vendredi 26 juin 2009

Émouvant témoignage de Lisa Mary Presley


Très émouvant témoignage de Lisa Mary Presley sur sa page MySpace...

The person I failed to help is being transferred right now to the LA County Coroners office for his Autopsy.

All of my indifference and detachment that I worked so hard to achieve over the years has just gone into the bowels of hell and right now I am gutted.

I am going to say now what I have never said before because I want the truth out there for once.

Our relationship was not "a sham" as is being reported in the press. It was an unusual relationship yes, where two unusual people who did not live or know a "Normal life" found a connection, perhaps with some suspect timing on his part. Nonetheless, I do believe he loved me as much as he could love anyone and I loved him very much.

I wanted to "save him" I wanted to save him from the inevitable which is what has just happened.

His family and his loved ones also wanted to save him from this as well but didn't know how and this was 14 years ago. We all worried that this would be the outcome then.

At that time, In trying to save him, I almost lost myself.

He was an incredibly dynamic force and power that was not to be underestimated.

When he used it for something good, It was the best and when he used it for something bad, It was really, REALLY bad.

Mediocrity was not a concept that would even for a second enter Michael Jackson's being or actions.

jeudi 25 juin 2009

Même Pete Townshend ! (RIP 'Michael Jackson)



La mort de Michale Jackson, quelques semaines après avoir annulé son grand retour sur scène (50 spectacles à Londres!), a quelque chose d'infiniment triste. Il fut une époque, pas si lointaine, où Michael Jackson est devenue l'ultime vedette pop, mariant deux grandes cultures musicales (la noire, la blanche); j'irais même jusqu'à dire qu'avec Thriller, le plus grand succès discographique de tous les temps, Michael Jackson a pavé la voie à un monde où le Président américain peut porter fièrement les deux cultures et susciter l'admiration de deux mondes qui jusqu'à tout récemment restaient largement opposés. Difficile de détester une race dont on adore la musique! Avec Off The Wall et Thriller, Michael Jackson et son complice Quincy Jones ont pratiqué l'ouverture de l'esprit.

Si omniprésent était Michael Jackson au tournant des années '80 que même un des "parrains" du punk, Pete Townshend, l'adorait... De rapporter Emma, l'aînée du leader des Who:

"Another time, he came back from Tower Records with 11 boxes of records. In the boxes, there were no less than three copies of "Off the Wall", Michael Jackson's first solo album. Exactly why did you buy three, I asked him? "Well, it was so good! I just kept thinking I had to be sure to pick up a copy, and I was in a rush, I couldn't remember what I had already got, but I thought, well if I get more than one, I can give it to people as a gift."
Une vraie victime du show-biz, coincé par un talent trop immense, et qui, pour enrichir sa famille, aura ultimement vécu une vie de malheurs.



Le moment où Michael Jackson est passé du stade de vedette populaire à phénomène. 25 mars 1983.

mercredi 17 juin 2009

Naissance accidentelle d'un hit: TAKE FIVE de Dave Bruceck




Lu ce matin sur Internet

Maybe this quote from Paul Desmond is new to some: "At the time I really thought it was a kind of a throwaway," Desmond later reflected. "I was ready to trade the entire rights, lifetime-wise of Take Five for a used Ronson electric razor. And the thing that makes Take Five work is the bridge, which we almost didn't use. We really came within...I shudder to think how close we came to not using that, because I said 'Well, I got this theme that we could use for a middle part.' And Dave said 'Well, let's run through it." And that bridge is what made Take Five."

lundi 15 juin 2009

Steve Hoffman bashe Rudy Van Gelder!


Ah, le son de Rudy!

C'est une vieille citation, et Steve Hoffman avoue regretter beaucoup l'avoir dit. Mais devant les posts d'approbation qu'il a reçus en retour, on comprend qu'il dit simplement ce que beaucoup d'ingénieurs de son pensent tout bas.

Au milieu d'une dure semaine de mastering d'enregistrements de Rudy van Gelder, une explosion de frustration:

"The Rudy Van Gelder sound recipe? That's easy. Take three or four expensive German mics with a blistering top end boost, put them real close to the instruments, add some extra distortion from a cheap overloading mic preamp through an Army surplus radio console, put some crappy plate reverb on it, and record. Then, immediately (and for no good reason), redub the master onto a Magnatone tape deck at +6, compressing the crap out of it while adding 5 db at 5000 cycles to everything. That's the Van Gelder Sound to me".
Et pourtant... combien de disques immortels! Rudy qui privilégiait d'abord et avant tout le confort de ses musiciens. Comme quoi le son et la musique ne font pas toujours bon ménage.

dimanche 14 juin 2009

1959 Apex Jazz 1ère partie. Brubeck, Miles et Mingus à leurs sommets!


1959, apex du jazz... Ah oui, mais merde j'étais pas né. Heureusement, il y a les rééditions! Heureusement, les disques existent, et cette musique tour à tour mélanco, sombre, euphorique, joyeuse, ludique, et battante peut encore résonner dans notre époque qui en a bien besoin. Écouter du vieux jazz et après écouter, je sais pas moi, n'importe quelle merde boostée aux stéroïdes comme en vomit l'industrie à la pelletée, anxieuse de voir sa merde se changer en or, c'est comme voir une bande de vendeurs du temple envahir le Temple en hurlant JE SUIS À VENDRE! Bon, on se calme.

1959, donc. Le jazz était encore à l'époque une musique populaire. Lire: le free-jazz n'allait pas tout brûler sur son passage, laissant un paysage dévasté, émouvant et beau, mais aussi un peu déprimant et déserté. Cette année-là, 1959, le jazz est à la fois une grande musique savante et une grande musique populaire et trois albums définitifs, tous sous étiquette Columbia, demeurent les fondements de toute discothèque de jazz, aussi rudimentaire soit-elle: Ah Hum de Charles Mingus, Kind of Blue de Miles Davis et bien sûr, le joyeux, ludique, subtil Time Out de Dave Brubeck.

Et, joie ultime, Sony (qui possède le catalogue) lance sur le marché de copieuses rééditions: les 50th Anniversary Legacy Editions.

Bon, Kind of Blue, vous connaissez bien sûr, parce que c'est le premier disque de jazz que vous avez écouté, on en est tous là... Ah Hum, j'y reviendrai, c'est déjà plus viril, les années '60 pointent le bout de leur nez, revendicatrice, et Charles Mingus, contrebassiste qui écrira une autobio intitulée Comme un chien enragé sait marier politique et musique...



Mais le thème inusable, omniprésent de l'année 1959 demeure bien sûr Time Out de Dave Brubeck, entendu dans dix mille compilations et joué dans tous cafés du monde, tellement qu'il est bien possible que vous ayez rangé ça dans le département musique de matante. Il y a dans ce petit morceau tellement de grâce mélodique et de ludisme rythmique qu'on a l'impression d'entendre la bande-son super-futée d'un cartoon. Au milieu de l'époque hard-bop et cool jazz, Take Five fait tache... Radicalement différent du balancement incessant et bluesy du jazz en 4/4, des déclamations viriles des Sonny Rollins et John Coltrane et du blues intense de Miles, il y a ce petit bijou de disque où un pianiste blanc s'amuse à défaire les patterns rythmiques et dialogue sans cesse avec son batteur, ne laissant à l'alto de Paul Desmonds que des apparitions hyper-colorées et caractéristiques, des petits morceaux de bravoure de coyote tombant pour la millième mois de sa falaise, poussé par les accords plaqués du piano de Brubeck.

Que voulez-vous, ce disque est joyeux et ne cache pas sa joie. Blue Rondo a la Turk, Kathy's Waltz, on cache mal son sourire, on a l'impression que Peter Sellers devait écouter ça le matin avant d'aller travailler sur le plateau de la Panthère rose; j'ai l'impression que Brubeck est plus près de Ellington que de Charlie Parker dans son vocabulaire musical, mais ne me citez pas, c'est peut-être une connerie.

Tout à fait surprenant d'entendre ce disque après des doses sévères récentes d'enregistrement de l'omniprésent Rudy van Gelder (qui sévissait partout ailleurs à l'époque, et surtout chez Blue Note): la production de Teo Macero (futur producteur de Miles) , enregistrée par Fred Plaut et Robert Waller, se distingue radicalement des Blue Note, Riverside et autres: enfin un piano qui a du volume et du poids, et ça valait mieux, parce que c'est l'orchestre d'un pianiste quand même, et il ne se contente pas d'être un soutien rythmique. Curieux, quand même, cet écho sur l'alto de Paul Desmonds, et même sur la batterie, qui se disputent le canal gauche. Très très différent de Rudy, qui a le don d'exciter les cuivres, et au son duquel on devient vite accro...

Les remasters de Time Out sont presque innombrables! Un seul serait absolument à éviter: le Columbia Jazz Masterpiece (une série très impopulaire, avec une bordure mauve)...Enregistré sur 3-pistes, Time Out existe en mono (fouillez les bacs usagés de vinyles), en stéréo (recréée à partir du 3-pistes) et en 3-canaux sur un SACD hybride. La version stéréo est contenue dans les bandes originales 3-pistes. Elle fut modifiée (compression & écho) dans un mixdown 2-pistes subséquents. Mais les remasters courants, de l'excellent Mark Wilder, délaissent le 2-pistes d'époque et partent tous du 3-pistes. Alors que le Gold CD SuperBitMap (que j'écoute en ce moment) a été mixé/masteré avec un équipement transistor, Wilder a utilisé de l'équipement à tubes dans les versions plus récentes (Legacy, SACD).

Et qu'en est-il de la 50th Anniversary Legacy Edition? Elle est complétée d'une prestation "live" du Dave Brubeck Quartet au Festival de Newport et d'un DVD docu... manière de plonger dans le genèse d'un des chefs d'oeuvre de cette année pas comme les autres.

Ça vaut le coup? Voici ce qu'en dit le site All About Jazz:

The crown jewel of this edition, however, has to be the bonus disc featuring the same quartet from Time Out in various performances at the Newport Jazz Festival in 1961, '63 and '64. It's hard to describe the thrill of listening to this classic ensemble playing at its very best and to audiences whose enthusiasm equals that of the performers on stage. Highlights include the haunting, noir-ish "Koto Song," as well as Brubeck's magnificent solo work on "Pennies From Heaven."

Bonne écoute!

Excellent résumé
... de la part de Chris, sur le forum Stevehoffman.tv:
Here, here. With all the hype and exposure, it's probably a bit of a victim of its own success as the saying goes, making it easy to overlook what a delightful album it is. Brilliant concept for an album, execution well up to the task. Such melodic work, immesurably important to its success, that belies - to some - the nuts and bolts of the central theme of working with the time. It's also done so much more than its share for winning ears to give jazz a further listen.


Trivia
Teo Macero, futur architecte du très complexe travail d'édition de Bitches Brew a le rasoir agile... On entend nettement un travail d'édition, à 1:51 de Take Five.

mardi 2 juin 2009

Caféine dans le sang, JACKIE McLEAN et GENESIS sur la sono


Parfois, la musique nous met en accord avec le monde et nous apaise. La musique nous met en contact avec la beauté, l'apesanteur, la poésie et même parfois, pourquoi pas, notre âme.
Mais, comme le disait mon ami Didier à mon amie Francine, il y a très longtemps, la musique est aussi tension, énergie, rage, fantasme.

Ce soir, je filais comme si j'avais le sang gonflé de caféine et je voulais de ma musique un état de tension agressive. Pas la violence du hard-rock, du speed metal ou du punk. Mais une sorte d'éclair intellectuel et moral. Je ne voulais pas de douceur; plutôt un coup de cymbale sur la gueule.

Mais je dois penser aux autres membre de la gente humaine dans la pièce. Alors j'ai commencé raisonnablement. Du hard-bop Blue Note, mais du solide. J'ai commencé avec Jackie McLean.

Ah, le hard-bop! Avant le chaos du free jazz, mais solidement sur les rails d'une expressivité tapageuse, le hard-bop est un dernier moment de réunion du jazz avec un large public, avant que Ornette Coleman et John Coltrane poussent le genre dans ses retranchements. En 1959, Jackie McLean, un jeune alto, pousse l'expressivité de son instrument dans des zones qui ne sont pas sans rappeler le jeune Coltrane. Les connaisseurs reconnaissent McLean en deux notes, disent-ils. Il a un son tranchant, perçant presque. Il n'a pas gardé le son sinueux de son illustre prédécesseur Charlie Parker. Les temps changent. La musique devient un cri. McLean cadre bien.


Alors imaginez ça: le trompettiste Donald Byrd (expressionniste, très loin du feutre de Miles Davis ou même du son soul de Freddie Hubbard) sur le canal gauche, et ce jeune alto super-émotif sur la droite. Rudy van Gelder (qui d'autre) à la console, lui qui aime "réveiller" le son des cuivres, les rendre encore plus vifs et durs que dans la nature... la section rythmique est celle de Kind of Blue: Paul Chambers et Philly Joe Jones. Au piano, Sonny Clarke, bon, bof, on sait que le son du piano est immanquablement en retrait, presque éteint, avec Rudy. Tant pis: toute la place aux cuivres. Ça vous gicle la douleur et la force humaines. Vous en avez pour trois pièces dans cette formation, du hard bop d'excellente tenue.

Puis, soudain, changement de session et d'ensemble: pour les trois pièces suivantes s'ajoute un ténor, Tina Brooks, on remplace Byrd par Blue Mitchell et Joe Jones par Art Taylor. Et soudain, ça joue avec encore plus de force, d'originalité, de style. Sérieusement, quand j'ai mis ça en musique de fond la première fois, j'ai littéralement suspendu tout travail pour les écouter. 'Pouvait pas m'empêcher. Surtout Isle of Java. La musique devient puissamment évocatrice, ça m'a fait penser à Chet Baker et Gerry Mulligan qui faisaient des pièces comme ça, qui dévalent à toute vapeur sur des mélodies glissantes, et qui vous donnent envie de pousser à fond une voiture sur des routes perdues au crépuscule. La musique a le don de me faire dire des choses idiotes... Et pourtant, voyez, je viens de le remettre, et mon pied se met à battre et ma tête à imaginer des choses comme la liberté totale et toute la vie devant soi. Oui, c'est vif à ce point.

Maintenant, laissez-moi vous parler un moment du son. Ce disque fait partie des rééditions en 45-tours de Blue Note, masterés par Kevin Gray et Steve Hoffman. Ce que j'écoute est un needledrop du vinyle, autrement dit un transfert digital qui joue dans un Oppo; autrement dit, quelques crans de fidélité en-dessous de l'original. Ça torche tellement que c'en est ridicule. Je sais, je sais, c'est ridiculement cher aussi. 50US$ pour moins de 40 minutes de musique. Mais si vous en avez les moyens... n'attendez pas qu'il n'en reste plus et qu'ils coûtent 125$ sur e-bay.

Et pour les autres, nous aurons notre consolation car bientôt, le même titre sortira en SACD, des mêmes mains expertes, avec en prime trois titres supplémentaires de la seconde session, celle avec Tina Brooke, et paraît que ces trois "bonus" (rassemblés jadis sur un autre LP) vont compléter notre bonheur.

* * *

Vous ne me voudriez pas comme DJ. Parce que rien n'est plus contraire à l'art du DJ que la transition que j'ai faite après vers un album mythique, boursouflé, un peu raté, fascinant et énigmatique: The Lamb Lies Down On Broadway de Genesis.

Nous sommes en 1974 et le rock commence à gonfler comme une grenouille qui aurait fumé trop de ganja. C'est l'ère des albums-doubles complaisants. Dylan, les Beatles, Jimi Hendrix et les Who avaient prouvé que c'était possible, maintenant plus rien n'arrête la loghorrée: Led Zeppelin, les Rolling Stones, Yes, Elton John, les Who encore; on ne se peut plus. C'est aussi l'ère des opéras-rock, concept vaseux s'il en est un, où les rockers se prennent soudain pour de grands compositeurs, capables de soutenir de larges développements dramatiques... Ouf, tout ça n'a pas nécessairement bien vieilli, mais ça demeure des moments fascinants.

Et voilà que le groupe le plus gracieux du rock progressif britannique va s'y frotter. Mais attention: plus qu'aucun autre de ses confrères, Peter Gabriel sait et sent que le rock progressif fonce vers un mur qui se nomme insignifiance; et Gabriel est tout sauf un artiste insignifiant. Pour continuer à faire évoluer le quintette, il va leur faire prendre un stupéfiant bain de modernité; il réclame (arrache plutôt) le monopole sur les textes du prochain disque et invente l'histoire d'un jeune punk new-yorkais, Rael, sorte d'émule échappé d'Orange mécanique assoiffé de violence et de sexe. Les grandes envolée instrumentales du groupe sont réduites à leur plus simple expression: les pièces sont courtes et ramassées. Le son si poli du groupe devient sec, grinçant; la voix de Gabriel elle-même subit un traitement sonore qui la rend particulièrement agressive et sèche, l'Enossification (Brian Eno, dont l'influence est en train d'immerger l'ensemble du art-rock anglais). À l'image de la pochette, radicalement différente des précédentes, le groupe passe des prairies anglaises et des mythes et légendes colorées au bitume et au noir et blanc. Fascinant.

Le double-disque grince, agresse, crie, fonce à tombeau ouvert; les accalmies (Carpet Crawlers, Anyway, The Lamia) deviennent de vraies bouffées d'oxygène dans ce monde conscrit. La sauce ne prend pas toujours. Certains passages révèlent un véritable inconfort. A-t-on jamais entendu Steve Hackett sonner aussi peu à son aise que dans son solo du par ailleurs excellent The Lamia? Lorsque le groupe se lance dans l'instrumental déconstruit (le fascinant The Waiting Room), on comprend qu'ils ne menaceront pas de sitôt Pink Floyd: on est loin d'Echoes! Tony Banks semble parfois chercher son équilibre et est souvent platement narratif. Gabriel cherche un son qu'il trouvera plus tard avec Fripp dans Peter Gabriel II, comme sur The Chamber of 32 Doors.

Et puis tout à coup, les éléments tombent en place, les colorations de Hackett et de Banks s'accordent au narratif (Fly on a Windshield, In The Cage, Hariless Heart, Carpet Crawlers, The Light Dies Down On Broadway). On tient quelque chose! Sans oublier le chef d'oeuvre de ce disque, un morceau qui le résume parfaitement et qui doit son punch au flair pop de Mike Rutherford qui l'a composé: Back in NYC.

Probable qu'aucun disque de Genesis n'a un son aussi peu plaisant. Mais pour le groupe, et Gabriel en particulier, c'était un statement important. On pourra toujours rêver de ce que Jodorowky aurait fait en film de ce délire urbain, projet malheureusement oublié!

Dans les mois qui suivront, le gouffre entre Gabriel et ses partenaires ne cessera de se creuser. Le groupe ne se couvrira pas d'honneur en reprochant à Gabriel, nouveau père, de se préoccuper trop de sa petite fille gravement malade. Genesis, endetté et à bout de souffle, se scinde. Le divorce permettra à Genesis d'opérer une retraite ordonnée vers ses acquis passés; il permettra aussi à l'archange Gabriel d'explorer des univers infiniment plus féconds que ceux du progressif symphonique qui, déjà, se mord la queue. Fripp et lui auront donné à la fin de la décennie une poussée décisive vers un rock plus moderne. Ils échapperont à l'insignifiance qui les guettait.

Alors, peut-être que The Lamb Lies Down (que personnellement j'abandonne toujours avant la fin) a quelque chose d'un peu croche et raté. Peut-être qu'il a sur les nerfs l'effet d'un café filtre un peu trop bouilli. Mais il a amorcé pour Gabriel un cycle fécond. Et il aura cassé le moule.