamais.
18 Lamontagne, Ray - Till The Sun Turns Black. Baume.
lundi 17 janvier 2011
Sur la platine: Cassandra Wilson et son Silver Pony
Mais se détachant encore du lot, prêtresse voudou distillant les parfums suaves de la swamp des origines, Cassandra Wilson et son hybride delta-blues-jazz-rock-pop...
Je découvre à peine le dernier Cassandra Wilson, Silver Pony, album vocal de l'année 2010 selon le Village Voice, et je suis de nouveau hypnotisé, comme par une blessure fascinante, ou une cérémonie religieuse nocturne, avec un sacrifice vivant qui se balance au bout d'une corde... Il y a quelque chose de si dense dans cette musique, dans cette voix noire, dans cet entrelacs serré de guitares sudistes, de percus... Fascinant.
Depuis Blue Light Til Dawn en 1993, la conception musicale de Cassandra Wilson évolue sans jamais perdre son unicité. Un monde qui se distingue par la préséance des cordes sur les cuivres (pratiquement absents), par un respect du blues du delta sans jamais que la sauce ne devienne stagnante; pop et rock s'incorporent sans peine, les reprises mirifiques de U2, de Hank Williams, de Neil Young et Van Morrisson trouvant leur place sans peine auprès des Robert Johnson et Charley Patton.
Ce Silver Pony est une curieuse bête, mi-live, mi-studio, qui nous offre un aperçu de l'organisation organique de la musique dans un groupe dirigé par Cassandra Wilson; les musiciens, loin d'être des accompagnateurs, sont au coeur de chaque chanson, comme cette guitare bottleneck de Marvin Sewell qui zèbre les ambiances rythmiques denses de la dame. Écoutez cette reprise à la fois trépidante et traînante de St James Infirmary, le long blues de Pony Blues, la reprise imaginative de Blackbird des Beatles, la très belle Watch The Sunrise au finale, avec John Legend aux voix et piano.
Laissant la conclusion au critique FRANK ALKYER de Downbeat:
Silver Pony is a record that begs listeners to suspend notions of what a live recording should be or what a studio recording can be. After a few spins, it doesn’t matter. There’s too much to like.

QUALITÉ SONORE:
Pour ceux qui, comme moi, sont préoccupés par la qualité sonore des albums, dont certains trouvent que les disques de Mme Wilson ont tendance à baver beaucoup dans les basses fréquences, laissez-moi vous annoncer une excellente nouvelle: masterisation (Bob Katz) sans compression dynamique, énormément de dynamique, bel équilibre des timbres: l'esthétisme "live" à son meilleur. Écoutez "Pony Blues", vous m'en donnerez des nouvelles: 21,58 dB d'écart dynamique moyen, et ça s'entend.
Libellés :
Bob Katz,
Cassandra Wilson,
John Legend,
Marvin Sewell
vendredi 14 janvier 2011
MusikLeaks - The Smiths et Kate Bush
Pendant que Julian Essange et WikiLeaks défendent à leurs risques et périls le droit à la libre circulation des infos sur I'Internet et que les gouvernements et grosses corporatifs cherchent encore la parade à la danse libre qui s'y déroule, des pépites d'or musicales y circulent, plus ou moins confidentiellement, plus ou moins légalement; oeuvres retenues (contre leur gré) par des détenteurs de droits armés d'extensions légales démesurées, à 300$ ou 500$ l'heure...
Ainsi, Noël est arrivé un peu tôt cette année pour les très nombreux "complétistes" des Smiths, un des très grands groupes anglais des années '80, disparus en 1987 après 4 années d'une production frénétique, dont le rythme évoquait furieusement l'éthique des années "60, lorsque les groupes lançaient 2 albums et quelques 45-tours "qui ne se retrouvaient pas sur les albums" annuellement. Un mythique "coffret" sans cesse repoussé. comprenant "singles", "b-sides", prises alternatives, démos et "live" est régulièrement au centre de rumeurs depuis une dizaines d'années. Mais en vain: Morrissey et Johnny Marr ont vécu un divorce artistique brutal, et ce n'est pas la poursuite légale (victorieuse) du bassiste Mick Joyce contre ses anciens partenaires qui allait arranger les choses. Un remastering de leur matériel par Bill Iglot de Rhino n'aura finalement donné qu'une compilation, "The Very Best of The Smiths". Et le coffret, sans cesse remis, toujours espéré, accumule la poussière.
Jusqu'au 19 décembre dernier. Alors qu'un membre anonyme de l'entourage immédiat du groupe (plusieurs chuchotent d'ailleurs qu'il s'agit d'un membre du groupe!) et apparemment exaspéré par l'immobilisme de Johnny Marr a laissé sortir sur Internet d'excellents fichiers "lossless" réunis dans une compilation appelée Unreleased Demos & Instrumentals... on parle d'une qualité sonore tout ce qu'il a de plus professionnel, 16 pistes (y compris deux "originales") qui sont autant de pépites d'or, parfois assez proches des originales, parfois radicalement différentes (Sheila Take A Bow avec de la cithare???), et qui témoignent d'une recherche sonore fascinante. Prises directes de studio, commentaires des membres après les prises, mixages alternatifs... ce n'est pas sans rappeler la fascinante "Anthology" de John Lennon, et pour ceux qui aiment explorer le processus de création des musiciens et les oeuvres musicales sous différents éclairages, voilà un fascinant "bootleg"... Et paraît-il que ce n'est que le tiers de ce qui serait entre les mains du généreux donateur. Peut-être Johnny Marr (dont on peut entendre la céleste guitare sur certaines pièces de la bande-son d'Inception) prendra acte et lâchera-t-il un coup de fil au dandy poète Morrissey, dont la carrière solo continue d'aller bon train.
Plus d'infos ici: http://thepowerofindependenttrucking.blogspot.com/2011/01/mastered-smiths-stereo-demos-outtakes.html
Plus dur à trouver, mais à ne pas rater... le spécial de Noêl de la BBC4 de 1979 avec Kate Bush. La jeune protégée de David Gilmour n'avait que 21 ans mais était déjà une très grande star en Angleterre, grâce à ses deux premiers albums envoûtants et sensuels, The Kick Inside et Lionheart. Mais au moment de cette transmission, la jeune prodige est en pleine transformation: les mélopées "Bröntiennes" et les confidences romantiques de la jeune fille à son piano laissent maintenant place à une exploratrice sonore aussi ambitieuse que raffinée, et ce n’est pas un hasard si les très rock Violin et Wedding List et la superbe Egypt du chef d'oeuvre en gestation Never For Ever prennent une place spéciale dans ce "spécial". On sait la jeune Bush danseuse émérite; vous ne me ferez jamais avouer que c’est son côté que je préfère, même sous la torture, mais dans le genre, le petit numéro de "Them Heavy People" vous arrachera un sourire; "December Will Be Magic Again", qu'on ne trouve que sur son coffret This Woman's Work, est le rappel le plus direct à une pièce de Noël, mais miss Bush le fait à sa manière, assise au piano à queue: très belle chanson.
Mais le moment magique, pour moi, c'est l'apparition de son invité, un tout jeune Peter Gabriel (qui n'a pas 30 ans), à quelques mois du mythique Peter Gabriel (III) qui devait lui redonner sa pertinence artistique sur la scène rock mondiale... Gabriel a cette tronche tourmentée de thanatologue ou d'étudiant en philosophie qui correspond à la période la plus creuse de sa carrière, celle qui suit le très méconnu Peter Gabriel (II), produit par Robert Fripp. Gabriel commence par reprendre le pinacle émotionnel de son premier album, la magnifique Here Comes The Flood, mais à la manière Fripp, c’est à dire avec sobriété et émotion, seul au piano, tel que vous pouvez l'entendre sur l'excellent Exposure de Fripp, et à mille lieux de la symphonique version du PG I (que Fripp qualifiait d'américaine et vulgaire en entrevue).
Plus magique encore, le moment le plus fort du spécial télévisé: en duo, une reprise d'une pièce belle et triste à pleurer, une histoire de vieux couple appelée Another Day. L'oeuvre d'un artiste de folk anglais, Roy Harper (un bon ami de Jimmy Page, comme vous le constaterez en sortant votre copie de Led Zeppelin III). Deux magnifiques interprètes, réunis pour la première fois pour un moment de grâce musical, et qui renoueront sur le Peter Gabriel (III) ("Games Without Frontiers") et So ("Don't Give Up").
Un aperçu, en basse qualité:
http://www.myspace.com/video/vid/6181309
Cette rencontre n'est sur aucun disque officiel, malheureusement. La même pièce est chantée par la superbe Elizabeth Fraser (Cocteau Twins) sur le premier This Mortal Coil. Très conseillé.
Peter Gabriel et Kate Bush seront, pendant quelques années, les deux plus fascinantes bêtes à sons de l'Angleterre, deux âmes-soeurs artistiques qui repoussent les limites de la production "studio" (The Dreaming de Kate Bush est une sidérante exploration sonore que vous devez avoir dans votre discothèque, et hâtez-vous, car tous les Kate Bush sont discontinués depuis peu).
Bref, cette pépite de la BBC, un technicien de la place aurait décidé de la faire circuler sur Internet, dans une excellente copie car le bonheur, faut bien que ça se partage, non? En attendant que la BBC en fasse une véritable édition...
Les pièces:
Violin
Ainsi, Noël est arrivé un peu tôt cette année pour les très nombreux "complétistes" des Smiths, un des très grands groupes anglais des années '80, disparus en 1987 après 4 années d'une production frénétique, dont le rythme évoquait furieusement l'éthique des années "60, lorsque les groupes lançaient 2 albums et quelques 45-tours "qui ne se retrouvaient pas sur les albums" annuellement. Un mythique "coffret" sans cesse repoussé. comprenant "singles", "b-sides", prises alternatives, démos et "live" est régulièrement au centre de rumeurs depuis une dizaines d'années. Mais en vain: Morrissey et Johnny Marr ont vécu un divorce artistique brutal, et ce n'est pas la poursuite légale (victorieuse) du bassiste Mick Joyce contre ses anciens partenaires qui allait arranger les choses. Un remastering de leur matériel par Bill Iglot de Rhino n'aura finalement donné qu'une compilation, "The Very Best of The Smiths". Et le coffret, sans cesse remis, toujours espéré, accumule la poussière.
Jusqu'au 19 décembre dernier. Alors qu'un membre anonyme de l'entourage immédiat du groupe (plusieurs chuchotent d'ailleurs qu'il s'agit d'un membre du groupe!) et apparemment exaspéré par l'immobilisme de Johnny Marr a laissé sortir sur Internet d'excellents fichiers "lossless" réunis dans une compilation appelée Unreleased Demos & Instrumentals... on parle d'une qualité sonore tout ce qu'il a de plus professionnel, 16 pistes (y compris deux "originales") qui sont autant de pépites d'or, parfois assez proches des originales, parfois radicalement différentes (Sheila Take A Bow avec de la cithare???), et qui témoignent d'une recherche sonore fascinante. Prises directes de studio, commentaires des membres après les prises, mixages alternatifs... ce n'est pas sans rappeler la fascinante "Anthology" de John Lennon, et pour ceux qui aiment explorer le processus de création des musiciens et les oeuvres musicales sous différents éclairages, voilà un fascinant "bootleg"... Et paraît-il que ce n'est que le tiers de ce qui serait entre les mains du généreux donateur. Peut-être Johnny Marr (dont on peut entendre la céleste guitare sur certaines pièces de la bande-son d'Inception) prendra acte et lâchera-t-il un coup de fil au dandy poète Morrissey, dont la carrière solo continue d'aller bon train.
Plus d'infos ici: http://thepowerofindependenttrucking.blogspot.com/2011/01/mastered-smiths-stereo-demos-outtakes.html
Plus dur à trouver, mais à ne pas rater... le spécial de Noêl de la BBC4 de 1979 avec Kate Bush. La jeune protégée de David Gilmour n'avait que 21 ans mais était déjà une très grande star en Angleterre, grâce à ses deux premiers albums envoûtants et sensuels, The Kick Inside et Lionheart. Mais au moment de cette transmission, la jeune prodige est en pleine transformation: les mélopées "Bröntiennes" et les confidences romantiques de la jeune fille à son piano laissent maintenant place à une exploratrice sonore aussi ambitieuse que raffinée, et ce n’est pas un hasard si les très rock Violin et Wedding List et la superbe Egypt du chef d'oeuvre en gestation Never For Ever prennent une place spéciale dans ce "spécial". On sait la jeune Bush danseuse émérite; vous ne me ferez jamais avouer que c’est son côté que je préfère, même sous la torture, mais dans le genre, le petit numéro de "Them Heavy People" vous arrachera un sourire; "December Will Be Magic Again", qu'on ne trouve que sur son coffret This Woman's Work, est le rappel le plus direct à une pièce de Noël, mais miss Bush le fait à sa manière, assise au piano à queue: très belle chanson.
Mais le moment magique, pour moi, c'est l'apparition de son invité, un tout jeune Peter Gabriel (qui n'a pas 30 ans), à quelques mois du mythique Peter Gabriel (III) qui devait lui redonner sa pertinence artistique sur la scène rock mondiale... Gabriel a cette tronche tourmentée de thanatologue ou d'étudiant en philosophie qui correspond à la période la plus creuse de sa carrière, celle qui suit le très méconnu Peter Gabriel (II), produit par Robert Fripp. Gabriel commence par reprendre le pinacle émotionnel de son premier album, la magnifique Here Comes The Flood, mais à la manière Fripp, c’est à dire avec sobriété et émotion, seul au piano, tel que vous pouvez l'entendre sur l'excellent Exposure de Fripp, et à mille lieux de la symphonique version du PG I (que Fripp qualifiait d'américaine et vulgaire en entrevue).
Plus magique encore, le moment le plus fort du spécial télévisé: en duo, une reprise d'une pièce belle et triste à pleurer, une histoire de vieux couple appelée Another Day. L'oeuvre d'un artiste de folk anglais, Roy Harper (un bon ami de Jimmy Page, comme vous le constaterez en sortant votre copie de Led Zeppelin III). Deux magnifiques interprètes, réunis pour la première fois pour un moment de grâce musical, et qui renoueront sur le Peter Gabriel (III) ("Games Without Frontiers") et So ("Don't Give Up").
Un aperçu, en basse qualité:
http://www.myspace.com/video/vid/6181309
Cette rencontre n'est sur aucun disque officiel, malheureusement. La même pièce est chantée par la superbe Elizabeth Fraser (Cocteau Twins) sur le premier This Mortal Coil. Très conseillé.
Peter Gabriel et Kate Bush seront, pendant quelques années, les deux plus fascinantes bêtes à sons de l'Angleterre, deux âmes-soeurs artistiques qui repoussent les limites de la production "studio" (The Dreaming de Kate Bush est une sidérante exploration sonore que vous devez avoir dans votre discothèque, et hâtez-vous, car tous les Kate Bush sont discontinués depuis peu).
Bref, cette pépite de la BBC, un technicien de la place aurait décidé de la faire circuler sur Internet, dans une excellente copie car le bonheur, faut bien que ça se partage, non? En attendant que la BBC en fasse une véritable édition...
Les pièces:
Violin
Symphony in blue
Them heavy people
Here comes the flood (with Peter Gabriel)
Ran tan waltz
December will be magic again
The wedding list
Another day (with Peter Gabriel)
The man with the child in his eyes
Don’t push your foot on the heartbrake
Them heavy people
Here comes the flood (with Peter Gabriel)
Ran tan waltz
December will be magic again
The wedding list
Another day (with Peter Gabriel)
The man with the child in his eyes
Don’t push your foot on the heartbrake
Libellés :
David Gilmour,
Johnny Marr,
Kate Bush,
Led Zeppelin,
Morrissey,
Peter Gabriel,
Roy Harper,
The Smiths
lundi 10 janvier 2011
Sur la platine: JUDAS DYLAN
Il était une fois le bootleg le plus célèbre de l'histoire du rock.
Il était une fois Robert Zimmerman, alias Bob Dylan, Jésus-Christ juif du mouvement folk, "protest signer" acclamé dès son arrivée sur la scène, successeur auto-proclamé (et surdoué) de Woody Guthrie, qui, bourré aux amphétamines et éclatant sous la camisole de force des bien-pensants de la gauche musicale, décide de briser ses chaînes et de se "plogguer". Il engage un groupe canadien de rock pesant, les Hawks (avec à leur tête l'Amérindien Robbie Robertson) et part en tournée agresser ses adorateurs à coup de décibels électrifiés.
Et ça bardait.
Parce que les adorateurs, reconnaissant dans les guitares électriques la marque d'un AntéChrist musical, n'allaient pas le laisser s'en tirer comme ça.
Cohue, huées, objets lancés, une tournée aux allures de guerre de tranchées.
Lorsque Dylan débarque à Manchester le 17 mai 1966, il commence son spectacle par un "set" acoustique, seul, guitare et harmonica.
Et la différence de ton avec les enregistrements publics de deux ans (The Bootleg Series Vol. 6 Bob Dylan Live 1964, Concert At Philharmonic Hall) plus tôt est sidérante. Même dans le set acoustique. Lui qui était joyeux, sarcastique et moqueur en 1964, est maintenant recueilli, sombre, intense, Dylan nous donne 40 minutes de musique confessionnelle qui présagent les Neil Young et Nick Drake de ce monde de quelques années. Son interprétation de "Desolation Row" donne des frissons, son "Just Like A Woman" est d'une douceur inhabituelle chez lui, lui, le désinvolte suprême.
Mais lorsqu'il clôt cette première partie avec Mr Tambourine Man, on le sent qui mord dans les mots avec dédain, moquerie. Comme s'il regardait ses admirateurs folk dans les yeux et leur jetait quelque chose qui ressemble bien à du mépris.
Juste pour cette première partie, l'édition officielle de ce bootleg vaudrait son prix.
Il me reste à écouter ce qui a suivi, le deuxième disque, le "set" électrique. Lui qui dit Just Play Fuckin' Loud aux Hawks (qui deviendront The Band bientôt). Et un illuminé dans la foule qui rendra ce show immortel lorsqu'il lui hurlera: JUDAS. Un set que certains considèrent comme le meilleur document "live" jamais enregistré dans l'histoire du rock.
Judas n'était qu'un homme qui ne voulait pas être Jésus Christ.
Libellés :
Bob Dylan,
Hawk,
Robbie Robertson,
The Band
jeudi 6 janvier 2011
Des nouvelles de Rocco DeLuca
Son blogue étant resté inexplicablement vide pendant plus d'un an, j'avais cessé de fréquenter les pages de Rocco deLuca...
Rocco deLuca est ce troubadour rock magnifique, artiste du dobro, qui, sous une direction vachement inspirée de Daniel Lanois, a sorti un des grands disques de rock des années 2000, dans une confidentialité presque totale... Oui, dans mon livre à moi, "Mercy" (commentaire ici) se hisse près du niveau du "Grace" de Jeff Buckley... Une musique qui sent la route, l'errance, la poésie, l'amitié et l'amour - les combats inachevés de l'être humain... poésie et rock shootés à l'intraveineuse... Rimbaud californien doté d'un falsetto qui tue.
Malheureusement, la business musicale est dure ces années-ci, comme chacun sait. Comment ce disque a-t-il pu passer dans le beurre, je me le demande. Comment est-il arrivé à moi, je me le demande aussi. Pas de critiques, pas de concerts, et un label qui semble avoir oublié son existence... Ah oui, ma douce, après quelques notes entendues dans un Renaud-Bray, avait compris que j'allais être flipper, et me l'a acheté. Je vous souhaite une blonde qui déniche pour vous les pépites de l'orgie culturelle.
Rocco donc, les poches certainement vides, existe encore. Il tourne confidentiellement, seul... Entrée de blogue d'avril dernier...
Voilà, je voulais partager avec vous ces mots, directs et simples, de l'artiste qui suit sa route, la seule qu'il connaisse.
Nous sommes souvent durs avec les artistes. Je ne parle pas des gens du show-biz, que j'exècre de plus en plus, je parle des artistes, avec qui nous les confondons souvent. N'allez surtout pas croire que les créateurs de ces galettes que nous faisons tourner négligemment en faisant autre chose n'ont pas payé un dur prix leur talent de composer des oeuvres.
Rocco deLuca est ce troubadour rock magnifique, artiste du dobro, qui, sous une direction vachement inspirée de Daniel Lanois, a sorti un des grands disques de rock des années 2000, dans une confidentialité presque totale... Oui, dans mon livre à moi, "Mercy" (commentaire ici) se hisse près du niveau du "Grace" de Jeff Buckley... Une musique qui sent la route, l'errance, la poésie, l'amitié et l'amour - les combats inachevés de l'être humain... poésie et rock shootés à l'intraveineuse... Rimbaud californien doté d'un falsetto qui tue.
Malheureusement, la business musicale est dure ces années-ci, comme chacun sait. Comment ce disque a-t-il pu passer dans le beurre, je me le demande. Comment est-il arrivé à moi, je me le demande aussi. Pas de critiques, pas de concerts, et un label qui semble avoir oublié son existence... Ah oui, ma douce, après quelques notes entendues dans un Renaud-Bray, avait compris que j'allais être flipper, et me l'a acheté. Je vous souhaite une blonde qui déniche pour vous les pépites de l'orgie culturelle.
Rocco donc, les poches certainement vides, existe encore. Il tourne confidentiellement, seul... Entrée de blogue d'avril dernier...
in search of quality-
I've been tripping from Kingston to Oakland and a
few stops in between-
i've been collecting image of the villages, cities, and people who i have been fortunate enough to meet- blogging took a brief break because i do not carry a computer with me on my travels - only a few items which include: national, pocket knife, tape, small grab of clothes, book to read, book to write in, and the use of local talents to help document sight and sound-
i have written some words for the true kings, those who are fearless in the face of the conventional wisdom- i wanted to record where history, hope, and the drum lives- producer, engineer and friend Mark Howard aka "Dirty Howard" had done some work in Jamaica and was familiar with a talent from the area who went by the name Dizzle.
(who played along to what could be considered folk songs). The results were worth the trip alone, we felt as if we created a collision of the written word, beats from the ground, and the energy that only an eighty-year-old Duolian can create. The God's were with us-
we recorded the live sessions in seven nights- my friend and gorilla-skateboarding-film-geek Ted Newsome from "Two Headed Horse" decided to come and film the live sessions- along with our trips through Port Antonio, Kingston, and the Blue Mountains. i'm currently going through footage with Ted to let others experience the happening with us. Thank you to Mark and Daniel Lanois for there encouragement with this trip.
-when i arrived back home, as usual, i was a bit restless after having been creating music on a very focused nightly basis. i go through these cold depressions when a thing is finished. I miss the music, the laughs, the coffee, the weed, the water, the soil- i decided to strap my national to the back of my machine and take off for the East Bay for a while. i know i looked mad (with everything i own tied to the back) by the expressions on the faces of people i passed. I had never ridden that far and thought it would be something to see PCH without being in a cage- i stayed with a friend, and explored for two weeks (graffiti is alive and well), which is different from going straight to the show and leaving directly after- i came back down through the central valley which opened into big skies and great distances, so great you feel small, then smaller-
after dropping out of the commercial world i have had to be more resourceful- efficient- raw- however, i have been afforded the opportunity to live amongst those who place quality above the popular-
as a result i will be playing stripped down shows over the next couple of months until we are able to share this next record, which will take a minute to sort out how it will be shared- i've got hope in my veins- my grandma said i might be able to borrow her ride for the tour- i want to see you in your hood-
bless,
rocco
Nous sommes souvent durs avec les artistes. Je ne parle pas des gens du show-biz, que j'exècre de plus en plus, je parle des artistes, avec qui nous les confondons souvent. N'allez surtout pas croire que les créateurs de ces galettes que nous faisons tourner négligemment en faisant autre chose n'ont pas payé un dur prix leur talent de composer des oeuvres.
mercredi 5 janvier 2011
RIP Mick Karn
Ouf... on veut pas partir une chronique nécrologique, mais rude début d'année.
Quelques heures après Gerry Rafferty, voici Mick Karn, vaincu par le cancer.
Mick Karn, dont la basse ronde, enveloppante, si particulière, a tant fait pour le son de Japan, le superbe groupe synth-rock de David Sylvian.
Écoutez l'ultime album de Japan, Tin Drum, ou encore l'excellent et très méconnu Dance de Gary Numan, et vous aurez la juste mesure d'un musicien qui savait faire chanter et danser sa basse à la fois.
RIP.
Le site de Mick Karn vous offre 70 MB de musique à télécharger gratuitement...
Quelques heures après Gerry Rafferty, voici Mick Karn, vaincu par le cancer.
Mick Karn, dont la basse ronde, enveloppante, si particulière, a tant fait pour le son de Japan, le superbe groupe synth-rock de David Sylvian.
Écoutez l'ultime album de Japan, Tin Drum, ou encore l'excellent et très méconnu Dance de Gary Numan, et vous aurez la juste mesure d'un musicien qui savait faire chanter et danser sa basse à la fois.
RIP.
Le site de Mick Karn vous offre 70 MB de musique à télécharger gratuitement...
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Mick Karn
mardi 4 janvier 2011
RIP Gerry Rafferty
Triste, mais le temps passe et emporte peu à peu nos héros de jeunesse.
L'auteur-interprète d'un de mes tout premiers 45-tours vient d'être emporté après une spirale descendante alcoolisée qui s’est étendue sur de longues années.
Vous vous rappelez Baker Street de Gerry Rafferty?
Formidable hit AM-FM, mis en son avec une science qui s’est peu à peu perdue dans le temps. Un solo de sax si populaire qu'onr aconte que les ventes de saxophone ont connu une hausse soudaine à cause de ce hiy!
Le nom de Gerry Rafferty est pour moi indissociable de ma découverte du rock et de la pop musik. Son disque "City To City" fut un des premiers 33-tours de mon grand copain de l'époque, Y.R., et Baker Street jouait, tout le temps, sur toutes les sonos.
D'autres parmi vous reconnaîtrez sa voix dans son tout premier "single", au sein d'un duo avec Joe Egan appelé Stealers Wheel, qui faisait partie de la bande son du Reservoir Dogs de Tarantino, grand amateur du rock façon seventies... Ça s'appelait Stuck In The Middle With You... et ça racontait sur un ton léger une sale moment à endurer un party de l'industrie du disque. Ironiquement, après la séparation de Stealers Wheel, Rafferty devrait se battre pendant trois ans avec l'industrie avant de pouvoir sortir son premier disque solo, le fameux City To City, qui s'accrocherait 49 semaines dans le Top 200 de Billboard.
Je passe la plume à un certain Nick Derisio de l'excellent site Something Else Reviews
L'auteur-interprète d'un de mes tout premiers 45-tours vient d'être emporté après une spirale descendante alcoolisée qui s’est étendue sur de longues années.
Vous vous rappelez Baker Street de Gerry Rafferty?
Formidable hit AM-FM, mis en son avec une science qui s’est peu à peu perdue dans le temps. Un solo de sax si populaire qu'onr aconte que les ventes de saxophone ont connu une hausse soudaine à cause de ce hiy!
Le nom de Gerry Rafferty est pour moi indissociable de ma découverte du rock et de la pop musik. Son disque "City To City" fut un des premiers 33-tours de mon grand copain de l'époque, Y.R., et Baker Street jouait, tout le temps, sur toutes les sonos.
D'autres parmi vous reconnaîtrez sa voix dans son tout premier "single", au sein d'un duo avec Joe Egan appelé Stealers Wheel, qui faisait partie de la bande son du Reservoir Dogs de Tarantino, grand amateur du rock façon seventies... Ça s'appelait Stuck In The Middle With You... et ça racontait sur un ton léger une sale moment à endurer un party de l'industrie du disque. Ironiquement, après la séparation de Stealers Wheel, Rafferty devrait se battre pendant trois ans avec l'industrie avant de pouvoir sortir son premier disque solo, le fameux City To City, qui s'accrocherait 49 semaines dans le Top 200 de Billboard.
Je passe la plume à un certain Nick Derisio de l'excellent site Something Else Reviews
Recent reports out of London have Rafferty turning to drink, busking for tips, trashing hotel rooms, suffering from a liver ailment.
No matter. Yearning yet forever young, my old vinyl version of "City to City" is a reverie that will always take me back. Back to "Baker Street," back to teenage dreams of flight -- to a place we could never be found, to a place far away from this town -- but then, importantly, to our inevitable return.
It's appropriate, for me, then that I still must dust off the old turntable -- carefully preserved, yet stored away from my every-day grownup life -- to get there.
Gerry Rafferty takes me full circle.
R.I.P.
mercredi 29 décembre 2010
Sur la platine: les premiers sédiments de "Little Wing"
Jimi, en jeune musicien de session, sur un beau slow rhythm & blues des Isley Brothers, Have You Ever Been Disappointed?... Un beau titre que je ne connaissais pas, bâti sur le patron des plus beaux Otis Redding, et cette tonalité absolument "killer" du jeune Hendrix... De toute beauté...
Quelques minutes plus tard, surprise d'entendre une intro de guitare qui évoque irrésistiblement "Little Wing" sur un autre "slow" de facture plus "Motown", signé The Iceman, qui s'appelle (My Girl) She's A Fox.
Les deux font partie des meilleurs titres du premier CD du coffret quadruple West Coast Seattle Boy du grand musicien.
Je n'ai pas encore exploré ce coffret et ces multiples découvertes, remixages et excavations d’artéfacts sonores, mais ce premier disque, présentant Jimi en tant que musicien de studio, est une brillante idée de Experience Hendrix, la compagnie de la soeur de Jimi, qui "manage" maintenant l'héritage artistique du grand guitariste de Seattle. Allez, on leur pardonne même les étranges remixages des années '80 qui polluent l'excellent Valleys Of Neptune, sortis en mars cette années.
Et on espère une réédition explosive du célèbre concert de 1969 au Royal Albert Hall pour 2011.
J'adore ces coffrets qui nous amènent derrière la scène des albums officiels et explorent tous les sédiments du corpus officiel de grands musiciens. Pour Hendrix, c’est déjà le deuxième coffret, après le formidable Purple Box du début des années 2000. Il y a aussi l'excellent Anthology de John Lennon, la très célébrée Bootleg Series de Bob Dylan.
Si seulement l'art de la réédition pouvait atteindre de tels sommets ici, au Québec.
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Jimi Hendrix,
The Iceman
mercredi 22 décembre 2010
Pink Martini de Noël
Parce que Pink Martini est au bon goût musical d’ajourd’hui ce que le Cirque du Soleil est au… cirque d’aujourd’hui. Ce que Gotan Project est au tango nuevo. Ce que Florence K est aux musiques du monde. Juste assez raffiné pour faire se sentir mélomane des dizaines de milliers de personnes qui ne le sont pas particulièrement. Juste assez tolérable pour que les «snobs» ne passent pas trop de remarques méprisantes lorsque ça flotte au-dessus des canapés et des apéros. Juste assez formaté pour se hisser au top des ventes commerciales sans que l’impression de format ne saute aux oreilles.
Vingt cinq ans plus tôt, il faut dire, cette façon de faire aurait été appréciée par des publics beaucoup plus branchés. Aujourd’hui, le grand public adulte à demi mélomane y voit un signe de bon goût, comme c’est le cas pour les émissions de cuisine haut de gamme.
mardi 21 décembre 2010
Robert Fripp et les femmes...
Hilarant "post" suivant un commentaire (fort pertinent) disant que King Crimson et les femmes ne vont pas ensemble.
I find Larks' Tongues in Aspic Part I very useful in terminating relationships with girlfriends.
If they're particularly stubborn, I move up to Part IV.
... de la business musicale, de l'empire Virgin et Mike Oldfield et de la condition d'artiste...
Faisant un peu de recherche sur les magnifiques rééditions de la 40th Anniversary Series de King Crimson, que je ne peux que vous recommander chaudement comme exemplaire, ce bout du passionnant journal on-line de Robert Fripp...
Ce n’est pas par masochisme que Bill Bruford a laissé tomber fortune et gloire pour suivre Fripp dans son odyssée musicale...
10.51 Super Audio Mastering, Monks Withecombe, Chagford, Devon.
Our day began with Simon Heyworth, Mastering Master, indicating the copyright violations on theTubular Bells book…
… within the new special release package by Mercury UMG; comparable to our own copyright violations with Island UMG & the Keep On Running Island book. Simon was the co-producer ofTubular Bells & supplied several of his photographs, taken at the time, to Mercury UMG for possible inclusion in the book. Simon’s photographs were used without formal permissions being obtained…
… and Mercury UMG are, Simon mentions, in receipt of his solicitor’s letter.
It would be interesting were the business relationship of the time, between Richard Branson & Mike Oldfield, to be made available to informed public debate. It would be interesting were all the managerial relationships of all the main bands of the time to be made public & subject to discussion. But this is unlikely, often because of gagging orders & other activities that result in this information remaining outside the public arena. However, in his autobiography Mr. Branson explains the necessity of owning copyrights; that is, own the work of other people. And, in that frank account, Mr. Branson gave us a straightforward presentation of one good way to climb to riches: own the work of other people, in addition to owning the fruits of our own labours.
How the transfers-of-ownership of copyright interests took place, generally & historically, historically is worthy of study & reportage. What! I can imagine innocent DGM visitors expostulating.Managements & record companies unwilling to reveal details of their personal & financial dealings! Surely artists have handed over their work entirely consensually & without any undue influence or disproportionate force being applied to them by their managers & record companies to persuade these artists to submit to the distributive justice being dished out? And happy to do so!
What is not in doubt is that Mr. Branson’s Virgin empire was founded on Tubular Bells; that Mr. Branson made more money at the time from Mike Oldfield than Mike Oldfield, has more money today than Mike Oldfield, and has always had more money than Mike Oldfield – dating from around the release of Tubular Bells.
It is interesting that management & record companies always seem to make more money than the artists whose interests they, nominally, represent. The argument that some artists do well may be true; in which case, look at the distribution of income between artist and management, record company, publisher & agency, and then decide who has done well
Well.Chaque fois que je lis Robert Fripp, je l'aime un peu plus. Et l'image du Négatron lourdingue qui rendait les autres musiciens de King Crimson fou se complexifie joyeusement.
Ce n’est pas par masochisme que Bill Bruford a laissé tomber fortune et gloire pour suivre Fripp dans son odyssée musicale...
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Virgin
vendredi 17 décembre 2010
Beck et sa semaine de rêve au Ronnie's Scott
L'année s'achève, et pour les critiques du monde entier, c'est le temps de compiler les albums les plus marquants de l'année, d'en publier la liste et d'en découdre avec les mélomanes et autres exégètes de la scène rock, pop ou jazz... mais pour les blogueurs dans mon genre, c'est au contraire le moment d'un plaisir de glandeur: celui de simplement parler d'albums qui nous ont fait tripper dans l'année, qu'ils soient des éditions récentes ou de vieilles choses retrouvées, des découvertes de retardataires ou des choses sans importance qui, pour une raison ou pour une autre, sont devenues chères à notre coeur et à nos oreilles.
Parmi mes coups de coeur de l'année, indiscutablement, une fois n'est pas coutume, un DVD en spectacle: cette prestation "live" ahurissante de Jeff Beck au Ronnie's Scott de Londres, en 2008.
Ah, Jeff Beck... vous connaissez peut-être l'histoire. Deuxième des trois lead guitarist d'exception (le premier étant Eric Clapton, le troisième Jimmy Page) à s'être développé au sein des Yardbirds (1966), mythique groupe de blues-rock anglais, Beck semblait promu à un succès commercial massif lorsqu'il forma en 1968 le Jeff Beck Group, avec comme "frontman" un charismatique ex-joueur de soccer du nom de Rod Stewart. Mais il apparut bien vite que Beck était un guitariste beaucoup trop excentrique pour se bâtir une carrière de guitar-hero. Le départ de Rod Stewart et de Ron Wood, partis former The Faces, un grave crash en voiture et la mort tragique de Jimi Hendrix amenèrent Beck à réfléchir à ses rapports avec l'industrie et la musique. Sans oublier que la vague anglaise de hard-rock, dont Page est le point focal, le laisse complètement indifférent... Il ne voulait pas ressembler à ça... musicien jusqu'au bout des ongles, et le contraire d'un poseur.Après un passage à l'ombre, voici Beck qui s'enferme en studio avec le producteur des Beatles George Martin et le claviériste du Mahavishnu Orchestra, Jan Hammer (futur compositeur de l'inoubliable et insupportable thème de Miami Vice), un virtuose des claviers au style absolument unique (jamais vous n'oublierez son son après l'avoir entendu). En deux ans, deux albums de jazz-rock fusion absolument remarquables refont la crédibilité artistique du magicien de la 6-cordes et l'établissent comme le guitariste des guitaristes, le virtuose que les autres regardent avec ahurissement, tant pour sa virtuosité que sa superbe indifférence au succès-à-tout-prix: les albums s'appellent Blow By Blow et Wired, et Beck ne regardera plus jamais en arrière.
La carrière de Jeff Beck s'est donc déroulée à l'abri des modes, des succès trop massifs mais aussi des descentes abyssales et stupéfiées de plusieurs de ses frères de route. Apparitions remarquables de musicien de session (écoutez-le opérer sa magie sur Lookin' For Another Pure Love de Stevie Wonder... et c'est à lui que revient la lourde tâche de faire un tant soit peu oublier David Gilmour sur le meilleur Roger Waters, Amused To Death), tournées distancées, on aurait presque pu l'oublier, le ranger dans les "has been" avec les autres anciens demi-dieux de la scène anglaise des années soixante... jusqu'à cette semaine magique au Ronnie's Scott, un petit club de jazz londonien de 250 places, dédié entièrement au jazz acoustique.
L'idée semble audacieuse à Beck lui-même, qui confie sa nervosité dans une entrevue en bonus sur le DVD, lui qui n'aime rien autant que l'anonymat. Or, l'anonymat, dans un petit club de jazz, n'existe tout simplement pas; le public est à quelques pas, et ce n'est pas le public abruti de stades de rock, dopé aux shows de lumière et aux fumigènes de toutes sortes.
Le quotidien des jazzmen représente pour n'importe quel rocker un défi incroyable. Improviser, bâtir chaque moment de la performance sans autre appui que son âme musicale et ses partenaires de scène... ouf!
Mais évidemment, l'art du jazz, (dérivé de jase... la conversation musicale) est aussi celle de l'écoute, de la générosité, du dialogue... et à notre regard nous est livré des moments inoubliables de complicité musicale entre ce grand musicien et son groupe... d'abord, un évident coup de coeur pour la superbe jeune contrebassiste Tal Wilkenfeld; l'admiration affectueuse que lui témoigne Beck lors de ses sensuels solos (écoutez-la sur Cause We've Ended As Lovers, Stevie Wonder encore) vous remplira les veines... cette fille est "the real thing"...Ex-membre du groupe de Sting (musicien exigeant s'il en est un), le claviériste Jason Rebello accomplit quant à lui un exploit peu commun: lui qui était un musicien strictement de piano acoustique s'éclate sous nos yeux à triturer ses claviers électriques, créant une personnification de Jan Hammer absolument confondante... Il domine le fameux Scatterbrain de l'époque Blow By Blow avec une sorte de flair dramatique unique... Autre ex-compagnon de scène de Sting, le batteur Vinnie Colaiuta est une machine à rythmes enlevant. Bref... chaque moment de la performance est un plaisir musical total.
Mais évidemment, aussi modeste et joueur d'équipe soit-il, la vedette demeure cet interprète de choc, Jeff Beck... Le regardant imprégner chaque moment de son jeu avec un évident plaisir expressif, créant sans cesse de petits moments de magie, par la sonorité, par l'enchaînement des notes, par la manière sans cesse renouvelée qu'il a de partir en déséquilibre mélodique pour toujours retomber sur ses pattes, par ces moments de pure dérèglement des sens (accord furieux, ou arpèges déchaînés à la limite supérieure de l'instrument) entrecoupés de solis magnifiquement lyriques (Angel) , Beck se révèle d'abord et avant tout un interprète , au sens le plus noble du terme: donnant vie à des mélodies empruntées de la plume d'autres d'une manière unique; un guitariste tout simplement trop personnel dans son approche pour jouer les dieux du stade plus de quelques secondes. Au contraire, authentique jazzman, il n'est que musique, et on devine quel leader inspirant il doit être pour ses partenaires.
Quant à nous, nous sommes, grâce à la magie du DVD, des témoins privilégiés de moments musicaux qui auraient pu disparaître dans le temps.
Qu'il se lance dans un jazz-rock furieux (Scatterbrain), dans les souvenirs de son passé avec Rod Stewart (le fameux Beck's Bolero) ou dans des interprétations plus lyriques (A Day In The Life des Beatles!),le plaisir est constant. Et nous qui ne sommes pas nécessairement fanas de jazz fusion endurons avec patience la présence occasionnelle des obligatoires vedettes invitées (Joss Stone, Imogen Heap, Eric Clapton) n'attendant que le moment de retourner à l'exubérance instrumentale...
Évidemment, je vous le recommande FORTEMENT!
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Jimmy Page,
Rod Stewart,
The Yardbirds
Life is full...
Life is full of surface noises..
- John Peel
- John Peel
ps pour ceux qui se demandent ce que je fabrique, et pourquoi ce blogue est si désert ces jours-ci, je suis tout simplement en train de redécouvrir ma discothèque, comme ça arrive lorsque vous achetez une nouvelle pièce d'équipement.
Le Metric Halo ULN-2 est le seul responsable.
vendredi 10 décembre 2010
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