dimanche 13 mars 2011

Sean Lennon est une île (et il n'est pas seul)...

Well, dudes, tous les blogueurs ont besoin d'un break de temps en temps. J'ai eu l'excellente idée de me déconnecter du Net, complètement, pour un bon mois, et laissez-moi vous dire que cette rupture "cold turkey" remet les idées en place. Homicide sur le hamster mental plogué sur la Toile, avec juste une incartade de temps en temps à la bibliothèque locale, histoire de vérifier que  la terre n'avait pas implosé.

Et puis, histoire de bien marquer le coup, j'ai aussi écouté, en boucle, un disque insulaire, un disque qui aurait pu exister dans les années '60, ou '70, mais qu'on ne s'attend pas à trouver sur MySpace (où il étend ses belles mélodies pourtant). Un disque qui surprend par sa beauté mélancolique, par son travail d’orfèvre mélodique, par ses suaves harmonies vocales qu'on croirait échappé d'entre deux couplets de If I Fell des Beatles, certainement un de mes morceaux préférés sur la planète quand je file smooth et familial et affectueux. 

Le groupe, en fait le duo, porte le nom énigmatique, poétique et asiatique de The Ghost Of A Saber Tooth Tiger, et si vous commencez à tisser la toile entre la beauté mélodique, les harmonies vocales et un certain côté contemplatif asiatique, et que vous recoupez avec un timbre un brin nasillard, vous comprendrez peut-être que je parle de Sean Lennon et de la musique qu'il écrit et joue avec sa magnifique copine, Charlotte Kemp Muhl.

Imaginez la vie de ce jeune homme, éminemment doué, sensible... Son père, assassiné alors qu'il a 5 ans, devant la résidence familiale; sa mère, honnie et détestée par des gens qui ne la connaissent ni d'Eve ni d'Adam; un nom qui porte l'héritage le plus lourd de tous les artistes de la pop; une vie scrutée, à la fois à l'abri du besoin et privée de choses aussi élémentaires qu'un certain anonymat, un père et une mère qu'on peut aimer juste parce qu'ils sont nos père et mère, des dons qu'on peut développer tranquillos, à l'abri des milliers de critiques qui ont dévoré Julian, il y a une vingtaine d'années... Me semble que j'aurais soif de tranquillité, et que je marcherais dans un brouillard, bien à l'abri, si possible en tenant la main d'une copine belle à regarder, qui partage ma sensibilité. La vie simple, belle, comme le pas lourd du 
tigre à dents de sabre dans le matin.


Ben The Ghost of a Saber Tooth Tiger, c'est tout à fait ça. Une promenade dans la brume matinale avec deux êtres au final pas mal beaux, même si énigmatiques, qui harmonisent magnifiquement, dans une sérénité qui étonne venant du fils de John. Une muse leur souffle à l'oreille un monde d'où toute agressivité, revendication, tension semblent absentes. Dans notre monde débile, je trouve ça plus que louable. Je trouve ça carrément audacieux!

Dans le spectre des couples musiciens, vous avez, à une extrémité, Trent Reznor et sa copine (How to Destroy Angels). À l'autre extrémité complètement, ce projet-ci, qui me tient complètement sous son charme.

Un petit dix dollars qui vaut bien des séances de méditation.